Au fond du gouffre, les géants japonais attendent leur heure. Tandis que Ducati, Aprilia et KTM se partagent les lauriers, Honda et Yamaha végètent en bas du tableau des constructeurs. Pourtant, Jorge Lorenzo, triple champion du monde sur une M1, reste catégorique : les Japonais finissent toujours par revenir. Leur puissance financière, leur histoire et l’arrivée du nouveau règlement 850cc pourraient être les déclencheurs. Une seule question demeure : quand ?
Honda et Yamaha collectionnent les titres. Avec 39 championnats du monde à eux deux (21 pour Honda, 18 pour Yamaha), ils dominent l’histoire de la catégorie reine. Mais voilà : depuis 2019 pour l’usine de Tokyo, depuis 2021 pour celle d’Iwata, plus aucun titre. Pire encore, au classement des constructeurs, ils se font battre par Aprilia et KTM en plus de Ducati. Faut-il pour autant les enterrer ? Jorge Lorenzo ne le croit pas.
Le Majorquin, qui connaît bien Yamaha pour y avoir brillé, analyse la situation sans concession. Les Japonais paient aujourd’hui un retard accumulé. Mais ils ont pris les bonnes décisions.
« Il faut parfois sacrifier les résultats à court terme pour lancer un nouveau projet, c’est inévitable. Yamaha devait changer au plus vite pour acquérir de l’expérience et se construire un avenir meilleur » dit-il sur crash.net.
La marque aux trois diapasons a jeté son moteur en ligne aux orties pour développer un nouveau V4, calqué sur le modèle de ses rivales européennes. Un choix risqué, mais nécessaire.

« Tôt ou tard, ils seront là » : pour Jorge Lorenzo la puissance japonaise, un atout inoxydable
Pour Lorenzo, la question n’est pas de savoir si Honda et Yamaha reviendront, mais quand.
« Mais je pense que Honda et Yamaha finissent toujours par revenir. Parce qu’ils sont très puissants, qu’ils ont une longue histoire et un budget conséquent, tôt ou tard, ils seront là. »
Le chiffre est parlant. Ensemble, les deux constructeurs dépensent chaque année des centaines de millions d’euros en développement, en recrutement et en infrastructures. Des moyens qu’aucune structure européenne ne peut égaler sur la durée. « Et nous avons vu la saison dernière que la Honda devient plus forte » précise Por Fuera.
En effet, HRC a signé son premier podium depuis des lustres en 2025. L’an 2026 a commencé timidement, mais les progrès sont là.
Le changement de règlement en 2027 (moteurs 850cc, pneus Pirelli, aérodynamisme réduit) est perçu par beaucoup comme une chance unique pour les Japonais de recoller aux Européens. Une page blanche, sur laquelle leur puissance industrielle pourrait faire la différence.
Lorenzo partage cet avis, mais nuance : tout dépendra de la qualité de leurs prototypes 2027. En attendant, les pilotes doivent signer leurs contrats sans savoir exactement sur quoi ils mettront les pieds l’an prochain.
Interrogé sur la hiérarchie actuelle, Lorenzo ne cache pas son admiration pour les deux leaders du championnat 2026. Ducati reste selon lui le choix le plus rationnel. « Ducati, c’est le pari le plus sûr. »
Mais c’est Aprilia qui lui fait vibrer. « J’aime beaucoup les Aprilia, car elles prennent beaucoup plus d’angle que les autres dans les virages. C’est comme une moto Moto2 ou Moto3. C’est incroyable à quel point elles penchent. »
Le Majorquin est impressionné par l’architecture de la RS-GP. « Et puis, la moto est tellement compacte… Elle est incroyable dans les virages. »
Forcément, les résultats suivent. Aprilia, avec Marco Bezzecchi (trois victoires) et Jorge Martin (une victoire en sprint), domine le championnat du monde avant la première manche européenne.
Honda et Yamaha ont perdu leur trône. Mais pour Jorge Lorenzo, leur déclin n’est qu’une parenthèse. La puissance financière, l’histoire et l’arrivée du nouveau règlement 2027 sont autant d’arguments pour croire en leur retour. Reste à savoir quand. Et surtout, si Ducati et Aprilia, installées aux commandes, accepteront de leur rendre la couronne. Le MotoGP n’a jamais été aussi imprévisible. Et les constructeurs japonais n’ont jamais eu autant à cœur de se racheter. La revanche est en marche, prévient Lorenzo. Mais le chemin est encore long.
































