Moto GP
Publié le 17 mai 2026 • 08:00 par André Lecondé

MotoGP – « Vale ne voit pas tout » : Pecco Bagnaia tente d’éteindre l’incendie… mais le malaise entre Ducati et son champion éclate au grand jour

Cette mise au point publique de Bagnaia apaisera-t-elle l'ambiance au sein du box Ducati après la pression mise par Valentino Rossi ?

Pecco Bagnaia

La guerre psychologique n’aura pas duré bien longtemps dans le clan italien. Moins de quelques heures après le Scud lancé par Valentino Rossi à la direction de Ducati, Francesco Pecco Bagnaia a immédiatement endossé le costume de diplomate.

Conscient que les déclarations de son mentor sur le plateau de Sky Sport (comparant la relation Pecco-Ducati à un mariage brisé par manque d’efforts de l’usine) pouvaient transformer son box en poudrière pour le reste de la saison 2026, le double champion du monde MotoGP a fermement mais respectueusement recadré le « Docteur ». Devant les journalistes à Montmelò, Bagnaia a choisi d’éteindre l’incendie plutôt que de l’alimenter.

Le timing était terrible pour Francesco Bagnaia. Une qualification catastrophique. Une remontée héroïque jusqu’à la sixième place du Sprint à Barcelone. Et, juste derrière, une bombe médiatique lâchée en direct par Valentino Rossi contre Ducati.

Le Docteur n’avait pas seulement défendu son pilote. Il avait surtout laissé entendre que Borgo Panigale n’en faisait peut-être plus assez pour lui. Une déclaration qui a immédiatement secoué le paddock :

« J’aimerais que Ducati fasse les mêmes efforts que Pecco pour essayer de revenir aux avant-postes. »

Sous-entendu limpide : Bagnaia se battrait davantage que son propre constructeur. Un message explosif dans un contexte déjà ultra tendu autour de l’arrivée de Marc Marquez, des difficultés techniques de la GP26 et des rumeurs de départ vers Aprilia.

Et justement, Bagnaia a immédiatement tenté de calmer le jeu. Mais en voulant éteindre l’incendie, il a surtout confirmé qu’il existait bel et bien un malaise. « Ce n’est qu’une supposition, car Vale voit ce que je fais chez moi, mais il ne voit pas ce que Ducati fait là-bas. »

La phrase paraît diplomatique. En réalité, elle est extrêmement révélatrice. Car Bagnaia ne dément pas le problème. Il tente simplement de protéger publiquement son équipe. Et cela se sent dans la suite de son intervention :

« Nous travaillons tous d’arrache-pied.  Après l’année dernière, qui a été une année extrêmement difficile, nous essayons de trouver un équilibre. » Le mot important est là : équilibre. Depuis l’arrivée de Marquez dans l’équipe officielle, Ducati vit une situation politiquement instable.

D’un côté, le champion maison formé au sein du projet. De l’autre, la plus grande superstar de la génération moderne. Et au milieu : une GP26 qui semble avoir perdu une partie de son ADN.

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Valentino Rossi a tenté de jouer les protecteurs, mais Pecco Bagnaia a préféré assumer ses propres difficultés à régler la GP26

Bagnaia l’admet lui-même presque à demi-mot : « On a un peu perdu le fil en ce qui concerne mes sensations. » Voilà probablement la phrase la plus importante de toute son intervention. Parce qu’elle résume parfaitement le drame actuel de Ducati.

La moto gagne encore. Mais elle ne parle plus naturellement à Pecco. Or, toute la domination récente de Borgo Panigale reposait justement sur cette fusion presque parfaite entre Bagnaia et la Desmosedici.

Aujourd’hui, cette connexion semble fissurée. Pendant ce temps, Aprilia avance comme une machine de guerre. Marco Bezzecchi a retrouvé une confiance totale. Jorge Martin est redevenu un prédateur absolu.

Et Bagnaia reconnaît lui-même le travail effectué à Noale : « Aprilia a bien travaillé, ils ont apporté des améliorations aérodynamiques et la moto est extrêmement performante. »

Ce n’est pas une phrase anodine. C’est presque un aveu. Aujourd’hui, Ducati ne fait plus peur comme avant.

Et le plus inquiétant pour Borgo Panigale, c’est que même son pilote phare semble désormais courir après des sensations perdues plutôt que vers un titre mondial.

Alors oui, Bagnaia tente publiquement de protéger Ducati. Oui, il refuse de nourrir une guerre ouverte. Mais derrière son discours très contrôlé, une vérité apparaît de plus en plus clairement : le mariage entre Ducati et Pecco n’est plus cette évidence naturelle qu’il était encore il y a un an.

Et lorsque Valentino Rossi parle “d’amour qui s’est échauffé”, il est possible qu’il soit beaucoup plus proche de la réalité que Ducati ne veut l’admettre.

Le « Docteur » a tenté de jouer les protecteurs, mais Pecco Bagnaia a préféré la méthode forte : assumer ses propres difficultés à régler la GP26. Dimanche, pour le Grand Prix de 24 tours, Bagnaia devra transformer cette sérénité verbale en performances sur la piste pour prouver à Rossi, et à toute la direction de Ducati, que le champion n’a pas encore abdiqué.

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