Le nouveau Directeur d’Aprilia Racing, successeur de Romano Albesiano qui s’est recentré sur la partie technique, connait les mêmes problèmes que les autres en raison de la pandémie, mais il doit en plus essayer de se sortir du problème lié au dopage d’Andrea Iannone.

« Dans tous les cas de dopage, les fédérations ont toujours été plus rapides que ce qui s’est passé avec Andrea. Dans le premier jugement du pilote, il a été reconnu que ce n’était pas de sa faute. Néanmoins, l’accusation a demandé quatre ans de suspension » a expliqué l’ancien technicien de Ferrari F1 à Paolo Scalera et Riccardo Gugliemetti de GPOne.com.

« En ce qui concerne le TAS,* nous attendons de savoir qui est le président des juges, mais pour l’instant nous n’avons pas de communication. Ma crainte est que l’AMA** essaie d’infliger une sanction exemplaire pour montrer son importance et que la FIM ne soit qu’un spectateur. Tout cela est assez inquiétant, puisqu’on parle de 18 mois de suspension, mais j’ai dans l’idée que l’AMA va demander quatre ans pour Andrea. »

*TAS = Tribunal Arbitral du Sport

**AMA = Agence Mondiale Antidopage

Quand devons-nous envisager l’audition, pourquoi le temps presse-t-il ?

« Je pense que l’audition aura lieu au plus tard à la fin du mois d’août. Je pense qu’un minimum de décence est nécessaire à cet égard. Nous subissons un préjudice important parce que nous voulons conserver Andrea. Il est certain que si cette saison est gâchée, on ignore si cela affectera également la suivante. »

A partir de cette année, Aprilia va renforcer son engagement en CIV*** avec le Championnat Sport Production ?

***Campionato Italiano Velocità

« Nous serons en CIV Junior lors de cinq événements. Vu l’intérêt suscité par la moto, nous avons opté pour deux catégories, dont celle liée évidemment à la production sportive, en essayant de divertir les jeunes et avec des coûts contenus. La valeur de la moto en fait est de 9 mille euros. Comme nous l’avons dit, nous voulons aider les jeunes à grandir. »

Massimo, avez-vous déjà pensé à l’engagement d’Aprilia en Moto3 ?

« J’y ai pensé, mais pour l’instant tous nos efforts se concentrent sur la MotoGP, car nous devons nous mettre en position de nous battre avec les autres. »

Manque-t-il à Aprilia quelqu’un comme Gigi Dall’Igna**** ?

« Je pense que nous avons une bonne équipe et je dis cela avec beaucoup de respect pour Gigi. Pour 2020, nous devrons voir ce que la moto montrera, ses défauts de jeunesse. Aleix, lors du test de Sepang, a dit que l’objectif était le podium, mais nous voulons garder les pieds sur terre, même si je fais partie de l’équipe. J’ai dans l’idée que dans les trois premières places nous y arriverons. Nous avons un potentiel plus élevé que par le passé, il y a plus de techniciens et plus d’informations. »

****Luigi Dall’Igna a travaillé pour le service course d’Aprilia de 1992 à 2014.

En ce qui concerne la fiabilité de la nouvelle moto, y a-t-il lieu de s’inquiéter ?

« Le temps ne joue pas en notre faveur. Mais nous n’avons eu aucun problème pour le moment et je suis confiant. »

Quand verrons-nous une équipe satellite Aprilia en MotoGP ?

« Une équipe satellite serait utile, car elle nous permettrait d’avoir plus d’informations et une aide supplémentaire liée au développement. Ducati est un exemple, qui a été très bon pour tracer ce chemin. »

« Cependant nous avons l’idée d’une équipe indépendante pour 2022, car avoir quatre motos signifie avoir deux pilotes de plus. Une équipe officielle ne se crée pas du jour au lendemain, même si le scénario d’une équipe Aprilia d’usine avec une équipe Gresini satellite est un objectif que nous voudrions viser. »

Où en êtes-vous avec le renouvellement d’Aleix ?

« Nous voulons le garder avec nous, il est notre capitaine et mérite cette reconnaissance. Nous sommes dans la dernière ligne droite, et comme je l’ai dit, je suis confiant que le podium lui reviendra, espérons-le. Il a fait un travail important avec la moto 2020, qui peut être considérée plus facile et plus maniable que la précédente. Le moteur a changé le caractère de la RS-GP et il l’a beaucoup aimé. »

Et la Superbike ?

« Cette année, nous avions prévu des wildcards avec Ponsson pour mettre un pied en Championnat du Monde. Si Dorna et la FIM acceptent les 1100, nous pouvons envisager un retour, peut-être avec une équipe satellite pour commencer, mais nous devons d’abord comprendre s’ils sont prêts à accepter notre moto. »

Comment sera la MotoGP du futur ?

« Nous devons réduire les coûts et rendre la catégorie reine plus durable. Nous avons traité un certain nombre de questions ces derniers mois avec la priorité liée principalement au redémarrage du calendrier 2020. »

« L’espoir de sortir de l’Europe en novembre est réduit. Je dois dire que par rapport à la F1, Ezpeleta est une personne qui sait comment interagir avec les pilotes, les équipes et les circuits, en parvenant à être plus efficace. »

Que changeriez-vous dans la MotoGP actuelle ?

« Je pense qu’il est possible d’améliorer la réglementation. C’est un monde différent qui, comparé à la F1, naît d’un objet différent comme la moto. Peut-être volerais-je certains techniciens en F1, comme ça s’est déjà fait, parce qu’amener des hommes avec des formations différentes permet de progresser. Même s’il y a plus de passion dans la moto. »

Photos © Aprilia Racing, motogp.com / Dorna



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