Un mystérieux justicier fait parler de lui au Mexique. Surnommé le « Batman de Lagos de Moreno », cet individu anonyme a décidé de s’attaquer à lui-même au problème des vols de motos dans la ville de l’État de Jalisco. Depuis la seconde moitié du mois de juin, plusieurs personnes soupçonnées d’avoir volé des motos ont été retrouvées entièrement enveloppées de ruban adhésif, attachées à des lampadaires ou des poteaux, avec la moto volée stationnée juste à côté. Sur leur front, des inscriptions comme « voleur ».
Dans de nombreuses villes, les vols de motos alimentent un sentiment d’impuissance chez les propriétaires. À Lagos de Moreno, dans l’État mexicain de Jalisco, un mystérieux justicier a décidé de répondre à sa manière. Son surnom est déjà tout trouvé : le « Batman du Mexique ».
Depuis la mi-juin, plusieurs personnes soupçonnées d’avoir volé des motos ont été retrouvées dans une mise en scène particulièrement spectaculaire : entièrement ligotées avec du ruban adhésif à des lampadaires ou à des poteaux d’éclairage, parfois avec le mot « voleur » inscrit sur le front ou des moustaches dessinées pour accentuer leur humiliation. À quelques mètres de là, les motos présumées volées étaient souvent exposées comme autant de pièces à conviction.
Les images ont rapidement envahi les réseaux sociaux, où ce mystérieux justicier est devenu un phénomène viral. Beaucoup y voient un homme qui agit là où les autorités peinent à enrayer une hausse des vols de motos signalée ces derniers mois dans la région de Lagos de Moreno.

Un soutien populaire… mais une infraction pénale
Cette popularité ne change cependant rien à la position des autorités. Même si certaines motos retrouvées avaient effectivement été signalées comme volées, cela ne confère aucun droit à un particulier de priver d’autres personnes de leur liberté ou de leur infliger une humiliation publique.
Les personnes retrouvées attachées sont donc considérées, sur le plan juridique, comme des victimes potentielles d’infractions telles que séquestration, privation illégale de liberté, coercition, violences ou voies de fait. Parallèlement, elles peuvent également faire l’objet d’enquêtes distinctes si des éléments permettent d’établir leur implication dans des vols de motos.
Le Secrétariat à la sécurité de l’État de Jalisco a ouvert une enquête afin d’identifier l’auteur de ces actions. Celui qui prétendait poursuivre les voleurs est désormais lui-même recherché par la police.
Cette affaire illustre surtout un phénomène bien connu des spécialistes de la sécurité : lorsque la population estime que la justice ne répond plus suffisamment aux actes de délinquance, certains individus peuvent être tentés de se substituer aux institutions.
Ces initiatives peuvent susciter une forme d’approbation populaire, notamment chez les victimes de vols répétés. Mais elles comportent des risques majeurs : une personne innocente peut être ciblée par erreur, aucune garantie de procédure ou de défense n’existe, l’escalade de la violence devient difficile à contrôler et l’État perd progressivement le monopole de la justice.
C’est précisément pour cette raison que, dans un État de droit, même lorsqu’une personne est soupçonnée d’avoir commis un vol, son arrestation et son jugement relèvent des autorités compétentes et des tribunaux, et non de justiciers autoproclamés.
Le « Batman du Mexique » est ainsi devenu le symbole d’un profond malaise : celui d’une population confrontée à une criminalité persistante, mais aussi des dangers que représente une justice rendue en dehors du cadre légal.





























