Peu de gens en ont parlé, mais le week-end manceau de Fabio Quartararo, pilote officiel Yamaha en MotoGP, était juste exceptionnel. Quand ça ne va pas – et c’est fréquemment le cas depuis la mi-saison 2022 –, on ne se gène pas de le dire, mais il faut aussi le féliciter quand c’est bon. Et là, c’était très bon.
Un pilote flamboyant
Oui, Fabio Quartararo parle négativement de Yamaha depuis un an en conférence de presse. Oui, il a sans doute fait une erreur en prolongeant chez les bleus en 2024. Oui, Quartararo joue de son personnage, et sait qu’il est charismatique. Mais quoiqu’on en pense, quoi qu’on en dise, nous devrions tous reconnaître son talent.

Fabio Quartararo était de très bonne humeur, on sent que Le Mans lui fait du bien. Photo : Michelin Motorsport
Son début de saison était assez moyen, en réalité, mais il s’était déjà illustré lors du Sprint au Brésil avec une sixième place. Alors, on sait qu’il aime bien le circuit Bugatti, qu’il communie avec le public français, mais a priori, ça ne fait pas avancer plus vite et ça résout encore moins les problèmes de la Yamaha YZR-M1 V4. Eh bien, après Le Mans, je n’en suis plus si sûr. Comme transcendé par ses fans, Quartararo s’est élevé sur le mythique tracé, et ce n’était pas gagné ! Il ne faut pas oublier qu’il se classait seulement 17e à l’issue de la Practice, à une demi-seconde de la tête seulement, oui, mais tout de même derrière son coéquipier Alex Rins. Après s’être extrait d’une Q1 empoisonnée, notamment impactée par la présence d’un certain Marc Marquez, Quartararo a répondu en patron, alors que tout le monde, je crois, attendait plutôt Johann Zarco.
Au final, il était sixième sur la grille, à moins de deux dixièmes de Bagnaia, en pole, et dans les échappements de Pedro Acosta. Il devançait de sérieux bonhommes, à commencer par le héros du vendredi, Zarco, mais aussi Jorge Martin et Alex Marquez. Sur cette moto qui est tant décriée, c’est un exploit. Rins, lui, était à un peu moins d’une seconde. Sur un tour, Quartararo fait assurément partie des meilleurs pilotes du monde, et sans doute du siècle – une expression que j’utilise très souvent ces derniers temps ! Je conçois totalement qu’on ait du mal avec le personnage précédemment évoqué, mais qui, je dis bien qui, serait capable d’une telle performance sur cette moto ? Je vous laisse me répondre en commentaires.
Pendant les courses, nous avons vu le meilleur de Quartararo, tout du moins ce qu’il propose de mieux depuis 2023. C’est-à-dire, un pilote qui se projette vite vers l’avant, résiste, montre du caractère, et se fait dépasser en pleine ligne droite par des motos plus rapides que la sienne. Il a marqué les points de la cinquième place en Sprint, et de la sixième en GP. C’est plus qu’honorable, c’est du très bon travail, et, comme le dit Gino Borsoi chez Pramac, il faut aussi féliciter Yamaha, qui fait de tels résultats avec une toute nouvelle moto.
Si les bleus ont leur part de responsabilité dans cette performance, car ils ont sans doute trouvé quelque chose lors des essais de Jerez, il faut tout de même appuyer l’hommage à Quartararo, car les autres Yamaha étaient bien loin. En regardant les résultats, vous allez avoir envie de me contredire, car les trois autres éléments de la firme d’Iwata étaient dans les points. Sauf que c’est plus compliqué que ça : Rins, 12e, n’a en réalité battu que les deux Yamaha Pramac, Franco Morbidelli, et le remplaçant Jonas Folger. D’ailleurs, il y avait un plus grand écart entre Rins et Quartararo (environ 25 secondes) qu’entre Quartararo et Martin (environ sept secondes).

Qu’est-ce que vous avez pensé de son casque et de la livrée de sa moto dimanche ? Photo : Michelin Motorsport
La réponse fatidique de 2027
Depuis 2023, j’ai toujours le même problème avec Quartararo. D’un côté, j’admire son talent, car il saute aux yeux. Mais de l’autre, je ne peux m’empêcher de me demander s’il brillera autant ailleurs. On ne cesse de relater l’écart avec Rins, Toprak, Miller ou Morbidelli lorsque ce dernier partageait son box, mais sans être méchant, ces pilotes sont loin d’être des références. Cela fait plusieurs années – au moins depuis l’éviction de Maverick Vinales – que Quartararo est esseulé, apparaît comme le leader incontesté chez Yamaha, aussi grâce à l’absence de compétition interne. Après tout, « El Diablo » est un champion du monde MotoGP, reléguer Miller et Rins à 25 secondes ne devrait pas être étonnant.
Je n’ai aucun doute concernant Pedro Acosta, par exemple, car il surclasse aisément Vinales, Bastianini, et Brad Binder, trois pilotes encore très bons récemment. Mais Le Mans me fait de nouveau m’interroger concernant Quartararo, je ne sais pas quoi en penser. On a vraiment l’impression qu’il jouerait devant sur une Ducati ou une Aprilia, mais personne ne peut nous le garantir pour autant. S’il se retrouve aux côtés de Jorge Martin en 2027 chez Honda, comme la rumeur le laisse entendre, nous aurons la réponse à cette question, je crois, légitime.
Je suis très curieux d’avoir votre avis concernant son avenir. Pour vous, Quartararo est effectivement l’un des cinq meilleurs pilotes du monde, ou manque-t-on d’un élément de comparaison fiable pour le ranger dans cette catégorie ? Dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

J’aurais tellement aimé qu’il signe chez Aprilia. Photo : Michelin Motorsport
Photo de couverture : Michelin Motorsport




























