Le marché des transferts du MotoGP vient d’exploser en marge du Grand Prix de Catalogne. Cette fois, c’est le clan de Joan Mir qui a dégoupillé la grenade : le champion du monde 2020 claque officiellement la porte du team d’usine Honda pour la fin de la saison, avec une destination surprise qui fait déjà trembler le paddock : Gresini Ducati.
Le feuilleton du mercato MotoGP continue de secouer le paddock, mais cette fois, il ne s’agit plus d’une simple rumeur. C’est une rupture quasiment officielle. Après des mois de frustrations, de chutes, de promesses inachevées et de silence du côté de Tokyo, Joan Mir aurait décidé de tourner définitivement la page Honda.
Et la phrase de son manager ressemble à un couperet. « La seule certitude, c’est que Joan ne sera pas pilote Honda en 2027. » Impossible d’être plus clair.
Cette déclaration de Paco Sanchez confirme ce que beaucoup pressentaient déjà depuis plusieurs semaines : l’aventure entre Mir et HRC touche à sa fin, et le champion du monde MotoGP 2020 estime désormais qu’il n’a plus d’avenir dans le projet japonais.
Le plus révélateur reste cependant le timing. Selon son entourage, c’est dès Jerez que Mir aurait pris sa décision de quitter Honda. Autrement dit, bien avant l’explosion définitive du marché des transferts et avant même les derniers bouleversements provoqués par les possibles arrivées de Fabio Quartararo et David Alonso dans l’équipe officielle.
« Compte tenu du manque de nouvelles de HRC concernant son avenir, Joan a décidé à Jerez de quitter Honda à la fin de l’année et m’a demandé de lui trouver un bon projet » lit-on sur crash.net.
Le message est brutal pour Honda. Parce qu’il révèle surtout un pilote qui ne se sent plus considéré comme une priorité. Et pourtant, malgré toutes les difficultés de la RC213V, malgré les innombrables chutes, Mir était progressivement redevenu compétitif cette saison.
Ses performances à COTA puis au Mans avaient rappelé une évidence souvent oubliée dans le chaos actuel : Joan Mir reste un pilote extrêmement rapide lorsqu’il retrouve un minimum de confiance à l’avant.
Sa sixième place dans le Sprint du Mans avant sa chute en Grand Prix représentait probablement l’un des meilleurs week-ends Honda depuis très longtemps. Mais cela n’a manifestement pas suffi. Car chez HRC, le projet 2027 semble déjà écrit ailleurs.
Avec l’arrivée annoncée de Quartararo et la montée en puissance de David Alonso, Honda prépare un nouveau cycle. Un cycle plus agressif, plus médiatique, plus tourné vers l’avenir. Et Mir semble être devenu une victime collatérale de cette reconstruction.

Joan Mir en route pour des retrouvailles avec Frankie Carchedi
Le plus fascinant désormais, c’est sa destination potentielle. Car voir Joan Mir rejoindre Gresini Racing changerait énormément de choses dans l’équilibre du paddock.
D’abord parce qu’il retrouverait un environnement Ducati au moment précis où Borgo Panigale traverse une période de doute technique inhabituel. Ensuite parce qu’il pourrait reformer son duo historique avec Frankie Carchedi, l’homme avec qui il avait décroché le titre mondial chez Suzuki en 2020.
Carchedi est devenu une référence absolue dans le paddock après avoir accompagné successivement Fabio Di Giannantonio, Marc Marquez puis Fermin Aldeguer chez Gresini.
Retrouver cette structure pourrait offrir à Mir exactement ce qu’il recherche : un environnement plus humain, plus stable et surtout moins politique que celui de Honda.
Et le timing devient logique quand on observe les mouvements en cascade du marché. Alex Marquez semble proche de KTM. Aldeguer filerait vers VR46. Et Gresini se retrouve soudain avec deux places potentiellement libres. Autrement dit, l’opportunité idéale pour un pilote expérimenté cherchant une renaissance.
Car au fond, c’est probablement cela que cherche Joan Mir aujourd’hui : redevenir pilote avant de redevenir champion.
Depuis son arrivée chez Honda après la disparition de Suzuki du MotoGP, l’Espagnol a vécu une descente presque permanente dans le chaos technique et psychologique. Les blessures, les abandons, les chutes répétées et cette sensation constante de piloter au-dessus des capacités de la moto ont progressivement usé un champion pourtant réputé pour sa précision et son intelligence de course.
Mais malgré tout, quelque chose résiste encore. Et c’est précisément ce que Gresini semble avoir compris. Parce qu’à 28 ans, Mir n’est pas un pilote fini. Il est probablement un champion perdu dans le mauvais projet au mauvais moment.
Joan Mir a choisi la lumière de Borgo Panigale plutôt que l’or et les doutes de Tokyo. S’il finalise son accord avec Gresini, le duo Mir-Carchedi reconstitué sur une Ducati sera l’une des attractions majeures de la saison prochaine.





























