Moto GP
Publié le 3 août 2026 • 19:00 par André Lecondé

MotoGP- Lucio Cecchinello en est convaincu : « Stoner aurait battu Marquez au début… puis le vent aurait tourné »

Lucio Cecchinello s'exprime sur l’un des plus grands « et si » du MotoGP : qu'aurait donné un duel entre Casey Stoner et Marc Marquez ?

Casey Stoner Lucio Cecchinello

Parmi tous les « et si ? » de l’histoire du MotoGP, aucun n’alimente autant les débats que celui-ci : que se serait-il passé si Casey Stoner n’avait pas pris sa retraite fin 2012 ? Marc Marquez serait-il tout de même devenu champion du monde dès sa première saison ? Pour Lucio Cecchinello, qui connaît probablement mieux Stoner que quiconque après l’avoir accompagné durant quatre saisons, la réponse est loin d’être tranchée.

Interrogé par Motorbike Magazine, le patron de LCR n’a pas hésité lorsqu’on lui a demandé s’il aurait aimé assister à ce duel. « Oui, absolument. » Mais sa réponse devient encore plus intéressante lorsqu’il s’agit de désigner un vainqueur. « Je pense que Casey aurait gagné au début… puis Marc Marquez. »

Cette analyse ne repose pas sur une différence de talent. Pour Lucio Cecchinello, c’est avant tout la motivation qui aurait fait évoluer le rapport de force. L’Italien raconte une confidence que lui avait faite Stoner dès 2002.

À l’époque, l’Australien lui expliquait qu’il ferait tout pour devenir champion du monde avant de rentrer vivre tranquillement en Australie. Le destin lui offrira finalement deux couronnes mondiales.

Selon Cecchinello, une fois cet objectif atteint, Stoner avait progressivement perdu cette faim qui caractérise les très grands champions. En 2013, il possédait encore la vitesse pour battre Marquez, mais plus forcément la même envie de continuer à se battre pendant des années.

Lucio Cecchinello met en relation deux génies aux approches opposées

À la fin de la saison 2012, Stoner quitte le MotoGP. Quelques mois plus tard, Marc Marquez hérite directement de sa Honda officielle. La suite appartient à l’histoire : l’Espagnol devient le premier rookie de l’ère moderne à décrocher le titre mondial dès sa première saison. Reste une question impossible à trancher : aurait-il réussi un tel exploit avec Casey Stoner dans le box voisin ?

Cette confrontation imaginaire fascine parce qu’elle aurait opposé deux styles. Stoner incarnait le pilotage instinctif. Sa capacité à contrôler la moto avec la roue arrière, à conserver de la vitesse en glisse et à dompter des machines réputées difficiles reste une référence absolue. C’est d’ailleurs cette école australienne que revendique aujourd’hui Senna Agius.

Marquez, lui, impressionne par son incroyable faculté d’adaptation. Son agressivité, sa capacité à repousser sans cesse ses limites et à reconstruire entièrement son pilotage après chaque difficulté constituent probablement sa plus grande force.

L’un roulait presque exclusivement au ressenti ; l’autre semble capable de réinventer son pilotage en permanence.

Le plus révélateur est peut-être que Marc Marquez lui-même a souvent expliqué qu’il regrettait de ne jamais avoir affronté Casey Stoner. Pas uniquement pour mesurer son niveau face à lui, mais aussi pour observer de près sa manière de piloter.

Cet hommage est d’autant plus remarquable que Marquez a partagé la piste avec Valentino Rossi, Jorge Lorenzo, Dani Pedrosa ou encore Andrea Dovizioso. Si Stoner continue de susciter autant d’admiration chez lui, c’est bien parce que son talent était unanimement reconnu dans le paddock.

En 2013, Casey Stoner avait probablement encore la vitesse nécessaire pour empêcher Marquez de dominer immédiatement le championnat. Sur une ou deux saisons, l’Australien aurait sans doute constitué son adversaire le plus redoutable.

En revanche, sur la durée, il est permis de penser que l’équilibre aurait fini par basculer. Stoner s’appuyait sur un talent naturel exceptionnel et un ressenti unique de la moto. Marquez possède lui aussi ce talent, mais il y ajoute une capacité hors norme à évoluer, à apprendre et à se reconstruire, comme il l’a démontré après ses graves blessures.

C’est probablement cette faculté d’adaptation qui aurait fini par faire la différence. Cela n’enlève rien à la frustration des passionnés : nous n’aurons jamais la réponse définitive. Mais il est permis de penser que ce duel aurait pu devenir le plus spectaculaire de toute l’histoire moderne du MotoGP.

Lucio Cecchinello