Le paddock tremble sur ses bases. Jorge « Aspar » Martinez, légende vivante du championnat, prépare l’entrée de son équipe en MotoGP dès 2027. Partenaire privilégié de CF Moto, le maître de Guadassuar pourrait profiter des moteurs KTM pour lancer sa propre structure. Conséquence immédiate : Tech3, l’équipe satellite de la marque autrichienne serait poussée vers la sortie et devrait trouver refuge chez Honda. Un jeu de chaises musicales qui redessine complètement la grille.
De la base de Guadassuar au sommet du monde. Le projet Aspar n’a cessé de grandir, et Jorge Martinez, quadruple champion du monde comme pilote et seize fois comme team manager, ne s’arrête jamais. Aujourd’hui, son équipe est l’un des piliers des catégories intermédiaires. Demain, elle pourrait bien investir la cour des grands.
Le partenariat avec CF Moto change la donne. La marque chinoise, fondée en 1989, est devenue un acteur incontournable. Elle co-entreprend avec KTM depuis 2017, produit des moteurs de grosse cylindrée pour le compte de l’Autrichien, et bénéficie en retour du savoir-faire européen.
En Moto3, l’alliance a déjà porté ses fruits : titre mondial en 2024 avec David Alonso. En Moto2, les progrès sont constants. L’étape suivante, c’est la MotoGP.
« L’éventualité d’un premier départ dès la saison prochaine sous la marque CF Moto, avec des moteurs KTM, se précise », confirme GPOne.

L’effet domino Aspar : Tech3 libéré, Honda récupère la place
L’arrivée d’Aspar en MotoGP ne se ferait pas en douceur. Au contraire, elle provoquerait un séisme. Car pour accueillir une nouvelle équipe, il faut de la place. Et cette place, Carmelo Ezpeleta l’a conservée précieusement depuis le retrait de Suzuki. Elle est vacante, mais convoitée.
Si Aspar s’installe avec CF Moto et des moteurs KTM, que devient Tech3 ? L’équipe de Guenther Steiner, actuelle satellite du constructeur autrichien, se retrouverait sans motorisation. La solution la plus évoquée : un transfert pur et simple chez Honda.
Tech3, actuellement liée à KTM, pourrait se détacher et passer chez Honda, permettant ainsi au constructeur japonais d’aligner six motos sur la grille, à égalité avec Ducati.
Un scénario qui aurait tout pour plaire chez HRC. L’usine japonaise traverse une crise profonde. Disposer de deux équipes satellites (LCR et Tech3) lui offrirait davantage de données, plus de possibilités de développement, et un vivier de pilotes élargi.
Derrière ce projet, il y a une philosophie. Jorge Martinez ne se contente pas d’aligner des motos. Il crée un écosystème complet.
« Sans aucun doute, je me sens extrêmement chanceux. D’une part, avoir été pilote, ce que je souhaitais, puis champion du monde ; pour moi, c’est incomparable. D’autre part, en tant qu’entrepreneur, pouvoir laisser un héritage, avec une école, un circuit, une équipe, et continuer à former les nouvelles générations », confie-t-il à Marca.
Le circuit Aspar de Guadassuar est bien plus qu’une piste. C’est une académie de mécaniciens, d’ingénieurs, et un centre de développement. Plus de 200 pilotes de trente nationalités y sont passés.
CF Moto n’en est pas à son coup d’essai. La marque chinoise, riche de centaines d’ingénieurs et de brevets, est déjà présente dans plus de 100 pays. Son alliance avec KTM lui donne une crédibilité technique.
Mais attention : utiliser des moteurs KTM ne signifie pas devenir KTM. Aspar conserverait son identité, sa structure, et son indépendance. Une équipe « privée » au sens noble du terme, mais avec un soutien industriel de poids.
Pendant que les projecteurs se braquent sur l’arrivée potentielle en MotoGP, Aspar continue de régner sur les catégories inférieures. En Moto3, Maximo Quiles (protégé de Marc Marquez) et Marco Morelli mènent la danse. En Moto2, Dani Holgado et David Alonso, le champion Moto3 2024, visent le titre.
La relève est prête. Et demain, peut-être, ces mêmes pilotes défendront les couleurs d’Aspar en MotoGP.
Jorge Martinez a toujours vu grand. Quadruple champion du monde en selle, sextuple champion en box, il veut aujourd’hui marquer l’histoire comme patron d’équipe. CF Moto lui tend les bras. KTM lui fournit les moteurs. Et Tech3, poussée dehors, rebondit chez Honda. Le MotoGP de demain sera chinois, espagnol, autrichien et japonais. Mais surtout, il sera bouillonnant. Une seule certitude : avec Aspar, on n’a pas fini d’en entendre parler.
































