Moto GP
Publié le 26 juillet 2026 • 20:30 par Nicolas Pascual

Parlons MotoGP : Méfiez-vous de ce pilote l’année prochaine

Daniel Holgado va rejoindre Gresini Racing la saison prochaine ; Parlons MotoGP se penche sur ce transfert particulier.

Parlons MotoGP

Gresini Racing a pris un sacré risque pour 2027, mais ce pari pourrait bien s’avérer payant. Parlons MotoGP se penche aujourd’hui sur Daniel Holgado, la nouvelle recrue de la formation italienne. Que penser de ce choix ? Analyse.

 

Un pilote prêt pour le MotoGP

 

En basketball, on dit des jeunes universitaires au physique déjà affûté qu’ils sont « NBA ready », soit prêts pour sauter le pas et jouer en NBA, la ligue la plus importante du monde. Pour cela, il faut qu’ils paraissent grands, déjà sereins, forts dans tous les compartiments du jeu. Eh bien, si je devais qualifier Daniel Holgado, je dirais qu’il est MotoGP ready, soit déjà prêt physiquement, psychologiquement et stratégiquement pour la catégorie reine.

 

Parlons MotoGP
J’aime beaucoup Daniel Holgado, j’espère que ça va le faire pour lui. Photo : Aspar Team

 

Ce type a tout. J’ai suivi de près son évolution, et d’abord, on peut se féliciter de sa formation française : il est arrivé fin 2021 en Moto3 par le biais de l’équipe CIP d’Alain Bronec, avant de rejoindre KTM Tech3 la même année. Il n’a fait que progresser sous les ordres d’Hervé Poncharal, jusqu’à terminer vice-champion du monde Moto3 en 2024.

Mon avis le concernant, lorsqu’il évoluait dans la plus petite des catégories, n’a jamais changé. Holgado était un bon pilote, voire très bon par moments, mais n’était pas dans la caste très fermée des cracks. Voyez-vous, en Moto3, une race spéciale émerge depuis le début de la décennie, dont j’ai déjà longuement parlé dans différents papiers. Je fais référence à David Alonso, large champion en 2024, à Alvaro Carpe, à Maximo Quiles ou à Angel Piqueras. Holgado n’avait clairement par leur vitesse, leur vista en bataille. C’était un régulier (une qualité de grand), et, lorsqu’il termina deuxième du général loin derrière la fusée Alonso, il n’avait d’ailleurs remporté qu’un seul Grand Prix.

Le truc, c’est que certains des meilleurs pilotes Moto3 n’arrivent pas à percer en Moto2. Ils sont extrêmement nombreux à y stagner, et j’irai jusqu’à dire que ce cap à passer est le plus important et difficile pour un pilote de Grand Prix. Beaucoup s’y sont cassé les dents, mais certainement pas Holgado. Il faut dire qu’il évolue avec, je crois, la meilleure formation du XXIe siècle, devant Ducati, Honda Repsol ou Yamaha : Aspar, l’équipe de Jorge Martinez, qui pond champion après champion.

Là, on a découvert un pilote qui avait conservé sa régularité, et surtout, qui apprenait extrêmement vite. Hormis une mauvaise passe à mi-saison, en 2025, il s’est tout de suite classé parmi les favoris en prenant le titre honorifique de meilleur rookie, devant David Alonso que tout le monde donnait gagnant – et qui, finalement, à souffert du symptôme propre aux spécialistes Moto3 que j’évoquais précédemment. Il nous a tous mis une claque, et même sa vitesse s’est décuplée. Sur les huit derniers Grands Prix de la saison 2025, il a triomphé à deux reprises, inscrit quatre pole positions, deux meilleurs tours en course, et deux autres podiums.

La dynamique se poursuit en 2026, avec un coup du chapeau dès la deuxième manche au Brésil. À l’heure où ces lignes sont écrites, il pointe en cinquième place du général, avec une victoire, trois autres podiums et une pole position. À noter qu’il s’est fait disqualifier au Mans pour infraction technique, on ne peut donc pas vraiment le tenir pour responsable.

 

 

Parlons un peu de Gresini

 

Maintenant que cela est dit, vous comprenez que j’applaudis complètement le choix de Gresini. Oui, c’est vrai, Manuel Gonzalez aurait logiquement dû être choisi vu qu’il était vice-champion en 2025, et qu’il mène actuellement. Mais à ce compte-là, le HRC aussi aurait dû le faire monter en lieu et place de David Alonso. Le fait que Manuel Gonzalez mérite un guidon ne devrait pas empêcher d’autres purs talents venus du Moto2 d’accéder à la catégorie reine ; il y a de la place pour Gonzalez, Holgado, Alonso, et même Guevara si les équipes n’insistaient pas lourdement pour recycler des pilotes qui ont déjà eu vingt chances de briller sur ces dernières saisons, sans succès.

Et puis, Holgado n’a que 21 ans. Son âge aide à en faire l’un des prospects les plus attendus. Je pense réellement qu’il peut réussir et surclasser Joan Mir dès l’année prochaine.

 

Le bon choix

 

Concernant le point de vue de Holgado, cette fois, je pense affirmer sans me tromper qu’il a fait un excellent choix. On ne sait pas exactement quelles autres offres étaient sur la table, mais Gresini est une valeur sûre, d’autant plus que je pense que la Ducati jouera tout devant la saison prochaine. La formation de Nadia Padovani, considérée comme une famille, est la seule équipe satellite qui a imposé tous ses pilotes depuis sa prise d’indépendance en 2022 (soit cinq éléments, ce n’est pas rien). C’est le team idéal pour un profil comme le sien, j’en suis persuadé.

Seul (petit) bémol du recrutement de Gresini : les inconnues autour des deux pilotes. Tout le monde sent bien Holgado, d’accord, mais ça peut aussi ne pas fonctionner – c’est arrivé à d’autres avant lui. Concernant Joan Mir, je crois qu’aucun autre pilote sur la grille, actuellement, n’emporte avec lui autant d’interrogations. Mais nous aurons le temps d’en reparler d’ici le début de saison 2027.

Êtes-vous, comme moi, enthousiaste à l’idée de voir Daniel Holgado chez Gresini ? Dites-le-moi en commentaires !

 

Peut-il encore prétendre au championnat du monde Moto2 ? Photo : Aspar Team

 

Photo de couverture : Aspar Team