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La situation chez Tech3 ressemble à un puzzle complexe où chaque pièce — pilote, constructeur et propriétaire — attend que l’autre se mette en place. Entre les performances solides d’Enea Bastianini et le flou artistique entourant l’avenir technique de l’écurie sous l’ère Guenther Steiner, le Grand Prix de France s’annonce comme une plateforme de négociation géante.

L’image est presque paradoxale. Dans le box de Tech3, il y a à la fois de quoi se réjouir… et largement de quoi douter. Une équipe qui marque des points, qui progresse, mais qui, en coulisses, ne sait toujours pas de quoi son avenir sera fait.

Sur la piste, Enea Bastianini incarne le versant positif. Solide, incisif, capable de coups d’éclat comme à Austin, il continue de prouver qu’il reste une valeur sûre du plateau. Sa course à Jerez, conclue devant Pedro Acosta, a confirmé cette dynamique. Mais dès le lendemain, lors des essais, la réalité est revenue le rattraper : sept dixièmes concédés, une hiérarchie qui se resserre, et surtout un Ai Ogura en tête avec l’Aprilia qui rappelle à tout le monde où se situe la référence actuelle.

Et pendant ce temps-là, Maverick Viñales reste en marge. Toujours en reconstruction, toujours en attente d’un retour complet, l’Espagnol symbolise à lui seul cette sensation d’inachevé qui plane sur Tech3. Il travaille, il pousse, mais son absence répétée laisse un vide que même les bonnes performances de Bastianini ne suffisent pas à combler.

Mais le vrai sujet, celui qui inquiète vraiment, se situe ailleurs.

Tech3

Tech3 en 2027 : une équipe… sans direction claire

À court terme, Tech3 avance. À moyen terme, tout est flou. Quel constructeur ? Quels pilotes ? Quel projet ?

Même en interne, les réponses n’existent pas encore. Et Nicolas Goyon ne cherche pas à masquer cette incertitude sur Speedweek :

« Pour 2027, la question cruciale reste le choix du constructeur avec lequel nous allons poursuivre notre collaboration. Le recrutement des pilotes en dépend également. »

Autrement dit, tout est suspendu à une décision structurante qui n’est toujours pas prise. Et cela bloque tout le reste :

« Entamer des discussions concrètes sans savoir avec quel constructeur Tech3 travaillera n’a aucun sens. »

Ce flou a une conséquence directe : Tech3 attire, mais ne peut pas encore conclure.

« J’ai discuté avec plusieurs d’entre eux. Nous savons – même si tout cela est informel – quels pilotes seront disponibles l’an prochain. Plusieurs managers ont manifesté leur intérêt pour piloter chez nous. » Des discussions, oui. Des signatures, non. Parce que personne ne s’engage à l’aveugle.

Avec la révolution technique de 2027 en ligne de mire, une piste se dessine : miser sur la nouvelle génération.

« D’après nos échanges avec nos pilotes d’essai, nous savons que la nouvelle génération MotoGP sera plus proche du style de pilotage Moto2. »

Un changement majeur, qui rebat les cartes : motos moins extrêmes, pilotage plus “naturel”, adaptation potentiellement plus rapide pour les rookies : « Il est donc tout à fait logique de suivre de près les pilotes Moto2. »

Mais Goyon tempère immédiatement : « L’an prochain, avoir un rookie dans l’équipe ne sera pas forcément un désavantage. » Pas forcément… mais pas suffisant non plus. Tech3 sait ce que signifie miser trop fort sur la jeunesse. Le duo Remy Gardner – Raul Fernandez reste dans toutes les têtes.

« La saison où nous avons aligné les deux rookies Remy Gardner et Raul Fernandez n’a pas été concluante. »

Le message est clair : pas question de reproduire le même schéma. « Je pense que dans le contexte actuel, il serait judicieux pour Tech3 de débuter avec un pilote MotoGP expérimenté et un rookie. »

Tech3 n’est pas en crise. Mais Tech3 n’est pas non plus stabilisée. C’est une position inconfortable. Presque dangereuse dans un paddock qui, lui, n’attend jamais.

Tech3 est en pleine mutation. L’équipe française ne veut plus seulement être un « junior team » de KTM, mais une structure indépendante et puissante capable de choisir son destin. La transition vers 2027 passera par un mélange de sagesse et de jeunesse.

Nicolas Goyon, team manager Tech3 à Jerez

 

 

 

 

 

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