Le pilote espagnol Albert Arenas (AS BLU CRU Racing Team) domine actuellement la catégorie Supersport du Championnat du Monde Superbike (WorldSBK) après avoir quitté le Moto2 fin 2025 : voici son interview !
Albert Arenas a rejoint le Moto3 à plein temps courant 2016, substituant Alexis Masbou chez Peugeot MC Saxoprint. Vice-Champion du FIM CEV Repsol Moto3 en 2015, l’Espagnol marque ses premiers points au Japon, puis migre chez Aspar Mahindra pour 2017. Mais sa carrière en petite catégorie est émaillée de graves blessures jusqu’en 2020, où il signe trois triomphes sur les cinq premiers rendez-vous et mène le Championnat dans sa quasi-intégralité pour être couronné à Portimão.
2021 est l’année du grand saut en Moto2. Il effectue un joli
bond dans la hiérarchie en 2022 avec un total de neuf tops 10
décrochés, de quoi lui valoir de se faire repérer par le
prestigieux team Red Bull KTM Ajo. Dominé par son coéquipier Pedro
Acosta, le n°75 signe tout de même son premier podium dans la
catégorie en Catalogne mais ne se classe que 14e au Championnat du
Monde. L’Espagnol passe dans le garage de QJMOTOR GRESINI Moto2 en
2024, où il termine également 14e.
2025 le verra finir 8e du championnat, ce qui ne suffira pas à le
maintenir dans une catégorie accueillant bon nombre de très jeunes
espoirs.
En 2026, il est actuellement en tête du classement général du Supersport, suivi par Valentin Debise (EASTROC ZXMOTO Evan Bros Factory) à 56 points) et Jaume Masia (Orelac Racing Verdnatura) à 72 unités.
Il a accordé une interview exclusive à Alba Casares pour Motosan.es lors de la manche Superbike sur le circuit MotorLand Aragón, juste avant le week-end à Misano où il a marqué les gros points d’une 2e place et d’une victoire.
Sixième manche du championnat, à
mi-saison, quel est votre bilan jusqu’à présent
?
« Franchement, ce championnat est
passionnant et je progresse bien. Je suis content de mon adaptation
et du respect du plan. Il était important de m’adapter au paddock,
à ce nouveau format, et aussi d’apprendre de nouveaux circuits. Il
m’en reste encore quelques-uns à maîtriser, mais je pense que nous
sommes sur la bonne voie. Et évidemment, je suis satisfait de la
régularité et des résultats obtenus. »
Pour votre première année dans ce
championnat, vous êtes parmi les favoris, vous obtenez d’excellents
résultats et vous êtes en tête. Comment vous sentez-vous
?
« Je
me sens super bien. Honnêtement, je suis avant tout très heureux de
l’opportunité que Yamaha m’offre. Je suis ravi du travail de toute
l’équipe. Je ne m’attendais vraiment pas à un tel
professionnalisme, surtout de leur part. Ils sont incroyablement
précis. Je suis vraiment surpris. Et cela me permet de progresser
encore, car je suis aussi un pilote très méthodique et travailleur,
et nous formons une excellente équipe. La moto fonctionne à
merveille. Dans ce championnat, il faut garder à l’esprit que selon
le circuit, les constructeurs et les motos sont différents. Il peut
y avoir un circuit où une moto est plus performante qu’une autre.
Il faut apprendre à le faire, il faut s’adapter. C’est aussi
quelque chose de nouveau pour moi. Je m’y adapte et je suis content
de la façon dont je progresse. »
Avez-vous dû adapter un peu votre style de
pilotage à cette moto ?
«
Oui, bien sûr, c’est un peu différent. Il faut
être un peu plus précis car la moto n’aime pas qu’on la pousse
trop. Mais bon, elle est vraiment super, je suis content de ses
performances. Elle est amusante, elle a beaucoup de couple, une
bonne accélération et elle freine très bien. Oui, je suis satisfait
de son comportement. Elle pourrait peut-être avoir un peu plus de
puissance, mais bon, au final c’est pareil pour tout le monde et la
vérité, c’est que ça se passe bien. »
Et quel a été le plus grand défi pour vous à
vos débuts dans cette catégorie ?
« Je dirais avant tout l’état
d’esprit. Le changement d’état d’esprit que j’ai dû opérer.
Intégrer une nouvelle équipe est difficile car on est habitué à une
structure et un fonctionnement différents. Il y a aussi la
dynamique, les horaires, le fonctionnement général. C’est à cela
que j’ai dû m’adapter le plus. »
Vous avez décroché la pole position ici en
Aragon. Vous avez terminé deuxième, si près de la victoire ! Que
s’est-il passé dans le dernier tour (samedi) ?
« C’était
compliqué car j’ai décidé de m’échapper du peloton. Je voulais
attaquer et imposer mon rythme, et la Ducati de Zaccone nous a
rattrapés. Il avait un secteur 4 ultra-rapide, et lors du Warm Up,
il était quatre dixièmes plus rapide que nous dans ce secteur, donc
je savais qu’il était très fort. Je ne savais pas où j’en étais
dans ce dernier tour ; c’était un peu délicat à gérer, et je ne
voulais pas de problèmes. Après Most, je voulais imposer mon
rythme, montrer que nous sommes les plus rapides actuellement, et
je pense qu’une première ou une deuxième place aujourd’hui nous
suffit. Demain, nous essaierons peut-être une stratégie différente
et nous viserons la victoire pour ne pas la laisser
filer. »
Enfin, quels sont vos objectifs pour le
reste de la saison ?
«
Je pense continuer sur cette lancée, essayer de
remporter quelques victoires supplémentaires, mais surtout rester
régulier, tirer le meilleur parti de la Yamaha et, surtout,
apprendre les circuits sur lesquels je n’ai pas encore couru. Je
pense que ce sera un point important cette année ; bien
connaître ces circuits est essentiel pour
l’avenir. »

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