Après une opération à l’épaule bien plus compliquée et douloureuse que prévueet à quelques jours du premier test MotoGP auquel il participera à Sepang, Marc Marquez vient de remonter sur une moto.

C’est évidemment une excellente nouvelle qui réjouit tous les passionnés de MotoGP, mais la réalité ne peut être oubliée pour autant : Marc Marquez ne sera pas à son niveau habituel avant la fin de la tournée américaine ou au retour en Europe, à Jerez.

Et c’est son physiothérapeute attitré qui l’affirme, celui en charge de sa condition physique depuis deux ans et qui, dorénavant, passe le plus clair de son temps à ses côtés et était donc présent à la présentation du team Repsol Honda à Madrid et au match Barça-Sevilla au Camp Nou.

Carlos J. García est physiothérapeute à la Clinique Mobile et parcourt donc le monde au gré des épreuves du championnat MotoGP. Il travaille également dans une clinique à Madrid mais a déménagé à Cervera pour prendre en charge à temps complet la convalescence de Marc Marquez.

Satisfait des progrès réalisés par son patient, il tempère toutefois les excès d’optimisme : « Il en a marre de regarder le plafond. Je sais combien c’est dur d’être allongé pendant cinq heures. Nous faisons des exercices qui sont un peu différents, qui sont amusants. Nous devons essayer de jouer avec lui, autant que possible. J’ai les cartes des circuits et nous faisons différentes choses avec elles.
Nous devons encore gagner en mobilité. De manière passive, quand je bouge mon bras, lui ne bouge pas complètement le sien, mais son plus gros déficit est la force. Pour certains mouvements, certains groupes musculaires sont assez lâches. C’est une chose normale. Il a déjà quelques lignes directrices sur ce qui peut être fait, et où sont les limites. A aucun moment, il ne doit se donner à cent pour cent. Ce ne sera certainement pas le cas. Dans sa tête, il va essayer d’atteindre les meilleures conditions pour le GP du Qatar, mais celles-ci ne seront pas à cent pour cent non plus.

Dans un processus normal, cette blessure nécessite entre 16 et 20 semaines après l’opération, soit entre quatre et cinq mois. C’est la réalité. Nous aimons à penser qu’ils ont des super pouvoirs, que ce sont des super hommes et qu’ils peuvent récrire le film, mais la réalité est la suivante. Ils peuvent le raccourcir un peu. Plus vous faites de rééducation, mieux vous êtes. Meilleure a été l’intervention et plus la personne blessée est consciencieuse, plus le délai va se raccourcir un peu, mais vous ne pouvez pas passer de 16 à 6 semaines. On peut peut-être passer à 14 ou 12. C’est la chose à garder à l’esprit. Si vous faites le calcul, vous ne pourrez pas dire ” maintenant on est à cent pour cent ” jusqu’à Jerez ou Austin. Là, peut-être, mais pas avant. Il a fallu l’arrêter un peu parce que s’il n’en avait tenu qu’à lui, il aurait été à moto dès le 7 janvier. Il ne veut qu’être à moto !».

« Ils ont enlevé les roues de mes motos ! » s’insurge Marc Marquez.

« Il y avait des ordres pour que toutes les motos soient démontées. Quand nous sommes allés au gymnase et que nous sommes passés à côté de quelques motos, il est monté sur l’une d’elles, a pris la position de pilotage et a fait du bruit comme s’il était sur la piste. Cela montre à quel point il a envie de remonter sur une moto», déclare alors Carlos Garcia.

Marc Marquez: « Ne dis pas ça ! Ils vont dire ‘Ce type est fou’ ». Quand je me suis réveillé, ça faisait mal. C’est difficile, la physio. En faisant ça dès le matin, j’ai très sommeil. Je n’ai quasiment pas sauté un seul jour, nous avons commencé le 11 décembre et nous ne nous sommes pas entraînés les 24, 25, 31 ou 1er décembre. Ces dernières semaines, c’est à ce moment-là que ça fait le plus mal. Le plus dur, c’est le côté psychologique, je le fais depuis le 11 décembre pendant deux heures et demie le matin et deux heures et demie l’après-midi.

Tant que je ne serai pas sur la MotoGP, je ne saurai pas dans quel état je suis. Je suis conscient que ce sera la qualité qui l’emportera sur la quantité, en ce qui concerne le nombre de tours que je ferai (à Sepang). Plus que tout, c’est pour éviter de causer une tendinite ou autre. Je suis également conscient que si je ne peux pas faire le nombre de tours que je voudrais lors du test, ce n’est qu’un test. Nous quitterons tous la Malaisie avec zéro point. Je dois être prudent et ne pas gaspiller les heures que j’ai passées à récupérer, les deux mois que j’ai passés à récupérer et à être patient. »

Marc Marquez fera sa rentrée le 6 février, à Sepang, pour les 3 jours de test officiels MotoGP.
Le premier Grand Prix, au Qatar, aura lieu, le 10 mars. Il sera suivi de l’Argentine (31 mars), d’Austin (14 avril) et de Jerez (5 mai).

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