Bautista a été voulu par Honda pour être le fer de lance d’un nouveau projet WSBK avec la nouvelle CBR1000RR-R. Débauché de chez Ducati où il s’était forgé rapidement un palmarès intéressant, malgré le titre manqué, le couple formé par le pilote espagnol ancien des Grands Prix et le premier constructeur mondial était attendu et même craint. Nous voilà à la deuxième saison de cette aventure et, pour le moment, il faut bien reconnaître que la montagne a accouché d’une souris. On est loin des grandes ambitions affichées. A tel point qu’il commence à y avoir de l’eau dans le gaz…

Alvaro Bautista attendait certainement plus de Honda et la marque espérait sans doute mieux de son pilote. C’est l’ambiance qui règne actuellement dans le box HRC en WSBK où les occasions de se réjouir depuis maintenant deux ans sont aussi rares que celles en cours en MotoGP. La différence étant qu’en Superbike, la tristesse risque de durer, car dans cette catégorie, Honda n’a pas un Marc Marquez pour sauver la mise.

Les Japonais ont en revanche Leon Haslam, qui travaille durement et en silence, et Alvaro Bautista, qui s’emploie sans doute autant, mais avec moins de discrétion à propos d’une situation compliquée. L’Espagnol, que son employeur a découvert blessé lors de l’intersaison, est même assez critique sur la façon dont ce projet a été monté. Ainsi, bien qu’aussi puissante et rapide que la Panigale V4, la dernière version de la Honda CBR1000RR-R est une transformation profonde du modèle précédent, mais pas une révolution.

Il y avait pourtant des spéculations sur une possible VFR 1000, avec un moteur V4, rappelant les mythiques et primées RC30 et RC45. Mais Honda a préféré continuer à travailler sur la gamme CBR. Ainsi, le 4 cylindres a été maintenu en ligne et le châssis, bien que révisé, est essentiellement celui de la précédente CBR. Un ensemble que Bautista évalue diplomatiquement comme excellent moto pour la route, mais insuffisant pour gagner des courses.

L’ancien des Grands Prix fait même cette précision qui fera grincer des dents à Tokyo : « le moteur a beaucoup de puissance, mais le châssis a été construit sans avoir établi sa norme avec des tests, il a été réalisé sans références. Je ne sais pas si je m’explique bien : aucun test n’a été fait avant de construire la moto ».

Bautista

Bautista : « nous ne pouvons rien faire pour améliorer la situation actuelle »

Pourtant, durant l’intersaison, il avait été dit que l’usine Honda s’était penchée sur sa machine et notamment son électronique, et que, cette année, on se rendrait compte que le premier opus élaboré en plein confinement n’avait été qu’un premier jet à ranger au rayon des souvenirs. Mais force est de constater que rien n’a vraiment changé d’une saison à l’autre : « j’attendais beaucoup plus en ce début de saison, nous ne pouvons rien faire pour améliorer la situation actuelle. Nous ne pouvons que continuer à travailler et essayer d’être meilleurs à l’avenir », a déclaré l’Espagnol dans une interview reprise par Solomoto.

Bautista ajoute : « ce n’est pas qu’il y a une chose qui nous manque par rapport à une autre : quand je suis en piste, les différences avec mes rivaux sont très faibles, mais c’est que la moto a besoin de s’améliorer dans tous les domaines ». Álvaro donne la saison pratiquement perdue et souligne que l’expérience de ces deux années devrait servir à créer une nouvelle moto : « la réglementation nous interdit d’apporter des modifications majeures au moteur ou au châssis. Cela rend difficile la progression dans la saison. Nous devons collecter un maximum d’informations pour le prochain modèle et ainsi pouvoir faire un grand pas en avant ».

Bautista sait que Honda a travaillé dur, mais que les limites de sa CBR étaient évidentes le week-end dernier à Donington : « en général, ça a été un week-end difficile. Vendredi, nous avons essayé quelque chose de différent avec la configuration, juste pour vérifier quelques éléments et recueillir des informations, mais cela n’a pas fonctionné comme prévu, nous sommes donc revenus à une configuration plus traditionnelle », explique Bautista.

« Nous avons réussi à terminer parmi les dix premiers, mais, franchement, ce n’est pas ce que nous voulons. Nous devons nous améliorer à partir de maintenant parce que nous voulons faire beaucoup mieux, bien sûr ». L’Espagnol termine aussi avec ce constat : « la différence que nous avons avec les pilotes devant est un peu plus importante que l’an dernier, mais maintenant, en plus, il y a plus de pilotes qui vont bien. C’est l’une des raisons pour lesquelles nos résultats sont pires que l’an dernier ». Sur ce point, on rappellera qu’à Donington, on a vu des BMW sur le podium.

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