F1
Publié le 16 août 2026 • 01:00 par Oléna Champlain

F1 – Verstappen adoube Antonelli : quand Max distribue les compliments, c’est que Kimi a vraiment grandi

Verstappen adoube Antonelli : six victoires, 219 points et un talent que Max affirme avoir repéré dès le karting.

Max Verstappen n’est pas exactement connu pour distribuer des bouquets de fleurs à ses adversaires. Pourtant, lorsqu’il parle de Kimi Antonelli, le Néerlandais range les griffes : talent évident dès le karting, progression logique, deuxième saison impressionnante… Le quadruple champion ne semble surpris par rien. Et il faut reconnaître qu’avec six victoires et 50 points d’avance au championnat, Antonelli rend la prophétie assez confortable.

Max Verstappen avait apparemment déjà lu la fin du livre

À écouter Verstappen, l’explosion d’Antonelli en 2026 n’a donc rien d’un miracle découvert au printemps.

Le pilote Red Bull connaissait déjà la réputation de l’Italien dans les catégories de karting et souligne notamment l’importance de son passage par les catégories à boîte de vitesses avant la monoplace. Selon lui, cette expérience apprend le pilotage, les départs, les changements de rapports et surtout le combat rapproché. Lors de ses débuts dans cette discipline, Antonelli avait immédiatement été capable de se mêler aux références de la catégorie.

Autrement dit, quand une partie du paddock découvrait Kimi avec son polo Mercedes, Max avait déjà classé le dossier dans la rubrique « celui-là va nous embêter plus tard ».

Bonne lecture.

Le spécialiste des raccourcis reconnaît un autre spécialiste des raccourcis

Il existe d’ailleurs une jolie logique à voir Verstappen apprécier le parcours d’Antonelli. Max lui-même avait emprunté l’ascenseur express : première saison complète en monoplace en Formule 3 européenne en 2014, puis directement la Formule 1 en 2015, sans passer par le GP2. Il reste le plus jeune pilote de l’histoire à avoir disputé un Grand Prix

Antonelli a choisi une variante à peine moins brutale. Repéré par Mercedes en karting et intégré à son programme junior à 12 ans, il a remporté des titres en F4 puis en Formula Regional avant que Mercedes ne décide tout simplement de sauter la Formule 3 et de l’envoyer directement en F2 en 2024. Un an plus tard, à 18 ans, il récupérait chez Mercedes le baquet libéré par Lewis Hamilton.

La filière classique regarde donc Verstappen et Antonelli avec beaucoup d’intérêt. Et probablement un léger sentiment d’inutilité.

2025 : rapide, oui. Tranquille, beaucoup moins

Le problème avec l’ascenseur express, c’est qu’il ne laisse pas beaucoup de temps pour apprendre où se trouve le bouton stop. La première saison d’Antonelli en F1 l’a parfaitement montré. Son talent était visible, mais sa campagne 2025 a également connu une longue période difficile en Europe. Le jeune Italien a récemment reconnu que la pression avait fini par le submerger, au point de penser qu’il décevait Mercedes et surtout Toto Wolff, celui qui avait pris le risque de le titulariser.

Une importante réunion avec l’équipe lui a finalement permis de remettre les compteurs à zéro. Antonelli estime aujourd’hui avoir vécu l’équivalent de trois saisons d’apprentissage en une seule, tant l’expérience avait été intense mentalement et physiquement

Voilà qui rend l’analyse de Verstappen plus intéressante. Le Néerlandais ne prétend pas qu’Antonelli était déjà un produit fini. Il explique plutôt que les erreurs de la première année étaient exactement ce qu’elles devaient être : des erreurs de première année. Ce qui, dans un paddock où un mauvais samedi suffit parfois pour annoncer la fin d’une carrière, ressemble presque à une déclaration révolutionnaire.

Et en 2026, le gamin a visiblement jeté les petites roues

Le saut est spectaculaire.

Après onze Grands Prix, Antonelli mène le championnat avec 219 points, six victoires, neuf podiums et six pole positions. Lewis Hamilton est deuxième avec 169 points, tandis que George Russell, son propre équipier chez Mercedes, pointe à 160.

Cela fait donc 50 points d’avance sur Hamilton et 59 sur Russell au moment de la pause estivale.

Sa première victoire est arrivée dès la Chine, deuxième manche de la saison, avant une série de cinq succès consécutifs qui l’a installé au sommet du championnat et lui a permis de devenir le plus jeune leader de l’histoire du classement mondial

À ce niveau, on ne parle plus vraiment de « potentiel ». Le potentiel, c’est ce qu’on écrit sur une fiche de scouting. Six victoires, c’est ce qu’on écrit sur un trophée.

