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Alors que Ducati domine aujourd’hui le MotoGP avec une machine que tout le monde s’arrache, il est facile d’oublier que la Desmosedici a longtemps été un pur-sang indomptable. Michele Pirro, pilote d’essai historique de la marque depuis 2013, a tenu à rappeler que la perfection actuelle doit beaucoup à l’exigence « maladive » d’un homme : Jorge Lorenzo.

Dans une équipe comme Ducati, où la performance se joue au millimètre, le travail des pilotes ne se limite jamais à la piste. Mais selon Michele Pirro, un homme a poussé cette logique bien plus loin que tous les autres — jusqu’à frôler l’obsession. Et non, ce n’est pas Marc Marquez.

Pirro, témoin privilégié de plus d’une décennie d’évolution à Borgo Panigale, ne laisse aucune place au doute :« Disons que le plus obsédé était Lorenzo, car il avait vraiment cette motivation. »

Un jugement fort, surtout quand on sait que l’Italien a travaillé avec certains des pilotes les plus exigeants de l’ère moderne.

« Je le suivais de près, ainsi que Dovi, mais Lorenzo était absolument obsédé par l’amélioration de la moto et tout ce genre de choses. » Ce n’était pas une simple implication. C’était une fixation.

Quand Jorge Lorenzo débarque chez Ducati en 2017, la Desmosedici est une moto redoutable… mais profondément imparfaite pour son style.

Là où d’autres auraient cherché à s’adapter, lui a fait l’inverse : il a voulu transformer la moto. Et c’est précisément cette résistance qui a déclenché son obsession.

Dans l’univers MotoGP, les grandes révolutions tiennent parfois à des ajustements invisibles. Dans le cas de Lorenzo, tout s’est joué sur… un réservoir.

Un simple rembourrage ajouté par Ducati en 2018 lui permet enfin d’exploiter ses appuis, de verrouiller ses trajectoires et de retrouver ses sensations. Le résultat est immédiat. Victoire au Mugello, victoire à Barcelone, domination retrouvée. Preuve que l’obsession peut parfois déboucher sur une solution géniale.

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Pirro : Les autres pilotes ? “La moto fonctionnait déjà” et si Ducati avait encore besoin d’un “obsédé” ?

Pirro apporte sur Moto.it un éclairage essentiel sur la suite de l’histoire DucatiLes autres sont arrivés dans une situation où la moto fonctionnait déjà. »

Autrement dit, les générations suivantes — de Dovizioso à Marquez — ont bénéficié d’une base bien plus aboutie.

« Les autres pilotes ont donc beaucoup travaillé, mais Lorenzo était obsédé. » Une nuance importante. Tous travaillent. Mais tous ne vont pas aussi loin.

Le plus cruel dans cette histoire reste le timing. Au moment où Lorenzo commence enfin à dominer avec Ducati, le constructeur a déjà fait son choix. Danilo Petrucci est promu, et l’Espagnol doit partir.

Une trajectoire presque tragique : il transforme la moto, il gagne mais il n’est plus désiré. Aujourd’hui, alors que Ducati traverse une phase plus incertaine et que ses pilotes cherchent encore l’équilibre parfait, cette confession de Pirro résonne différemment. Le talent ne suffit pas, le travail non plus, parfois, il faut aller jusqu’à l’obsession.

Car au fond, la question n’est pas de savoir qui est le plus rapide. Mais qui est prêt à tout remettre en question pour le devenir. Pour Michele Pirro, Jorge Lorenzo reste l’architecte de la « facilité » actuelle de la Ducati. Il a souffert pour que les pilotes d’aujourd’hui puissent gagner « facilement ».

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