Pensée comme un moyen pratique et peu onéreux pour s’amuser sur une moto sur circuit, l’Ohvale GP-0 est née il y a quelques années. Mais en plus de cela, ces minibikes constituent également une excellente forme de formation pour les pilotes qui, en prenant moins de risques, peuvent améliorer leur pilotage et leur condition physique.

En 2013, Valerio Da Lio crée la marque Ohvale, spécialisée dans la fabrication de minibikes adaptées au circuit. Ce ne sont certainement pas des minibikes mais des motos de compétition à petite échelle et fabriquées comme n’importe quelle sportive, en petite série. Ce n’est pas en vain que des personnes comme Mariano Fioravanzo, un des pères de l’Aprilia RSV1000 ou Claudio Pellizzon, qui était un testeur d’Aprilia, ont participé au projet.

De cette union est née l’Ohvale GP-0, une machine à la fois intéressante pour passer un bon moment à moto sur circuit avec un budget raisonnable mais aussi pour les tops pilotes pour rester en forme et améliorer leurs compétences en guidon. La petite sportive vénitienne est un croisement entre un mini-bike et un pit-bike, conçu pour s’amuser sur la piste en donnant au pilote les mêmes sensations que sur une vraie moto, avec la praticité et les coûts d’un pit bike.

 

À de nombreuses reprises, nous avons vu des pilotes de MotoGP s’entraîner avec des minibikes. La plupart d’entre elles sont les Ohvale GP-0 car elles ont des performances intéressantes, un châssis, une partie cycle et des finitions de qualité.

De Marc Marquez à Chaz Davies en passant par Alex Rins, Danilo Petrucci et les pilotes de la VR46 Academy, il suffit de parcourir attentivement les profils sociaux des pilotes engagés en MotoGP et en Superbike pour se rendre compte qu’Ohvale est désormais un “virus” qui infecte de nombreux motards : des enfants (à partir de 10 ans) qui commencent à faire leurs premiers pas entre les vibreurs aux champions qui nous exaltent le dimanche avec leurs bagarres sur les plus beaux circuits du monde, en passant par les nombreux amateurs à la recherche d’un moyen accessible de s’amuser sur la piste.

 

Les meilleurs pilotes recherchent toujours la perfection, et en plus d’être une passion, rouler à moto est probablement une des meilleures méthodes d’entrainement pour un pilote de vitesse. Mais pourquoi ?  Travailler sa position, retarder le freinage, accélérer plus tôt, qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ! Même si le rapport poids/puissance de ces machines est intéressant, la relance n’est pas la même que sur un prototype de MotoGP, et sur ces machines, les dixièmes de secondes se gagnent au pilotage.

Il parait logique que la meilleure formation pour piloter une moto est de rouler au maximum. Cela semble évident, mais ce n’est pas si simple : la formation nécessaire pour conduire une moto spécifique est de piloter cette moto spécifique, ou une moto similaire en termes de position et de style de pilotage. Ainsi, même si le Motocross est plus fatigant et exigeant, tant du point de vue musculaire que cardiovasculaire, cela permet d’entrainer ses réflexes à deux roues, mais ne suffit pas.

La raison est très simple : les muscles utilisés en Motocross et sur piste de vitesse ne sont pas les mêmes dans la plupart des cas. Et quand bien même ils le sont, ils sont souvent utilisés d’une manière différente. Pensez aux mouvements qui se font dans un changement rapide de direction, ou au mouvement des bras en freinage, au déplacement du poids du corps : ils sont différents en vitesse de ceux qui se font en Motocross, Supermotard ou Flat Track.

Pour cette raison, l’entraînement tout-terrain seul ne suffit pas d’un point de vue musculaire, et pour revenir au discours initial, dans une catégorie telle que le MotoGP où l’on travaille sur des gains marginaux, des aspects de ce type ne peuvent être négligés.

 

Ces petites motos permettent aux pilotes d’améliorer leur capacité à contrôler la situation, à affiner leur réponse à tout problème, à essayer d’être plus rapide dans leur réaction (dans un sport où la vitesse est si élevée, vous ne pouvez rien laisser au hasard) et bien sûr pour améliorer leurs mouvements. Bien sûr, évidemment, ils le font pour le plaisir. C’est un plan de formation efficace et divertissant, alors forcément, ils l’adorent.

 

 

En cas d’erreur de pilotage, les faibles vitesses (relativement parlant, pour une moto sur circuit) et l’agilité de la moto permettent de retrouver rapidement la bonne trajectoire, généralement en toute sécurité. Les niveaux de danger restent faibles, et en cas de chute, on tombe de moins haut, et moins vite. La combinaison de tout cela incite à repousser les propres limites, donnant un incubateur parfait pour augmenter la maniabilité et la vitesse de la moto, et du pilote !

Etant donné leur taille réduite et leur vitesse maximale relativement faible, les pilotes ont la possibilité de s’entrainer sur des circuits de karting, à proximité de chez eux. Ils se retrouvent régulièrement en Andorre, alternant avec leurs motos de Supermotard. Le tout, sans avoir besoin d’une armada d’ingénieurs pour la régler et la faire fonctionner correctement. Un entrainement à budget limité, c’est un avantage non négligeable de ces motos !

 

Un mini moto pour des maxi champions

La petite sportive vénitienne est composée d’un un châssis tubulaire, d’une fourche inversée de 33 mm, et d’un monoamortisseur. Côté freinage, elle dispose d’un étrier radial avant à quatre pistons avec disque de 180 mm, et d’un disque de 155 mm et étrier à deux pistons à l’arrière, ainsi que des roues de 10 pouces. Le poids est de 65 kg et il existe plusieurs moteurs disponibles.

Premièrement, un monocylindre deux soupapes, 4 temps, d’une cylindrée de 110 cc avec transmission à variation continue et démarrage électrique (conçu pour les plus petits) ou 160 cc avec boîte de vitesses à 4 rapports et démarrage au kick. Les puissances sont respectivement de 8 ou 16 ch. Un moteur à quatre soupapes de 190 cc est également disponible, avec une boîte de vitesses manuelle et qui atteint une puissance de 25 ch. Pour une moto de 65kg, cela devient relativement intéressant.

 

 

Afin de gagner du poids, le carénage est en fibre de verre pré-imprégné en four autoclave, le rendant plus léger que la fibre de verre normale et plus solide et surtout. Enfin, des repose-pieds réglables sont intégrés, pour trouver une posture optimale, quelle que soit la taille du pilote.

Et en ce début d’année, Ohvale a dévoilé la GP-2, avec un développement totalement revu par rapport à la GP-0 pour en améliorer les performances. Une chose est sure, on devrait voir de plus en plus de ces machines sur piste, notamment avec la catégorie Mini GP Series que la FFM promeut.

Si vous regardez les carrières de Marc Marquez, Valentino Rossi, Dani Pedrosa (en photo ci-dessous), Jorge Lorenzo, Fabio Quartararo ou encore Maverick Viñales, ils ont tous un point commun malgré la différence d’âge : ils étaient tous des pilotes de mini-motos d’exception, remportant déjà de nombreuses victoires en étant très jeunes. Ces mini motos forment des maxi champions. Fin de l’histoire.