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Pedro Acosta

Le MotoGP devient-il un piège à pilotes ? À seulement 22 ans, Pedro Acosta n’a pas attendu d’être un vieux briscard pour alerter sur une dérive qu’il juge dangereuse. Le prodige espagnol ne critique pas le nombre de courses, mais l’intensité infernale des week-ends. Selon lui, le format actuel – avec ses sessions capitales dès le vendredi – ronge les corps et les têtes. « Les carrières deviennent plus courtes », prévient-il.

Le constat est partagé par de nombreux pilotes, mais rarement exprimé avec autant de lucidité. Pedro Acosta, qui disputera sa troisième saison en MotoGP en 2027, ne mâche pas ses mots. Le problème n’est pas tant le nombre de courses (22 cette saison), mais la densité de chaque week-end.

Acosta déplore la disparition des week-ends à progression douce. Autrefois, un pilote pouvait utiliser les essais pour trouver ses marques, monter en régime, et attaquer vraiment le samedi ou le dimanche.

Aujourd’hui, chaque session est une finale. « Ce n’est plus cette époque où tu peux dire : « Ok, je sors, je trouve mon rythme, étape par étape » », explique l’Espagnol dans un entretien à Motorsport-Total.com. « Chaque jour, tu as une séance importante. Et ça, 22 fois par an. »

La conséquence directe, selon lui, est une pression constante. Finis le tâtonnement et l’apprentissage. Place au « mode qualif » permanent. Résultat : plus d’erreurs, plus de risques.

L’avertissement d’Acosta est clair. Le corps humain n’est pas conçu pour encaisser 22 week-ends de cette intensité.

« C’est une bonne idée le format sprint, mais ce que je trouve problématique avec le calendrier, c’est que les carrières des pilotes deviennent plus courtes. » Selon lui, il y a une limite à ne pas franchir.

Pedro Acosta : « le niveau de stress que nous devons supporter va finir par atteindre une limite »

« Il n’y a aucun moyen de tenir 22 semaines si chaque après-midi, tu as une séance importante : les essais, les qualifications, le sprint, puis la course principale. » Et d’ajouter, plus alarmiste encore :« Cela va tout raccourcir, parce que le niveau de stress que nous devons supporter va finir par atteindre une limite. »

Acosta précise qu’il n’est pas opposé aux courses sprint. Il les trouve même pertinentes sur le principe. Le problème, c’est la combinaison de toutes les sessions au sein d’un même week-end.

« Je pense que les courses sprint sont une bonne idée. Les qualifications plus courtes aussi. Le problème, c’est la quantité de sessions intenses. »

Le risque, selon lui, n’est pas seulement la fatigue. C’est aussi l’accident. Un pilote poussé dans ses retranchements finit par tomber. Et une chute peut entraîner des conséquences durables.

« Quand le niveau de la compétition augmente, la probabilité de se blesser augmente aussi. C’est la seule chose à laquelle je pense – pas au nombre de courses. »

Interrogé sur ses propres perspectives à long terme, Acosta ne se voit pas courir jusqu’à 35 ans comme les anciens.  Mais c’est surtout l’évocation de l’Amérique qui intrigue. L’Espagnol avoue suivre assidûment le championnat MotoAmerica.

Il y voit un modèle de pression moindre, de plaisir retrouvé, et de découverte de nouveaux circuits. « Pourquoi pas, un jour, aller là-bas et découvrir de nouveaux circuits sans pression ? », se projète-t-il.

Un aveu qui en dit long sur l’état d’esprit d’une génération de pilotes. Aujourd’hui, le MotoGP est un combat permanent. Demain, certains préféreront peut-être la liberté.

Pedro Acosta a 22 ans. Il est l’un des grands espoirs du MotoGP. Et pourtant, il tire déjà le signal d’alarme. Le format actuel, avec son intensité extrême, use trop vite les corps et les esprits. Les carrières s’écourteraient. Le plaisir s’effriterait. La tentation d’ailleurs grandirait. Ce n’est pas un caprice de jeune homme. C’est un cri d’alerte sur l’avenir de tout un sport. Dorna et Liberty Media feraient bien de l’entendre. Avant que les pilotes ne partent ailleurs.

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