Chez Ducati, Marc Marquez regarde à la fois dans le rétroviseur et vers l’avenir. D’un côté, Francesco Bagnaia, son coéquipier en grande difficulté, auquel il adresse des mots de soutien. De l’autre, Pedro Acosta, appelé à prendre sa place en 2027, qu’il présente comme le choix idéal pour préparer la suite. Deux déclarations qui racontent, à elles seules, le changement de génération engagé à Borgo Panigale.
Marc Marquez : « Je suis vraiment désolé pour Bagnaia »
Lorsqu’il avait rejoint l’équipe officielle Ducati en 2025, Marquez devait former avec Bagnaia un duo redoutable. Sur la piste, pourtant, leurs trajectoires ont rapidement divergé.
L’Espagnol a multiplié les victoires, tandis que l’Italien peinait à retrouver ses sensations, notamment avec l’avant de sa machine. Ses difficultés se sont prolongées en 2026 : à quatre manches de la fin, le double champion du monde occupe la neuvième place du classement, selon les données rapportées.
Interrogé par Motosprint, Marquez ne cherche pas à enfoncer son coéquipier. « Je suis vraiment désolé de la situation que traverse Bagnaia, car c’est un homme brillant, et quand je suis arrivé chez Ducati, il m’a accueilli à bras ouverts. »
Un hommage qui tranche avec l’image habituelle d’une rivalité interne entre deux champions.
Une aide discrète, sans s’imposer
Marquez explique rester disponible pour Bagnaia, tout en respectant son besoin de s’appuyer sur son entourage. « Il a son propre cercle d’amis, mais on se parle, et il sait que je suis là pour essayer de l’aider aussi. »
L’Espagnol ajoute qu’il existe des moments où un pilote préfère se retrouver avec ses proches. « On se parle, mais on reste discrets. » Cette retenue est révélatrice : Marquez peut témoigner de la solidarité sans prétendre résoudre les problèmes techniques ou psychologiques de son voisin de garage.
Pour Bagnaia, la sortie de crise passera désormais aussi par un changement d’environnement. Son arrivée annoncée chez Aprilia en 2027, aux côtés de Marco Bezzecchi, lui offrira l’occasion de repartir sur de nouvelles bases.
Mais la transition vers les 850 cc et les pneumatiques Pirelli compliquera l’adaptation de tous les pilotes changeant de constructeur.

Acosta : le successeur déjà adoubé par Marc Marquez
Pendant que Bagnaia prépare son départ, Ducati mise sur Pedro Acosta pour accompagner Marquez. Et le champion espagnol ne conteste absolument pas ce choix. « Sur le plan personnel, je pense qu’il y a beaucoup de différences entre nous, mais sur la piste, c’est un redoutable compétiteur. »
Marquez connaît les ambitions de son futur coéquipier : Acosta ne vient pas chez Ducati pour apprendre indéfiniment, mais pour gagner. Loin de minimiser cette menace, le numéro 93 l’inscrit dans une logique de renouvellement naturel. « Les générations passent et on n’y peut rien. »
Marquez compare même la situation à celle d’un Lionel Messi expérimenté face à un jeune talent plus explosif : l’expérience conserve ses armes, mais la vitesse de la jeunesse finit par imposer ses exigences. « Ducati a choisi le pilote idéal pour son avenir. »
Une phrase lourde de sens
En quelques mots, Marquez reconnaît donc deux réalités. Bagnaia mérite mieux que la spirale de résultats qu’il traverse. Mais Ducati ne peut pas suspendre son projet sportif en attendant qu’il retrouve sa meilleure forme.
Avec Acosta, la marque italienne prépare déjà l’après-Marquez, même si le champion actuel entend évidemment prolonger sa domination.
Alors, qu’est-ce qu’on retient ?
- Bagnaia : Marquez lui témoigne un soutien personnel sans nier ses difficultés.
- Acosta : le champion valide le recrutement de son futur rival interne.
- Ducati : le passage de relais se prépare avant même que Marquez ait quitté le sommet.
Marquez n’a pas besoin de rabaisser Bagnaia pour saluer Acosta. Mais son message est limpide : chez Ducati, la compassion appartient au présent, tandis que l’avenir se construit déjà avec un autre pilote.





