Depuis le début de saison, Fabio Di Giannantonio éblouit la planète moto de sa vitesse. En quatre courses, il compte déjà deux pole positions, et encore une première ligne à Jerez. Pourtant, il n’arrive pas à convertir. Certes, il est bien placé au championnat, c’est vrai, et a signé deux podiums. Mais au vu de son niveau de performance, on pouvait s’attendre à au moins une victoire, ou une bataille serrée pour la gagne. Et pourtant, ça ne vient pas. Mais pourquoi ?
Fabio Di Giannantonio a un défaut…
Cet article me permet d’évoquer un phénomène que je constate depuis 2022, soit la période où sont apparues les évolutions aérodynamiques extrêmes – qui n’ont cessé d’évoluer. Beaucoup pensent qu’il faut bien se qualifier pour performer, réaliser la pole position, si possible. Mais, en réalité, cela ne se vérifie pas statistiquement. Partir en première ligne peut aider, mais ça ne garantit aucunement un bon résultat. Pourquoi ? Car les écarts sont plus resserrés que jamais entre les motos, rien à voir, par exemple, avec la Formule 1 des années 2000 où sur certains circuits, ceux qui se qualifiaient en pole étaient assurés de l’emporter.

Est-ce grave, docteur ?
En revanche, pour gagner, il faut partir fort, tout de suite, exploser dans les premiers mètres et faire sa place instantanément. Il faut à la fois une bonne qualité de projection – une expression que j’emploie souvent, mais également une excellente capacité d’élimination. C’est pourquoi Pecco Bagnaia, lorsqu’il était la référence, réussissait à faire des remontées exceptionnelles depuis des places parfois déshonorantes sur la grille. C’est également comme ça qu’Alex Marquez et Pedro Acosta arrivent à s’illustrer. Rendez-vous compte : lors de sa monstrueuse saison 2025, Alex Marquez n’a réalisé… qu’une seule pole position, pour trois victoires dominicales, et trois victoires en Sprint. Mais le pilote Gresini parvient, parfois en exagérant sur ses dépassements d’ailleurs, à se projeter rapidement, souvent depuis la deuxième ligne. Constat similaire pour Acosta et Bezzecchi, qui réussissent toujours à se placer idéalement après le départ.
À l’inverse, il y a Bastianini, par exemple. Souvent, on disait que son défaut était sa vitesse sur un tour. Mais en 2024, lorsqu’il jouait tout devant, c’est cette fameuse qualité qui lui manquait, ses séances de qualifications n’étaient pas tout le temps horribles. Et ça me peine de le dire, mais Di Giannantonio est un peu dans la même situation. Sur les quatre départs qu’il a pris en première ligne, il n’a réussi qu’à tirer un avantage de sa pole lors du Sprint au Brésil. Et encore, ça n’était pas net, puisqu’il fut rapidement accroché par Marc Marquez – c’est arrivé aux meilleurs.
Le dimanche au Brésil, sur les deux courses à Austin, et sur les deux courses à Jerez, sa vitesse sur un tour n’a servi à rien, concrètement. Lui n’a aucun problème pour dépasser proprement, c’est sans doute le meilleur sur la grille dans cet exercice. Mais en revanche, l’envol est trop poussif, trop timide. Peut-être est-il victime de sa propreté, par rapport à Alex Marquez, typiquement, qui n’hésite pas à jouer des coudes pour se faire une place dès les premiers mètres ? C’est bien possible.
WE ARE GOOOO IN #MotoGP! 🚥
A SUPERB start by @marcmarquez93 and Bezzecchi ⚔️#SpanishGP 🇪🇸 pic.twitter.com/FQyAp95YWW
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) April 26, 2026
… Qui coûte cher
Mais alors, en quoi est-ce un problème s’il arrive à être régulier ? Les statistiques montrent que, pour s’imposer durablement en MotoGP, il faut gagner, vaincre, être le meilleur. La régularité est en réalité assez galvaudée, mais j’en avais déjà parlé il y a un petit moment maintenant. « Diggia », qui a un profil d’outsider, a un rôle précis : choquer les favoris, surprendre, et, pourquoi pas, remporter des courses. Je le considère comme un « Marco Bezzecchi 2023 », en somme. Mais la différence, c’est que, quand Marco Bezzecchi prend un bon départ, et qu’il arrive en tête, il est très difficile de le déloger. On ne peut pas en dire autant pour Di Giannantonio.
Je vous rassure, tout n’est pas perdu pour lui. Il a été assez malchanceux lors du Sprint à Austin, fauché par Marc Marquez, ainsi qu’en Thaïlande, où, parti quatrième, c’est Alex Marquez, cette fois, qu’il l’a mis dehors dès le départ du format court. Mais je pense que Di Giannantonio peut faire tellement de choses en MotoGP que je trouve dommage qu’il ait ce défaut. Il est à ça d’être le pilote le plus flamboyant de la grille. En revanche, s’il vient à maîtriser ses départs et se faire respecter dans les premiers virages, on pourrait être en présence d’un véritable et assumé prétendant à la victoire à chaque sortie.
Aviez-vous remarqué ce petit défaut dans son jeu ? Dites-le-nous en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Il reste l’un de mes pilotes préférés. Photo : Michelin Motorsport
Photo de couverture : Michelin Motorsport































