L’accident de Jorge Martin, hier matin, a beaucoup fait parler. Alors que certains militent pour l’introduction d’un « protocole commotion » comme au rugby, des pilotes montent au créneau pour dénoncer le manque de sécurité de certains tracés au calendrier. C’était notamment le cas d’Enea Bastianini récemment, qui n’a pas été tendre avec le Balaton Park, où il a subi une chute dangereuse l’an dernier. Mais Pecco Bagnaia remet les pendules à l’heure concernant cette question brûlante.
L’Italien comprend tout à fait que l’endroit où a chuté Jorge Martin est très dangereux, et d’ailleurs, sa déclaration ne laisse pas transparaître beaucoup d’amour pour l’actuel circuit de Catalogne. « Ce circuit est dans une situation assez particulière depuis au moins six ans. Je pense que c’est l’un des plus beaux circuits, compte tenu de la configuration des tribunes et de sa construction. C’est un site magnifique, complètement gâché par l’adhérence. L’asphalte est catastrophique, il n’y a aucune adhérence, on ne peut rien faire. Dès qu’on essaie d’attaquer à fond, on finit par sortir de la piste. Vendredi matin, Martín n’a rien fait de spécial : il est entré dans le virage un peu trop large, peut-être qu’il a perdu le contrôle de sa trajectoire et a violemment percuté les barrières de sécurité. Mais le problème ne vient pas tant de la commission de sécurité que du propriétaire et de l’organisateur du circuit qui prennent les décisions. C’est donc compliqué. » lisait-on sur Moto.it.
Jorge Martin's FP1 T12 crash was a horrible reminder of Luis Salom's similar – and fatal – crash at Barcelona's T13 in 2016: motorcycle slides into airfence, rebounds, rider follows bike towards airfence and makes contact with rebounding bike. Martin took a battering & looked a… pic.twitter.com/Xi2dmbUqkd
— Mat Oxley (@matoxley) May 15, 2026
Beaucoup critiquent la sécurité en MotoGP, d’accord, mais les pilotes n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la création d’un syndicat, ce qui était le souhait de Bastianini, et ne viennent pas non plus aux réunions de la commission de sécurité ! « C’est comme ne pas voter et se plaindre des politiciens. Pour moi, c’est absurde. La semaine dernière, au Mans, nous étions trois à la Commission de sécurité, et c’était une réunion importante car une règle avait été ajoutée en cours de saison. Je suis d’avis que si l’on ajoute une règle, il faut le faire en fin d’année, pas pendant la saison, car n’importe qui peut avoir un accident et revenir aux stands comme ça. Lors de la course précédente, un pilote avait gagné douze points grâce à ça, mais à partir de la course d’après, il écope d’un long lap : ce n’est pas juste. Il a fallu insister un peu, et nous n’étions que trois » ajoutait-il en faisant référence à Marc Marquez à Jerez.
Pecco Bagnaia, un discours exemplaire
Concernant la création d’un syndicat, Bagnaia est plus mesuré. Lui qui a d’ailleurs été cité par Bastianini comme l’un des bons élèves (Pecco ne manquerait aucune réunion sur le sujet) aimerait d’abord que plus de pilotes soient présents avant les Grands Prix. « Personne n’y vient. Avant toute chose, il serait important que tout le monde vienne à la Commission de sécurité, car si nous répétons les mêmes arguments qu’un représentant syndical, rien ne changera. Nous avons essayé il y a quelque temps avec Sylvain Guintoli, mais malheureusement, cela n’a pas abouti car tout le monde n’était pas d’accord. Certains pilotes, comme ceux de KTM, ne souhaitaient pas participer. À mon avis, ce n’est pas la bonne approche. » concluait-il amèrement.
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Photo : Michelin Motorsport
Photo de couverture : Michelin Motorsport






























