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Honda

C’est une prise de position sur la gestion du projet Honda, qui vient d’un cadre travaillant pour un constructeur européen tout aussi engagé dans la compétition MotoGP, qui ne laissera certainement pas indifférent au Japon. Et aussi parce qu’il est mentionné que le HRC s’est fait phagocyter par un environnement espagnol qui donne le tempo à une ambition qu’il finance, certes, mais qui n’est fondamentalement pas le sien. En plus d’être technique et structurel, le problème Honda est donc aussi politique. Un aspect de sa décadence qui avait été peu abordé jusque-là, et qui révèle que le redressement sera encore plus compliqué à accomplir…

Le cas Honda en MotoGP émeut visiblement jusqu’à ses rivaux directs dans la compétition. Et ça commence avec ce constat sans appel : « l’équipe Honda HRC ne fait plus autant peur à ses rivaux qu’il y a quelque temps en MotoGP ». Des propos relayés par Motosan et dont l’auteur n’est autre que l’ingénieur italien d’Aprilia, Giulio Bernardelle

Ce dernier poursuit ensuite son analyse : « les résultats obtenus à Valence lors du test d’une journée confirment également cette situation. Honda poursuit non seulement la référence absolue de Ducati, mais aussi les motos d’autres constructeurs européens, qui semblent faire beaucoup mieux sur la piste. Honda sait encore travailler, il faut qu’il résolve le casse-tête ». Mais qui est responsable de ce marasme ? L’homme de Noale a son idée : « à mon avis, ce n’est pas un problème congénital de la nouvelle moto ni un problème de performance de Marc Marquez : il est toujours un pilote de référence absolu et, surtout, il continue avec beaucoup d’envie de gagner en MotoGP ».

TC_Honda Thanks Day_2022

« La gestion de Honda HRC a été trop absente compte tenu de la grande puissance du sponsor Repsol et de tout l’environnement espagnol« 

Comme ce n’est donc pas sur la surface visible de l’iceberg que l’on trouvera la cause de tous ces maux, il faut inévitablement plonger dans les eaux glaciales et sombres pour observer sa face cachée. Ce qui n’est pas sans risque… « Honda a deux thèmes à mieux jouer » dit le transalpin. « Le premier est lié à la manière de développer le projet MotoGP qui, comme Yamaha, a besoin d’être modernisé. Une approche plus dynamique est nécessaire, permettant à la moto d’être continuellement développée en détail, basée sur un échange continu d’informations entre le bureau technique du département course du constructeur et les équipes impliquées dans les Grands Prix. Ducati, en particulier, a clairement indiqué ces dernières saisons comment les performances se construisent petit à petit, corrigeant un certain nombre de détails qui, ensemble, font du package technologique un gagnant ».

Et le second ? Le voici et il fera certainement grincer des dents du côté d’Alberto Puig : « le deuxième problème est lié à la gestion de Honda HRC, qui ces dernières années, a été trop absente compte tenu de la grande puissance du sponsor Repsol et de tout l’environnement espagnol. Les Japonais doivent être à nouveau plus présents dans la gestion directe de leur investissement, qui ne peut plus être lié uniquement au sort de Marc Marquez, mais doit avoir une vision à plus long terme ».

Il ajoute, rappelant que le niveau actuel en MotoGP n’a jamais à la fois aussi élevé et serré, ce qui ne facilitera pas la tâche de Honda à se redresser… « Dans le MotoGP actuel, sur le papier toutes les motos sont assez compétitives. Ce qui fait la différence, c’est le set-up qui doit être très affiné pour tirer le meilleur du pneu Michelin sans entraîner de dégradation rapide ». Mais il conclut quand même : « comme je l’ai déjà dit, Honda sait encore travailler : il lui suffit de rassembler toutes les pièces du puzzle ». Et déjà commencer par trouver les coins.

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