L’Australie est une grande nation. Par la taille, certes, mais aussi par la stature. D’abord influencée par les autres pays majeurs du Commonwealth, la culture évolua au fil des années pour épouser de nouveau standards. Ainsi, certains sports sont endémiques au pays-continent. Ce n’est pas le cas de la moto.

Depuis toujours, les courses automobiles, puis motocyclistes rythmèrent la vie des jeunes australiens. La MotoGP, comme la Formule 1, n’échappe pas à son lot « d’aussies », présents depuis toujours. Revenons ensemble sur les dix plus grands pilotes Australiens en Grands Prix motos.

Le lien vers la première partie, qui explicite les règles ainsi que les critères de sélection, est trouvable ici même.

Cet épisode fait suite à la deuxième partie, parue hier.


N°8 : Kevin Magee


Revenons plus près de nous dans le temps pour nous arrêter sur cet OVNI. Magee, c’était soit top 5, soit chute. Il y eut rarement, dans l’histoire des Grands Prix, des pilotes on/off de son calibre. Arrivé en mondial en 1987 sous l’impulsion du « King » Kenny Roberts, il réalise trois wildcards à son image. Une chute, une dixième place dans des conditions difficiles et un podium, acquis au Portugal.

Roberts – Yamaha l’engage à plein temps pour 1988, une époque où la concurrence était fort rude. Il tombe lors de la deuxième course de la saison, mais parvient à remporter le Grand Prix suivant, en Espagne, avec la pole et le meilleur tour en course ! L’énigme Magee n’est toujours pas résolue de nos jours.

La machine de Magee, à Donington en 1989. Photo : Stu Newby

Le reste de la saison est satisfaisant, bien que sans podium. Les problèmes arrivent en 1989. À la suite d’un début de saison fracassant, il commet une bévue à Laguna Seca en burnant sur la piste après l’abaissement du drapeau à damiers. Mal placé, Bubba Schubert ne peut l’éviter. Ce crash met immédiatement fin à la carrière de ce dernier.

Le début des pépins en somme. Après un retour en 1989, Magee se blessera de nouveau, beaucoup plus lourdement cette fois, l’année suivante. L’accident avec Schubert fut dévastateur, et plus jamais le Magee « cuvée 1988 » ne se présenta au départ. Après une énième wildcard en 1993, l’australien mit fin à sa carrière motocycliste. Un OVNI parmi les mortels, rangé en 8e position de ce top 10.


N°7 : Gary McCoy

 

Certains l’auraient sans doute classé plus haut, mais dans ce présent top 10, le casse-cou des années 1990 par excellence termine 7e. Contrairement à Magee, sa carrière fut plutôt longue, quand cela est mis en relation avec son pilotage à la limite, tout en dérapage. Ayant appris l’art de la glisse sur speedway, en dirt track, McCoy se distingue par son attaque légendaire. Le problème est le même que pour son prédécesseur au classement : des résultats inégaux, en rapport direct avec son style de pilotage.

De 1992 à 1997, il écuma la catégorie 125cc, sans succès probant. À l’image d’un Jack Miller, il passe directement en 500cc l’année suivante. Les premières blessures arrivent vite, trop vite. Sans guidon pour 1999, il est contraint d’attendre une opportunité soudaine.

La mythique livrée Red Bull sur les YZR 500. Photo : Yamaha Community

Le destin se nomme Yamaha RedBull WCM. En remplacement de Simon Crafar, il fait le show durant la deuxième partie de saison. Assurément l’un des pilotes les plus populaires et spectaculaires de sa génération.

Contre toute attente, il remporte la manche d’ouverture du mondial 2000. Cette magnifique saison sera ponctuée de deux autres succès consécutifs, au Portugal et à Valence. Une cinquième place au général marque sa meilleure performance en carrière. Malencontreusement, il ne pourra réitérer. Une vilaine blessure, puis l’arrivée des 4 temps en 2002 eurent raison du sympathique “aussie”. Une carrière en dents de scie, mais un showman invétéré. McCoy pointe en 7e place de ce classement.

Demain, nous aurons l’occasion de découvrir les places n°6 et n°5 du top 10.

 

Photo de couverture : Stu Newby