Les paroles sont d’un Maverick Viñales dont les déroulés de meetings sont cousus de fil blanc : il arrive sur le site du Grand Prix avec le sourire, et il en repart le visage fermé, avec peu d’explications à donner sur sa désillusion. Depuis peu, il est rejoint dans le schéma par Fabio Quartararo. Les deux, rivaux pour le titre et au guidon d’une Yamaha identique, se sont rejoints dans leurs analyses respectives au sujet d’une M1 décevante en Aragon. Une déception d’autant plus grande que, pendant ce temps, les Suzuki sont en démonstration de force…

En 10 Grand Prix disputés, le constructeur Yamaha se réjouit de six victoires. Mais au classement général du championnat, cela ne se ressent pas vraiment tandis que deux de ces succès sont revenus à Franco Morbidelli équipé d’une version « A-Spec » de la M1. Sinon, Fabio Quartararo a raflé trois fois la mise au sein du team satellite Petronas, et Maverick Viñales n’a concrétisé qu’à une seule occasion avec le team usine.

Une situation qu’aborde ainsi l’Espagnol : « Yamaha a six victoires ? Si vous regardez les résultats de Mir… il n’a pas gagné parce qu’il part de très loin, mais nous sommes ceux qui perdons le plus de places dans la course. Au Grand Prix de Teruel, j’ai tout fait, j’ai enlevé le frein moteur, j’ai conduit de manière agressive, j’ai roulé plus doucement, mais rien n’a changé. Les principaux atouts de la Yamaha sont le virage et son agilité pour entrer immédiatement dans la corde, puis la vitesse en virage, mais cette année est un peu différente ».

Il ajoute, critique : « mais c’est la moto que nous avons, et nous devons faire un miracle. Morbidelli ? Je ne parle pas de la moto 2019 parce que c’est la 2020 que nous avons. Sur Franco 2019, il est difficile de se prononcer : c’est une hybride de l’année écoulée.  Il est clair qu’il a fait mieux que nous. Celui qui a la même machine que moi, c’est Quartararo. Franco a fait une course parfaite ».

Justement, parlons de Fabio Quartararo : « je ne suis pas content parce que nous avions trouvé quelque chose de positif au warm-up », a déclaré le Français. « J’ai tout perdu en course : la sensation devant, la sensation dans l’arrière, je n’avais aucune adhérence, très étrange. Et je ne sais pas pourquoi ».

« Demandez à Meregalli, je n’ai aucune explication »

Des mystères non résolus qui commencent à peser dans la course au titre. Il reste trois courses et ce sont les Suzuki qui apparaissent clairement comme les favorites… « Suzuki est à un autre niveau. On dirait qu’ils peuvent fermer le virage plus tôt et avoir une vitesse de virage tout en parcourant moins de mètres. J’espère avoir la moto parfaite à Valence et démarrer parfaitement.  Pour le moment, nous devons simplement survivre et faire de notre mieux » enrage Viñales.

Fabio Quartararo ajoute : « Maverick et moi étions perdus. Il me semble que nous avons atteint notre niveau avec la moto en FP1 ou FP2, après quoi nous ne gagnons plus. C’était pareil à Barcelone, donc nous n’avons fait aucun progrès en course ». Une inconstance et un blocage dans l’évolution des performances de la Yamaha qui ne calment pas un Viñales qui interpelle : « demandez à Meregalli, je n’ai aucune explication. J’ouvre les gaz au même moment dans les essais et en course. Nous devons être plus intelligents ».

« En tant que pilote, je dois donner mon avis. Dans tous les cas, le championnat est vivant, mais la finale sera une loterie car le potentiel de Yamaha est très inconstant. Nous espérons que la moto volera à Valence. S’il y a de l’adhérence c’est bien, sinon ça devient très compliqué de la piloter mais si on a de l’adhérence ça va marcher » termine l’Espagnol.

 

 



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