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Lecuona

Depuis dimanche, Jorge Martin est devenu la cible idéale. Champion du monde ou non, l’Espagnol a été désigné comme le principal responsable du spectaculaire carambolage du premier virage qui a éliminé Marco Bezzecchi, Raul Fernandez et Fermin Aldeguer dès le départ du Grand Prix de Hongrie. Double Long Lap. Critiques publiques. Réactions indignées dans le paddock. Le verdict semblait acquis. Mais une voix importante vient de remettre sérieusement en cause cette version. Et cette voix est celle d’Iker Lecuona.

Le pilote espagnol, qui connaît parfaitement Balaton Park pour y avoir roulé en Superbike avant son remplacement remarqué chez Ducati, estime que le problème dépasse largement la seule erreur de Jorge Martin.

Son analyse est sans ambiguïté. « Après avoir vu ce qui s’est passé, je pense que sur un circuit normal et avec un asphalte normal, il ne se serait probablement rien passé. » Une phrase lourde de sens. Car elle déplace immédiatement le débat.

Au lieu de se demander uniquement ce qu’a fait Martin, Lecuona invite à s’interroger sur les conditions qui ont rendu l’accident presque inévitable. Contrairement à certains observateurs qui ont parlé d’une manœuvre irresponsable, Lecuona refuse de charger le champion du monde.

« Jorge n’a pas pris un bon départ et a voulu freiner au même endroit que les autres pilotes. Il était également trop à l’intérieur de la trajectoire idéale et s’est retrouvé dans une zone particulièrement critique du circuit. »

Puis vient la phrase qui risque de faire réagir : « Je ne pense pas qu’il ait commis de faute grave. » Une position radicalement différente de celle exprimée quelques minutes après la course par plusieurs responsables d’équipe.

Lecuona

Un problème connu de tous les pilotes assure Iker Lecuona

Selon Lecuona, le véritable problème était parfaitement identifié avant même le départ. Tous les pilotes savaient que le premier virage représentait un piège. « Nous, les pilotes, savons simplement qu’avec ces pneus et cet asphalte, l’avant de la moto est extrêmement sensible. »

Autrement dit : le danger n’était pas caché. Il faisait partie des discussions du week-end. Et c’est précisément ce qui rend son témoignage particulièrement intéressant. L’ancien pilote KTM en MotoGP explique que le premier virage de Balaton Park possède une caractéristique très particulière. On freine extrêmement tard. Très longtemps. Et jusqu’au cœur même du virage.

« Dépasser à cet endroit est très difficile. Il suffit de très peu pour que l’avant se bloque. » Pour Lecuona, c’est là que réside le cœur du problème. Pas dans une erreur spectaculaire. Pas dans une attaque désespérée. Mais dans une combinaison explosive entre l’adhérence précaire de la piste, les pneus Michelin et la configuration du virage.

Les propos de Lecuona rejoignent d’ailleurs plusieurs critiques apparues tout au long du week-end. De nombreux pilotes avaient signalé le manque de confiance offert par certaines portions du circuit.

Et après l’accident de Martin, plusieurs voix ont commencé à se demander si Balaton Park n’avait pas créé les conditions parfaites pour ce type de catastrophe. Lecuona va même plus loin. « Tout au long de la course, la moto a tendance à se bloquer au freinage. Cela arrive constamment, pratiquement à chaque tour. »

Une affirmation qui ressemble davantage à une critique technique du circuit qu’à une défense de Martin.

Cela ne signifie pas que Jorge Martin est totalement innocent. L’Espagnol lui-même a reconnu sa responsabilité dans l’accident. Mais le témoignage de Lecuona apporte une nuance essentielle.

Car si plusieurs pilotes considèrent qu’une simple variation de trajectoire ou un léger changement d’adhérence suffit à provoquer une fermeture de l’avant, alors la question n’est plus seulement celle du jugement de Martin. Elle devient celle du circuit lui-même.

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