Verstappen : « rock solid », et venant de Max ce n’est pas exactement une caresse gratuite

Avant la pause, Verstappen avait déjà dressé un constat extrêmement flatteur sur son jeune rival. Il juge Antonelli très solide, considère qu’il a été le pilote le plus fort de Mercedes sur cette première moitié de saison et insiste sur sa régularité malgré plusieurs problèmes de fiabilité. À seulement 19 ans, le Néerlandais le qualifie de « rock solid » et estime sa campagne particulièrement impressionnante.

Il ajoute aussi un détail qui compte dans sa bouche : Antonelli est à la fois un garçon sympathique et un pilote extrêmement fort Il ne manque plus que Max lui offre une casquette et l’adoption sera administrative.

Le compliment est encore plus savoureux quand on regarde le classement de Max

Parce que Verstappen observe cette ascension depuis une position assez inhabituelle. Après onze manches, le quadruple champion du monde n’est que sixième du championnat avec 109 points, soit exactement 110 de moins qu’Antonelli.

Red Bull a connu une première moitié de saison compliquée, et Verstappen reconnaît lui-même que l’équipe doit trouver davantage de performance globale mais également résoudre ces week-ends durant lesquels la voiture perd soudainement en efficacité. Ce n’est donc pas le champion installé tout en haut du classement qui félicite gentiment le petit nouveau depuis son trône.

C’est actuellement Antonelli qui regarde Max dans les rétroviseurs. Avec 110 points entre les deux. Le passage de témoin n’est évidemment pas signé.

Mais il commence à y avoir quelqu’un à l’autre bout du bâton.

Max sait surtout reconnaître ce qu’il a lui-même vécu

C’est probablement ce qui rend le jugement de Verstappen pertinent.

Les deux carrières ne sont pas identiques, mais elles partagent une même brutalité : énormément de karting, très peu de temps dans les catégories intermédiaires, une arrivée extrêmement jeune en Formule 1 et l’obligation d’apprendre sous les projecteurs Verstappen avait 17 ans lors de ses débuts en 2015. Antonelli en avait 18 lorsqu’il s’est installé dans une Mercedes en 2025.

Max sait donc probablement mieux que beaucoup d’autres qu’un pilote extrêmement rapide peut encore commettre des erreurs monumentales sans que cela signifie qu’il ne sera jamais champion. Il en a lui-même fourni quelques démonstrations particulièrement artistiques avant de devenir quadruple champion du monde. Antonelli semble simplement avoir accéléré le processus.

Encore.

Reste le détail légèrement gênant : Kimi doit maintenant terminer le travail

Parce qu’un championnat mené en août reste un championnat à gagner.

Antonelli possède une avance confortable, mais la F1 rappelle elle-même qu’elle est loin d’être définitive : Hamilton n’est qu’à 50 points et Russell à 59, tandis que Mercedes a déjà connu plusieurs ennuis de fiabilité.

Le jeune Italien a gagné six des onze premiers Grands Prix, mais la concurrence s’est rapprochée à mesure que Ferrari et McLaren développaient leurs voitures. Mercedes reconnaît elle-même s’attendre à une deuxième moitié de saison nettement plus disputé Et c’est probablement maintenant que l’avis de Verstappen prendra tout son sens. Être rapide à 19 ans est impressionnant. Gagner six courses l’est encore davantage.

Mais conduire une deuxième moitié de championnat avec Hamilton, Russell et tout un paddock décidé à vous arracher votre avance transformera chaque dimanche en examen final.

Verstappen n’est pas surpris. Mercedes non plus. À ce rythme, il ne reste plus grand monde à étonner

Max Verstappen avait vu le talent en karting. Mercedes l’avait détecté encore plus tôt et l’avait intégré à son programme junior à 12 ans. Toto Wolff lui a ensuite confié directement la succession de Lewis Hamilton. Et après une première saison passée à apprendre parfois douloureusement, Antonelli mène désormais le championnat du monde.

Finalement, le plus ironique est peut-être que tout le monde explique aujourd’hui qu’il avait vu venir le phénomène.

Très bien.

Mais entre voir venir Kimi Antonelli et l’empêcher de gagner six courses, il subsiste apparemment une petite différence. Verstappen l’avait repéré très tôt.

En 2026, comme les autres, il le regarde surtout partir devant.