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Bagnaia

À vrai dire, nous commençons à manquer de mots pour qualifier l’exceptionnel pilote qu’est Pecco Bagnaia. L’an passé, à Jerez, nous pensions qu’il s’agissait de sa meilleure performance en carrière, bientôt éclipsée par son chef d’œuvre de Sepang. Mais le week-end dernier, le champion du monde en titre a fait encore mieux. Les superlatifs manquent mais pour une raison inconnue, il ne semble toujours pas apprécié à sa juste valeur. Analyse d’un tour de force.

I) Pecco n’a que faire de la dynamique

Nous étions revenus sur l’importance de l’environnement et l’avions même défini dans un article dédié à la bataille Bagnaia – Quartararo en 2022, que nous vous invitons à retrouver en cliquant sur cette phrase en surbrillance.

À Jerez, il montre encore, une fois de plus s’il en fallait une, que le contexte n’a aucune incidence sur sa performance. À l’échelle de l’histoire, c’est rarissime. Pecco peut subir deux désillusions consécutives, Argentine et États-Unis, ne pas réussir à trouver un réglage optimal le vendredi et quand même briller en course.

 



Il l’avait déjà prouvé en 2022 (sa saison post Sachsenring, son dimanche à Silverstone), mais là, c’est d’autant plus flagrant que la concurrence était au rendez-vous. Cette capacité à jouer devant peu importe sa forme récente est tout simplement géniale, il n’y a pas d’autres mots pour qualifier son talent.

II) Merci à Ducati ?

Les arguments des détracteurs de Bagnaia sont de plus en plus maigres. Un élément qui n’a pas été tant souligné que cela à Jerez est pourtant déterminant dans l’appréciation de ce pilote : Ducati n’était pas la meilleure marque en piste.

KTM était la force à battre, avec deux machines très performantes et une autre en embuscade. La firme de Borgo Panigale ne pouvait réellement compter que sur Bagnaia et Marini pour assurer ce rendez-vous. Jorge Martín était présent, c’est vrai, mais il n’incarne pas – ou plus – ce danger permanent, cette fraîcheur, ce poison capable de jouer la victoire. Il était là, « à sa place » sans avoir pu prétendre au top 3. Johann Zarco, par terre, n’a rien pu faire pour aider Ducati malgré une course honnête avant sa chute.

Historiquement, l’asphalte de Jerez est assez hostile à Ducati et cela s’est encore vu ce weekend (« seulement » quatre Desmosedici dans le top 10). Mais pourtant, Bagnaia a largement dominé ceux qui partageaient la même moto que lui, un phénomène bien plus fréquent que le public ne veut l’entendre.

 

Bagnaia

Le meilleur pilote du monde. Photo : Michelin Motorsport



III) Valentino Rossi, vraiment ?

Nous vous l’accordons, la comparaison peut faire peur mais elle est parfaitement justifiée dans ce cas précis. Il faut remonter à Valentino Rossi pour retrouver un tel niveau de contrôle de la part d’un pilote. Allez, cela marche aussi pour Jorge Lorenzo mais avouez que « The Doctor » est plus évocateur.

À aucun moment, Bagnaia n’a semblé en difficulté. Sa victoire paraissait inévitable à quatre tours de la fin. C’est comme si, après avoir stagné derrière un valeureux Brad Binder, Pecco avait appuyé sur un bouton et s’était transformé.

Sa pénalité absolument injustifiée – nous reviendrons sur la direction de course incessamment sous peu – ne l’a pas perturbé le moins du monde. Il l’a accepté, a laissé passer Jack Miller, puis est reparti la tête froide à 0.8 s de Brad Binder depuis la troisième position, sur un circuit, qui, de surcroît, complique les dépassements. Maintenant que vous avez le scénario sous les yeux, citez les pilotes qui peuvent renverser une situation si défavorable en une dizaine de tours.

Valentino Rossi, Jorge Lorenzo, Mick Doohan… N’ayons pas peur des noms : Oui, nous sommes dans cette dimension. Même Marc Márquez, génie s’il en est, n’est pas un spécialiste de ces courses, lui qui a davantage tendance à gagner d’une manière plus explosive et instinctive.

Pecco Bagnaia incarne la sérénité des plus grands. Chute(s) en tête ou pas,; son QI course, ses phases de freinage, son sens du dépassement (celui qu’il colle à Jorge Martín en début de course est un bijou !), sa justesse et bien d’autres qualités en font d’ores et déjà l’un des meilleurs pilotes de tous les temps.

Qu’avez-vous pensé de son effort dimanche dernier ? Dites-le nous en commentaires !

 

Under pressure. Photo : Michelin Motorsport

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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