C’est l’une des règles qui fait débat dans le paddock des Grands Prix. Et qui n’a pas, il faut bien le dire, favorisé la côte de popularité de la direction de course, déjà bien mise à mal. Il s’agit de la règle des drapeaux jaunes qui, lorsqu’ils sont agités dans un secteur, annulent le tour chrono en cours du pilote qui l’arpente. Une disposition faite pour protéger le travail des commissaires, ce qui est légitime. Mais la note sportive peut-être salée pour le pilote face au chrono. Jack Miller en a payé l’addition à Aragon-2, ce qui ne l’a pas fait rire. Se plaçant au-dessus de la mêlée, son futur ex-collègue Ducati essaie de faire une synthèse plus équilibrée de la situation…

Le fait que les temps au tour soient annulés dès que les pilotes passent un endroit où un drapeau jaune est agité est parfois source de confusion. Et de colère. Jack Miller a ainsi eu un coup de sang lorsqu’il a vu sa performance lui permettant d’entrer directement en Q2 biffer lors d’un Grand Prix de Teruel qu’il a donc dû vivre avec la Q1.

Depuis le Grand Prix d’Andalousie à Jerez, les règles concernant les drapeaux jaunes ont été durcies. Si un pilote entre dans un secteur dans lequel même un seul drapeau jaune est agité, son temps au tour est annulé. Une disposition en vigueur lors des séances d’essais et au cours des qualifications.

Dans le cas de Jack Miller à Aragon-2, l’Australien a vu son meilleur tour en Q3 annuler. Mais le pilote Pramac ne critique pas seulement la règle. Il regrette aussi que les décisions des commissaires prennent un certain temps avant de tomber. Quand elles ne sont pas incompréhensibles… Ainsi, lors des qualifications de la onzième manche du championnat, les records personnels de Crutchlow, Oliveira, Alex Márquez et Mir ont été supprimés à cause d’une « infraction au drapeau jaune », mais ont été rétablis un peu plus tard dans le classement.

« Cela montre simplement que le système est défectueux. J’ai aussi dit cela à la direction de la course. Votre système ne fonctionne tout simplement pas », a déclaré Miller clairement. « J’ai pensé que c’était une règle stupide lorsqu’elle a été inventée et appliquée, et je pense toujours que c’est une règle stupide ».

Règle stupide ou légitime ? C’est une question de priorité

L’Australien de 25 ans a justifié son point de vue comme suit : « finalement, nous faisons des courses de motos. C’est un sport dangereux. Bien sûr, lorsque vous voyez un drapeau jaune, vous vous détendez un peu. Mais si vous pensez que c’est le cas dans une position relativement défendable, où vous ne courez pas vraiment le risque de vous diriger vers quelqu’un, alors vous poussez ».

La suggestion de « JackAss » est la suivante : « il devrait y avoir une règle qui dit que vous serez pénalisé si vous tombez dans le même virage où quelqu’un est tombé avant et que la moto glisse vers cette direction. Parce qu’alors, vous avez manifestement trop poussé ».

Habituellement, cependant, c’est l’inverse : « sur de nombreux tours, la chute ne s’est pas vraiment produite dans un endroit dangereux, puis on décélère, on ne prend pas le risque comme dans les autres virages, mais le tour est toujours plus rapide.  Hélas, ensuite il est annulé. Je pense que c’est assez stupide. Mais je ne fais pas les règles, » soupire Miller qui oublie qu’il a été un des acteurs qui a motivé cette règle, lorsque, à Jerez, dans le bac à gravier, il a été frôlé par la Suzuki de Rins en perdition. Nous étions à Jerez…

Le sentiment de Jack Miller est-il partagé par tous les pilotes ? Andrea Dovizioso donne son point de vue : « nous en avons également parlé à la commission de sécurité. Le fait est qu’ils voulaient mettre davantage l’accent sur la sécurité. Dans ce cas, cela signifie que le chrono sera annulé si un drapeau jaune est à l’extérieur, que vous le voyiez ou non », a déclaré le vétéran de 34 ans.

Cela a un avantage et un inconvénient : « la sécurité est plus au premier plan car tous les pilotes savent que le tour sera annulé et ils roulent plus lentement et courent moins de risques au point où les commissaires sont debout ou les pilotes couchés au sol », a expliqué « Dovi ». « Mais cela affecte aussi de nombreux tours. Vous pouvez élaborer un programme pour votre session et le pousser à un moment précis, mais s’ils annulent votre tour, vous êtes ruiné. Il faut beaucoup de chance ».

Sa conclusion se veut une synthèse prudente : « c’est un peu compliqué de gérer cela. Pour être honnête, je ne sais pas quelle serait la meilleure règle. Cela dépend de l’aspect auquel vous souhaitez accorder plus d’importance. Et c’est celui de la sécurité qu’ils ont décidé cette année ».

 




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