MotoGP KTM face au mur du Qatar : Sebastian Risse le directeur technique explique

par | 20 mars 2021

KTM a quitté la scène 2020 de MotoGP de la plus belle des façons, soit une victoire nette et sans bavure du pilote alors Tech3 Miguel Oliveira sur ses terres de Portimao. Un bon sentiment qui a accompagné les Autrichiens durant la trêve hivernale passée à développer dans les ateliers de Mattighofen. Une dynamique qui a fait germer l’idée d’une RC16 pouvant être l’arme d’un candidat au titre en 2021. Puis les tests du Qatar sont arrivés, au terme desquels la confiance a été ébranlée. Le même Oliveira a même parlé d’un mur en évoquant la piste de Losail pour sa machine. A une semaine du lancement des hostilités sur le même tracé, Sebastian Risse le directeur technique explique …

KTM ne pavoise pas en regardant le classement combiné des cinq jours de test passés au Qatar en guise d’intersaison. Aucun de ses pilotes n’est en effet dans le top 15, et le plus performant reste à 1,3 seconde du meilleur temps. Miguel Oliveira était le meilleur pilote KTM à la 16e place. Son coéquipier Brad Binder a suivi en 17e position. Le nouveau venu Danilo Petrucci ne s’est retrouvé qu’en 24e position, juste derrière son coéquipier de Tech3 Iker Lecuona.

Pour une marque que l’on envisageait comme une protagoniste dans la course au titre, c’est la douche froide, même en plein désert… « Le Qatar est fondamentalement spécial, spécial cette année », déclare le directeur technique de KTM Sebastian Risse. « Nous n’avons pas eu les tests hivernaux normaux en novembre et décembre. Nous avons donc pu développer beaucoup, mais tester très peu ».

Une nuance qu’il affine ainsi : « nous avons dû préparer les pièces que nous avons pu tester pour qu’elles soient prêtes pour les pilotes une semaine plus tard. C’était différent de la normale. Nous devions passer par ce programme avant tout ». La chasse au chrono n’était donc pas à l’ordre du jour.

« Nous avons dû gérer le programme de tests de manière à pouvoir utiliser les différentes conditions.  Un exemple est que je ne peux pas tester l’aérodynamique lorsqu’il y a trop de vent. Dans ces conditions, cependant, je peux tester la sensibilité au vent. Si l’adhérence est mauvaise, il faut garder cela à l’esprit et tester à nouveau les choses quand l’adhérence est meilleure. Cela nous a occupés », admet Risse.

« Les résultats dans les feuilles de temps ne sont certainement pas ce que nous voulions », a déclaré le directeur technique de KTM. « Mais nous ne laisserons pas cela nous décourager. Nous savons que le Qatar est spécial. Peu importe que nous ayons eu une bonne ou une mauvaise saison, les résultats au Qatar ont toujours été similaires. Nous ne pouvons pas vraiment mettre en œuvre les atouts de notre moto ici », se résigne Risse. « Dans le virage, nous avons encore une certaine faiblesse qui est plus perceptible que sur les autres circuits. Nous en sommes conscients. Cela nous donne l’opportunité de travailler dessus et d’essayer des choses. Mais ensuite nous devons voir où le week-end de course va nous positionner exactement ».

KTM : « nous ne nous sommes pas laissés anéantir par ce test »

Les ingénieurs peuvent ainsi expliquer le retard par rapport à la concurrence. Mais les échecs égratignent rapidement la confiance des pilotes : « bien sûr, c’est très difficile pour le pilote », a déclaré Risse sur Motorsport-total. « En tant que compétiteur, il doit d’abord trouver son chemin. Il a besoin de temps pour se sentir à l’aise sur la moto. Le pilote aimerait avoir le temps de peaufiner la moto. Les ingénieurs aimeraient avoir du temps pour développer davantage la moto. Tout cela doit être concilié ».

Le manager de KTM ne s’inquiète pas de l’ouverture de la saison au Qatar : « je dois dire que nos pilotes sont sur une piste très positive pour le week-end de course. Ils savent ce qu’ils peuvent faire. Ils savent ce qu’ils peuvent déjà montrer et quoi. Ils comprennent très bien que nous avons donc dû en passer par ce programme ».

Il termine sur ces tests d’intersaison : « bien sûr, personne n’a apprécié, pas même nous en tant qu’ingénieurs. Avec un programme de développement, le travail d’équipe de course classique est négligé, vous ne prenez pas le temps d’adapter la moto aux conditions et ainsi donner au pilote la chance de faire une performance. Tous les pilotes en sont conscients », a déclaré Risse. « Nous avons accepté cela en équipe. L’ambiance n’est donc pas mauvaise. Nous ne nous sommes pas laissés anéantir par ce test », assure-t-il avant de conclure : « nous nous concentrons désormais sur le week-end de course ».

Le Qatar n'a pas été une partie de plaisir pour les pilotes KTM ...

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