Quand un jeune pilote hésite un peu sur une trajectoire, quel bonheur d’avoir à quelques mètres de soi, dans le même stand, un des meilleurs pilotes de l’histoire, toujours en activité, en la personne de Valentino Rossi ! Livio Morbidelli, le père de Franco a eu une excellente idée au début du 21e siècle en vendant la maison familiale, à Rome, pour déménager à Tavullia, sur les conseils de son vieil ami Graziano Rossi.

Venir à Tavullia allait déclencher une superbe carrière pour Franco, fils d’une mère brésilienne et d’un père pilote de course moto italien, deuxième du Championnat d’Italie de 80 et 125 cm3. Aller vivre à Tavullia était une idée simple, mais seule la famille Morbidelli tenta le pari. Très vite, le fils réalisa d’impressionnants progrès : « En suivant Valentino dix minutes sur une moto, vous progressez davantage que si vous participiez à des milliers de course. C’est comme si un enfant avait l’opportunité de jouer au football avec Messi », a déclaré un jour Franco.

Il n’y a plus maintenant qu’à concrétiser, et Morbidelli semble avoir de nombreux atouts importants dans son jeu pour 2021, avec comme carte maîtresse l’arrivée de Valentino dans son équipe malaisienne. La présence dans son stand de Valentino va être une véritable bénédiction pour Franco, qui va ainsi bénéficier d’une aide extraordinairement compétente pour déterminer les réglages, choisir les pneumatiques et mettre au point une tactique de course.

Et c’est une excellente opportunité pour Rossi que de développer le talent de pilote d’essai de Morbidelli, qui fut le premier pilote de la VR46 Riders Academy, et en qui Vale sait qu’il peut avoir pleine confiance. Ainsi Rossi disposera d’un allié précieux pour rendre compétitive au maximum sa Yamaha.

Mais pour se faire, il faudrait que Franco dispose d’une moto strictement identique à celle du Maestro, c’est-à-dire une moto d’usine dernière version, alors que jusqu’ici l’Italo–Brésilien a disposé d’un modèle de l’année précédente. Comment faire pour que Franco dispose d’un bijou identique à celui du Campionissimo ? C’est simple : Envoyer les dollars. Le métier de Yamaha, c’est de vendre des motos. Y compris des YZR-M1 d’usine. Mais cher. Très cher.

Son équipe « Petronas Yamaha SRT (pour Sepang Racing Team) » est-elle assez riche pour s’offrir ce bijou ? Que les fans de Franco se rassurent : c’est une des plus riches du monde ! Son sponsor principal Petronas* est une entreprise d’État, dont le chiffre d’affaires était récemment de US$26,5 milliards (à comparer par exemple à celui de Yamaha Corporation qui est de 9,38).

*D’après un membre de l’industrie pétrolière, Petronas dépense plus pour la rémunération du seul Lewis Hamilton (rémunération fixe annuelle, dite « minimum garanti » + rémunération aléatoires proportionnelles aux résultats en course et au championnat) que pour financer l’équipe MotoGP. A confirmer.

La deuxième composante majeure de cette équipe est le Circuit de Sepang. Or le « Sepang International Circuit » est une entreprise publique, propriété du Ministère des Finances malaisien. L’or se déverse donc à profusion comme l’eau des cascades au printemps lors du dégel dans les montagnes. Avec un coéquipier comme Rossi et de l’argent qui coule en pagaille, l’avenir semble favorable pour Morbidelli.

D’autant plus qu’il ne s’agit pas pour lui et ses proches d’un rapport uniquement professionnels. Les relations humaines ont également beaucoup d’importance, comme on a pu s’en rendre compte il y a quelques années quand le père de Franco s’est suicidé. Les pilotes membres de la VR46 Riders Academy, les gérants du Fan-Club de Rossi, et en particulier Valentino lui-même, se sont rapprochés de Morbidelli pour l’aider à traverser cette mauvaise passe. La fédération italienne, au travers de son programme Team Italia, lui a offert l’opportunité de courir en Superstock 600 sur une Kawasaki. Il remporta le championnat, et cette même saison, le 15 septembre, Fausto Gresini lui offrit une chance de piloter une Suter en tant qu’invité au sein de son équipe en Moto2. Il termina ainsi à la 20e place du Grand Prix de Saint-Marin 2013. La suite, nous la connaissons tous.

Forza Franco !

 

Ci-dessus, les revenus 2019 d’Hamilton, selon Forbes : US$42 millions de salaires et de prix + 12 millions des sponsors.

Photos © Petronas Yamaha SRT



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