Entre Kawasaki et la FIM, il y a comme un pic de tension en Aragon, site qui lance ce week-end le championnat réservé aux machines issues de la série. La réglementation en WSBK a souvent été une pomme de discorde. Les échanges assez vifs entre Kawasaki et la FIM depuis la sortie du tableau des régimes maxi à prendre par le moteur de chaque constructeur en est un nouvel exemple. Trois jours avant le début des hostilités en Aragon, Kawasaki a découvert que sa nouvelle ZX-10RR ne pourrait pas prendre plus de tours que la précédente version. Et c’est 1 500 tr/mn de moins que la rivale Ducati. Le pilote du Ninja Jonathan Rea a dit ce qu’il en pensait…

Chez Kawasaki on serait vert de colère. La faute à ce tableau des régimes moteur maxi présentés par la FIM aux constructeurs en lice en WSBK. Et qui a suscité l’incompréhension au sein du staff de la marque d’Akasahi. Le chef mécanicien Pere Riba a regretté les mesures fédérales prises. Et après la première journée en Aragon, Jonathan Rea est aussi sorti du bois sur le sujet : « c’est frustrant car c’est une décision qui a été prise vendredi dernier », a déclaré le sextuple Champion du Monde de la série. « C’est frustrant pour moi parce que cette nouvelle a été annoncée très tard. Mais en fin de compte, c’est comme l’an dernier. La vitesse est la même ».

L’équipier d’Alex Lowes a du mal avec les arguments de la FIM. « Ce n’est pas le même moteur. C’est un moteur différent avec des entrailles différentes », explique Rea. « Nous avons de nouveaux pistons et d’autres pièces mobiles sont également nouvelles. Alors, qu’est-ce qu’un nouveau moteur ? Cela signifie-t-il qu’un constructeur doit investir des millions dans le championnat du monde de Superbike afin de développer une toute nouvelle génération de moteurs ? Ce n’est pas dans l’esprit du superbike », se plaint le Nord-Irlandais. « Cela rend les choses très difficiles car les fabricants ne peuvent pas faire de changements tous les deux ou trois ans. Dans le passé, il y avait un nouveau modèle tous les quatre ans ».

Bien que Kawasaki ait présenté une machine révisée en hiver qui peut atteindre des vitesses plus élevées avec des entrailles de moteur plus légères, la marque devra utiliser la vitesse de rotation maxi de 2020 cette année. Lors des essais hivernaux, Jonathan Rea et Alex Lowes ont roulé à une vitesse maximale de 15 100 tours par minute. Mais la FIM a classé la Kawasaki 2021 avec 14 600 tours par minute. La raison en est que le moteur n’est pas neuf et qu’il ne doit donc pas tourner plus haut.

Kawasaki FIM Rea

Entre Kawasaki et la FIM, l’incompréhension est totale

Cependant malgré la faible vitesse maximale, le moteur 2021 est un pas en avant selon le même Rea : « notre moto a plus de puissance que l’an dernier ». Des reproches, des remarques et une incompréhension qui n’ont évidemment pas échappé à Scott Smart, responsable de la FIM. Sur la sellette, le directeur technique a répondu au clan Kawasaki : « tout d’abord, je voudrais dire que l’homologation d’une moto n’est pas la même chose que le règlement technique. A travers l’homologation nous vérifiez la moto et nous voyons si les documents présentés correspondent à la réalité ».

« Dès qu’un constructeur apporte des modifications à sa moto, ces documents doivent être adaptés. Par exemple, si vous changez quelque chose dans le débit d’huile dans le moteur, c’est-à-dire une petite chose, une nouvelle homologation n’est pas nécessaire, en fait il suffit de tout noter dans les documents. Une nouvelle homologation est nécessaire s’il y a des changements majeurs comme un nouveau châssis ou si des pièces importantes du moteur sont changées » rappelle-t-il.

Scott Smart entre alors dans le fond du problème sur Speedweek : « la nouvelle Kawasaki a un nouveau carénage et d’autres nouveaux composants, mais le moteur reste le même que de base, puisque la seule vraie nouveauté est représentée par le piston. Le reste est le même. En 2019, par exemple, Kawasaki avait un nouveau moteur, à tel point que la culasse était neuve et que le moteur fonctionnait également différemment. Mais maintenant, il n’y a pas de changement radical, en fait ils se sont trompés sur cette situation. Je dirais que les règles parlent d’elles-mêmes et que la FIM a simplement appliqué les règles ». La FIM renvoie donc Kawasaki à ses chères études. L’incompréhension entre les deux parties semblent consommées…

Directeur Technique FIM Scott Smart

WSBK Aragon : Chronos J1

 



Tous les articles sur les Pilotes : Jonathan Rea