C’est un fait acquis dont on mesurera au fil du temps l’ampleur : la crise sanitaire du coronavirus va avoir des conséquences économiques et sociales de grande ampleur. Un impact collatéral dont l’onde de choc ébranlera le paddock des Grands Prix, confiné sur un continent alors que sa vocation est de parcourir le monde. Un plan de sauvegarde de l’activité a été mis en place par le promoteur Dorna sur la base de la bonne volonté et de la solidarité des protagonistes. Mais se serrer les coudes ne suffira pas. Il faudra aussi serrer les cordons de la bourse. Un sujet tabou ? Pas chez Petronas, qui en parle ouvertement…

Razlan Razali préside aux destinées des couleurs malaisiennes Petronas en Grand Prix. Une puissante institution, certes, mais qui a aussi été impacté par la pandémie du Covid-19. Le directeur de l’équipe explique ainsi : « nous ne savions pas comment gérer le salaire des membres de l’équipe et les frais de chauffeur. Nous avons maintenant déterminé nos dépenses d’exploitation minimales et proposé un plan pour certaines mesures d’austérité. Nous avons réduit les salaires jusqu’à 50% parce que nous prévoyons le pire des cas, c’est-à-dire aucune course. C’est pourquoi nous avons fait cette coupe drastique. »

Dès lors on comprend mieux l’impérieuse nécessité de reprendre la compétition : « cela pourrait être pire si nous apprenons en juillet qu’il n’y aura pas de courses. Alors il y aura un groupe de membres de l’équipe que nous devrons abandonner », a poursuivi Razali. « Pour le moment, cependant, nous essayons de garder toute l’équipe. Mais si nous devons être brutaux, nous le serons. Il y a une fine frontière entre la viabilité financière de l’équipe et le fait d’être un organisme de bienfaisance. C’est difficile, mais nous devons le faire. Tout le monde sait maintenant ce qui va se passer et tout le monde espère que nous courrons en juillet ou août. La mentalité est que tout le monde sait ce qui se passe et que cela peut arriver. »

Razlan Razali est à ce point clair dans sa démarche, qu’il n’oublie personne… « Côté pilotes, les choses sont pareilles et s’il n’y a pas de courses en juillet, nous ne pourrons plus payer les pilotes. Tant qu’ils obtiennent 50%, je pense que ça ira. Bien sûr, il n’y a pas de référence et je me base également beaucoup sur la discussion avec d’autres équipes pour voir ce qu’elles font. »

“Si nous devons être brutaux, nous le serons”

Un échange avec les autres teams qui tourne aussi au devoir de conseil : « le soutien de Dorna est quelque chose que nous apprécions absolument. Mais le soutien doit être réciproque et les équipes doivent être prudentes et gérer leurs finances. Si vous le faites correctement, vous pouvez très probablement survivre. Si Dorna vous donne de l’argent pour soutenir votre équipe, utilisez-le judicieusement ! » clame-t-il sur Speedweek.com à Simon Patterson.

Depuis le 8 mars, le championnat du monde de moto a cessé de tourner et même si le plan Dorna pour un redémarrage les 19 et 26 juillet à Jerez est désormais en place, les équipes sont confrontées à des questions importantes en raison des mois d’arrêt.

Afin d’assurer la survie financière des équipes, le promoteur a mis en place un plan de sauvetage. Ainsi, les équipes privées MotoGP reçoivent 250 000 € par mois depuis avril et les équipes des classes Moto2 et Moto3 environ 40 000 € et 25 000 € respectivement. Le team Petronas est engagé dans les trois catégories, MotoE y compris.

En outre, pour des raisons de réduction des coûts, les responsables et les constructeurs ont convenu de geler le développement du moteur et de l’aérodynamique dans la classe MotoGP jusqu’au début de la saison 2021.  Cependant, KTM et Aprilia pourraient continuer à développer leurs moteurs en tant qu’équipes « concessionnaires » jusqu’à la fin juin. Dans les classes plus petites, la moto 2020 sera également utilisée en 2021.

 



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