Marc Marquez aurait-il conclu un pacte avec la chance ? À Phillip Island, le pilote Ducati a encore transformé une situation compromise en démonstration de force. Une chute en qualifications, un retour précipité au garage, puis une pole position avec près d’une seconde et demie d’avance sous la pluie. Une séquence qui a stupéfié Pablo Nieto, manager de VR46. Mais derrière cette réussite presque insolente se cache peut-être quelque chose de beaucoup plus dérangeant pour ses adversaires : Marquez sait provoquer les circonstances qui lui permettent de gagner.
Phillip Island : une chute presque providentielle
Tout commence au virage 4, lors des qualifications du Grand Prix d’Australie. Marquez perd l’avant de sa Ducati et termine au sol. Mais contrairement à d’autres accidents qui condamnent immédiatement une séance, celui-ci intervient dans une portion particulièrement favorable.
Le virage est lent, proche des installations du paddock, et permet un retour rapide vers les stands. Marquez récupère sa deuxième moto, repart et signe une pole monumentale. Près de 1,5 seconde d’avance sous la pluie : un écart rappelant sa démonstration de Brno en 2019.
Pour ses adversaires, le scénario a quelque chose de décourageant. Même lorsqu’il tombe, Marquez semble trouver le moyen de transformer l’incident en avantage.
Pablo Nieto : « Ce type a une chance incroyable ! »
Dans un échange rapporté par la journaliste espagnole Mela Chércoles sur la chaîne YouTube de Nico Abad, Pablo Nieto ne cache pas son étonnement. « Ce type a une chance incroyable ! »
Le manager de VR46 souligne surtout les circonstances de la chute. « Il tombe au virage 4, le plus lent du circuit, et le plus proche des stands. » Autrement dit, Marquez aurait pu tomber ailleurs et perdre toute possibilité de repartir.
Mais une nouvelle fois, les circonstances semblent lui sourire. La remarque prend une saveur particulière venant de VR46, structure fondée par Valentino Rossi, dont Marquez ambitionne de dépasser le total de titres dans la catégorie reine.

Marc Marquez : quand la chance devient une forme de talent
Mela Chércoles propose pourtant une autre lecture. « Quand la chance sourit autant à la même personne, c’est peut-être moins une question de chance que de talent, non ? » La réflexion mérite qu’on s’y arrête. Marquez possède une capacité exceptionnelle à réagir immédiatement après un incident.
Là où certains pilotes perdent leur rythme ou leur confiance, il retrouve presque instantanément son niveau d’attaque. Son expérience lui permet aussi d’évaluer rapidement ce qui reste possible. La chance peut expliquer l’endroit d’une chute. Elle n’explique pas le tour chronométré réalisé ensuite. Et c’est là que réside la différence.
Jerez, Phillip Island : un scénario qui se répète pour Marc Marquez
L’Australie n’est pas un cas isolé. Plus tôt cette saison, lors du Sprint de Jerez, Marquez avait également chuté sous une averse. Il avait ensuite traversé la piste pour rejoindre les stands, une manœuvre controversée qui n’avait pas entraîné de sanction. Il était finalement reparti pour remporter la course.
Deux épisodes différents, mais un même trait de caractère : Marquez refuse qu’une erreur constitue nécessairement la fin de son histoire. Cette aptitude à exploiter la moindre possibilité devient particulièrement précieuse dans un championnat aussi serré.
Un titre qui bascule aussi sur les circonstances
À Phillip Island, Marquez a ensuite remporté le Sprint après la chute de Jorge Martin. Son avance au championnat est ainsi passée à dix points. Mais l’annulation du Grand Prix dominical en raison des intempéries a également privé Ducati d’une occasion de creuser davantage l’écart.
Martin, blessé au poignet lors du Sprint, a ainsi évité une course supplémentaire sans pouvoir défendre ses chances. La réussite n’est donc pas exclusivement du côté de Marquez.
D’autant que l’Espagnol pourrait lui-même rappeler les Grands Prix manqués cette saison en raison de ses blessures au pied et à l’épaule. La chance intervient dans un championnat. Mais elle ne suffit jamais à expliquer celui qui finit devant.
Alors, qu’est-ce qu’on retient ?
- Phillip Island : Marquez chute au virage 4 avant de décrocher une pole avec près de 1,5 seconde d’avance.
- VR46 : Pablo Nieto s’étonne de la réussite répétée du pilote Ducati.
- Championnat : Marquez possède dix points d’avance sur Martin dans la bataille pour le titre.
Pablo Nieto a peut-être raison : Marc Marquez possède une chance insolente. Mais le véritable problème pour ses adversaires est ailleurs. Même lorsque les circonstances lui offrent une seconde chance, encore faut-il être capable de la saisir. Et dans cet exercice, Marquez reste probablement l’un des pilotes les plus redoutables de l’histoire du MotoGP.





