Maverick Viñales s’est ouvert sur ce syndrome des loges qui est revenu sur le devant de la scène depuis le début de cette saison. Jack Miller et Iker Lecuona ont ouvert la série du bistouri, suivi par Fabio Quartararo auquel succédera Aleix Espargaró après le Grand Prix de France. Pour Petrucci, la question est en suspens. Et les autres ? Rossi n’en a jamais souffert et certains donnent leur avis sur le phénomène.

Commençons par l’équipier d’un Fabio Quartararo qui a dû lâcher le guidon pour passer la main lors du dernier Grand Prix d’Espagne qu’il menait d‘une main de fer avant d’en devoir quitter la tête. Maverick Viñales, qui roule sur la même Yamaha que lui, commente : « je n’ai jamais souffert du syndrome des loges, dans aucune des catégories », souligne celui qui est désormais troisième du championnat du monde. « Je ne peux pas expliquer pourquoi. Mais je sais que Jerez est l’un des circuits les plus difficiles pour les bras. Cela vient des zones de freinage. Vous pilotez tout le temps à la limite et vous devez ensuite freiner très fort. Et cela continue tout le temps. Assen et Mugello sont également connus pour avoir des problèmes avec les bras ».

On rappellera que le syndrome des loges est une augmentation de la pression tissulaire qui a pour conséquence un mauvais apport sanguin aux muscles, ce qui entraîne des douleurs et des engourdissements. En raison d’une gêne sévère à l’avant-bras, l’opération est au bout du chemin.  Le Champion du Monde Joan Mir s’estime quant à lui relativement épargné. « J’ai parfois ressenti cette douleur. En fait, ça dépend des tracés. Ici à Jerez, c’est peut-être un peu plus compliqué avec toutes ces accélérations et ces freinages, il faut savoir se ménager. Mais je ne suis pas forcément le mieux placé pour parler, » reconnaissait-il.

Maverick Viñales prévient sur Assen et le Mugello

Andrea Dovizioso apporte aussi son mot : « ce n’est pas comme en motocross, où les muscles gonflent et se durcissent, vous perdez juste votre force », a déclaré le triple vice-champion du monde de MotoGP, qui a dû se battre avec cette souffrance à plusieurs reprises au cours de sa longue carrière. « J’ai eu l’opération en 2005, au cours de mes années en 250. Cela m’a aidé. Cela se produit généralement lorsque vous changez de catégorie et que vous n’êtes pas assez détendu sur la moto. Quand vous pensez à la force que nous devons appliquer sur la moto à partir de ces muscles, c’est incroyable. Il s’agit de la fluidité du pilotage, de la vitesse à laquelle vous êtes et de la quantité d’énergie à dépenser. Chaque pilote utilise son corps différemment, cela dépend aussi de savoir si vous devez piloter de manière agressive ou non ».

Avec l’évolution des motos, la question a été soulevée de la limite du corps humain. Une approche que repousse Aleix Espargaró, qui se fera opérer du syndrome des loges après Le Mans : « je n’aime pas cette théorie. Avec tous les moyens dont on dispose à l’heure actuelle, il doit bien avoir un moyen de s’entraîner différemment, de changer sa position, je n’en sais rien. Mais c’est quelque chose qui m’intéresse, car en dix ans je n’avais jamais réellement été concerné. C’est tout nouveau pour moi. Je ne suis pas inquiet pour Le Mans, mais davantage pour le Mugello, car c’est peut-être la pire piste en la matière. Nous verrons comment il sera possible d’y remédier d’ici-là ». Le Grand Prix de France devrait donc apporter un peu de répit aux pilotes. Du moins, dans ce domaine-là.

 



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