Né le 17 juillet 1963 à Monza, un lieu qui allait indubitablement jouer un rôle dans sa carrière, Davide Brivio suit jusqu’en 1982 des études à l’Institut Villa Greppi di Monticello où il obtient un diplôme de programmeur en informatique.

L’esprit cartésien est donc bien là, mais la passion de la moto aussi, et bien avant cela, puisque très jeune, l’intérêt de Davide Brivio s’est d’abord porté sur le motocross car il voit des pilotes locaux s’entraîner sur un petit circuit non loin de chez lui. Cela lui donne envie de faire pareil et de se lancer dans la course. Il recherche toutes les informations sur cette discipline en achetant des magazines et des journaux et, à l’âge de 14 ans, il contacte le fabricant de motos Gilera dont l’usine est située à Arcore, non loin de sa maison.

« À l’âge de 14 ou 15 ans, je leur ai envoyé une lettre. Je me suis porté volontaire pour travailler dans leur équipe de course en tant qu’assistant mécaniciens, même si ce n’était pas payé. J’aurais pu changer les pneus, faire le plein ou laver la moto. »

Mais Gilera a décliné la proposition et, quelques années plus tard, le jeune italien s’est lancé dans la compétition avec les moyens du bord.

« J’ai essayé de participer à plusieurs courses de motocross mais je n’étais pas assez rapide. À partir de là, j’ai pensé que je ne serai pas un pilote et j’ai dû chercher un autre travail. »

Davide Brivio cumule alors plusieurs emplois, dont un de journaliste à temps partiel le dimanche, mêlant pilotage, prises de photos et rédaction d’articles. C’est ainsi qu’il rencontre l’un des sponsors de Fabrizio Pirovano qui lui demande de se rendre sur une manche du championnat du monde Superbike en 1990 pour écrire un rapport sur le pilote italien.

« Je me souviens encore de ma première mission, qui était de me rendre sur le circuit de Jerez. Rencontré des pilotes dans le paddock m’a fait me sentir comme un enfant invité à Disneyland, car jusque-là, je n’avais pu voir les pilotes du WorldSBK que dans les magazines ou les journaux. Peut-être que mon travail de l’époque était comme celui d’un attaché de presse dans les équipes MotoGP aujourd’hui. C’était un travail difficile pour moi, car je devais rédiger mes rapports en anglais. »

Malgré ce qu’il dit, Davide Brivio démontre une curiosité et des qualités évidentes et, deux saisons plus tard, il prend le rôle de Team Manager de l’équipe semi-officielle Belgarda Yamaha Racing Division en WSBK.

L’aventure dure deux ans et se termine en étant promu dans la même fonction pour l’équipe officielle Yamaha SBK à partir de la saison 1994. Il y dirigera notamment Colin Edwards et Noriyuki Haga mais, au bout de sept ans, l’Italien accompagne dans un rôle de consultant le Japonais mis en Grands Prix par Yamaha suite de l’arrêt officiel du team Superbike en 2001.

Une année « pour voir », et si Haga retourne à ses premiers amours dès 2002, Davide Brivio se voit confier la fonction de Team Manager de Marlboro Yamaha, l’équipe officielle d’Iwata en Grands Prix, qui aligne alors Max Biaggi et Carlos Checa sous la direction de Lin Jarvis.

Une des première mesures prises par l’Italien sera de travailler sur le « rapatriement » du service course de Yamaha des Pays-Bas à… Monza (Gerno di Lesmo).

En 2004, il favorise largement le transfert d’un certain Valentino Rossi au profit d’Iwata.

« Je me souviens que lorsque nous avons discuté pour la première fois de l’idée de signer Valentino, beaucoup de gens chez Yamaha n’étaient pas convaincus que c’était possible. C’était un rêve, une idée folle ! Cependant, je dois leur donner du crédit parce qu’ils m’ont laissé essayer et ensuite, les gens ont commencé à réaliser que c’était possible et m’ont soutenu. Je dois dire que mon bon ami Masao Furusawa a joué un rôle très important dans ce processus car il a convaincu le président de Yamaha de dépenser cet argent ! Il a fait un excellent travail au sein de l’usine pendant que je travaillais sur Valentino et son équipe de direction. Furusawa-san a fait un travail essentiel pour amener Yamaha derrière le projet et une fois que Valentino a vu qu’il avait leur foi et leur engagement, il n’a pas tardé à signer. »

Il tissera ensuite des liens étroits avec l’icône transalpine des GP, aussi, quand ce dernier éprouvera l’envie d’aller voir si l’herbe est plus verte chez Ducati, il emmènera avec lui Davide Brivio qui prendra alors le titre de consultant de la VR46 après neuf années passées dans le box officiel Yamaha en GP (et 20 ans pour Yamaha en général).

Une fois Valentino Rossi revenu chez Yamaha, la saison 2013 débute en apparence sans réel travail pour Davide Brivio, mais l’Italien, toujours officiellement consultant de la VR46, prépare son avenir avec Suzuki.

La suite, on la connaît, avec le pari risqué mais récompensé par un titre mondial de miser sur de jeunes talents plutôt que des noms confirmés.

Début 2021, à la surprise générale, le PDG de Renault Luca De Meo, qui a connu Davide Brivio de 2007 à 2010 quand il était directeur marketing chez Fiat et sponsorisait les M1 officielles, fait appel à son compatriote pour un rôle de Directeur de course à préciser dans une structure qui reste à définir avec plus de détails durant les semaines à venir.

Un nouveau challenge pour le Milanais qui vit à Dubaï, et qui referme ainsi avec succès le chapitre Suzuki d’un simple et modeste « mon travail est terminé ».

Souhaitons-lui simplement le même succès avec Fernando Alonso et Esteban Ocon que ceux obtenus avec Valentino Rossi (4 titres) puis Suzuki (1 titre) !

 

 



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