Moto GP
Publié le 6 juillet 2026 • 20:30 par Nicolas Pascual

Rétro : Les pilotes Marc VDS les plus marquants

Marc VDS est l’une des équipes emblématiques du Championnat du monde de vitesse moto. Quels pilotes retenir de cette aventure ?

Marc VDS

Marc van der Straten est malheureusement décédé hier. Pour rendre hommage à ce nom désormais mythique en sports mécaniques, je veux aujourd’hui vous proposer une petite rétrospective des pilotes marquants passés par sa formation Marc VDS ; en effet, tout a déjà été raconté à son sujet, alors pourquoi ne pas opter pour l’option la plus intime. Vous êtes prêts pour un petit voyage en passant par l’avenue des souvenirs ? C’est parti !

 

Marc VDS, une institution

 

En préambule, je voulais quand même rappeler ce que Marc VDS représentait il y a quelques années. En effet, ces dernières saisons, l’équipe est un peu moins performante, que ce soit du côté auto ou moto. Mais au milieu des années 2010, Marc VDS était vraiment une force majeure sur deux roues, une institution qui m’a vraiment marqué en tant que passionné.

Tout commence par un emblème et des couleurs. Il est rare, de nos jours, que certaines équipes s’attachent autant à un design, il devient même difficile de différencier les pilotes par leurs casques, alors que c’était tout à fait possible il y a 20 ans, et presque obligatoire dans les années 1970. Pour moi, Marc VDS Racing Team incarne cette identité à l’ancienne, avec cette tête de félin stylisée sur toutes les voitures et motos employées par l’équipe. Je trouve qu’on manque de ce type de repères dans les paddocks, de nos jours. Au premier coup d’œil, on peut identifier l’une de ses machines.

 

Marc VDS
Des couleurs uniques, ici sur Tito Rabat en 2014 (gauche). Rabat n’a pas eu la sortie qu’il méritait en MotoGP. Photo : Box Repsol

 

Et puis, il y a ces couleurs, avec ce jaune vif associé à ce bordeaux sombre, souvent sur un fond gris métallisé. Il y a aussi eu l’époque de l’association avec Estrella Galicia, qui ajoutait du bleu, mais le colorway iconique restera toujours celui précédemment évoqué. C’est très souvent sous-estimé, mais ces paramètres sont essentiels dans des sports aussi visuels que les disciplines motorisées, et c’est une dimension que je retiens de l’aventure belge.

 

Deux pilotes emblématiques

 

Au fil des années, il a fait rouler pas mal de pilotes dont on retient facilement le nom. Je n’évoque ici que la moto, car j’adorerais vous parler de Bertand Baguette et de Maxime Martin pendant des heures, mais mes élucubrations vous ennuieraient probablement. En Grands Prix motos, l’équipe Marc VDS est souvent associée au Moto2, la catégorie intermédiaire. En effet, elle fut l’une des premières à s’y engager, dès 2010, avec le châssis Suter. Puis, le Kalex fut préféré à partir de 2012, avant de passer au Boscoscuro en 2025.

Au total, trois pilotes ont été titrés pour Marc VDS dans cette classe : Tito Rabat, en 2014, Franco Morbidelli, en 2017, et Alex Marquez, en 2019. Personnellement, j’ai aimé les trois, mais pas plus que de raison. Oui, ils sont associés à Marc VDS, mais j’ai de bons souvenirs de Morbidelli chez Italtrans, de Rabat chez Pons, et d’Alex Marquez avec… Estrella Galicia. Oui, le petit frère de Marc était associé aux bières espagnoles depuis ses années Monlau et le CEV. Du coup, ce ne sont pas des pilotes que j’associe immédiatement avec Marc VDS, aussi, car ils ont eu une carrière significative par la suite en MotoGP.

Je veux vous parler de deux pilotes, qui, pour moi, incarnent davantage cette aventure. Tout d’abord, Sam Lowes. L’Anglais, au gros cœur, a rebondi en Moto2 chez Marc VDS après deux saisons ratées dans cette même catégorie, qui était en fait une redescente après un passage manqué en MotoGP. L’équipe représentait son salut, et, franchement, il leur a fait honneur. Durant cette saison 2020 et alors qu’il était un total outsider, Sam Lowes a brillé, se battant, diminué physiquement, pour le titre mondial jusqu’au bout. Au final, il n’a fini que troisième, mais ce classement ne raconte pas tout, loin de là.

 

Bien sûr, il y a cette victoire de Miller à Assen en 2016. Mais ça ne fait pas de l’Australien un pilote que j’associe immédiatement à Marc VDS. Photo : Michelin Motorsport

 

Depuis ce Grand Prix du Portugal dont je garde un souvenir ému, Lowes est relié à Marc VDS dans mon esprit. D’ailleurs, il faut noter que sa femme, Marina Rossi, travaille comme coordinatrice pour la formation, ce qui signifie que l’alchimie est présente à tous les niveaux entre les deux entités. Il a continué en Moto2 pour eux jusqu’en 2023, avant de passer en WSBK, toujours pour le compte de Marc VDS, jusqu’à nos jours. Ce n’est plus qu’un simple pilote, il fait partie de la famille.

Pourtant, dans mon cœur, un autre britannique tient encore plus de place. Scott Redding, bien sûr. J’étais absolument fan de lui au début des années 2010. Voir ce grand dadais arrogant s’imposer et toiser certains des meilleurs prospects de tous les temps me régalait. Et puis, il a fait partie de l’aventure Marc VDS depuis la toute première course du championnat Moto2, en 2010. Pendant quatre ans, il a fait de cette équipe l’une des forces du plateau. Quand il bat Marc Marquez à Silverstone en 2012 ? C’est pour Marc VDS. Quand il est un clair candidat au titre mondial 2013 face à Pol Espargaro, véritable crack ? C’est pour Marc VDS. Redding a été de toutes les joies et les peines au début d’un périple qui dure encore. Lui qui a d’ailleurs été le premier pilote Marc VDS en MotoGP, lorsqu’ils n’y engageaient qu’une moto en 2015, m’a fait rêver.

Je me souviendrai toujours de cette victoire au Grand Prix de Grande-Bretagne Moto2 2013, de son casque « loup », de la livrée de sa moto mêlant le jaune, le bordeaux, le gris et l’Union Jack, mais surtout, de la célébration « salamandre » dans le bac à graviers. Encore aujourd’hui, je regrette amèrement cette fin d’exercice qui aurait dû couronner ce pilote aussi fantasque qu’impressionnant, sans rien enlever à Pol Espargaro, bien sûr, à qui le mérite de cette remontée de trente points revient.

Dites-moi en commentaires si c’est votre cas, mais le regretté Marc van der Straten sera toujours, dans mon esprit au moins, associé à Scott Redding. Toute l’équipe de paddock-gp s’associe à la douleur de la famille dans ces temps difficiles, et espère que cette formation retrouvera un jour le sommet.

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Redding à Silverstone, c’était du sûr.

 

Photo de couverture : Box Repsol