Le puzzle de la grille MotoGP 2027 est en train de devenir un véritable casse-tête familial et financier pour Valentino Rossi. Le départ surprise de Fabio Di Giannantonio vers l’usine KTM a ouvert une porte que Nicolò Bulega, actuel patron du WorldSBK, espérait franchir sans encombre. Mais c’était sans compter sur le facteur « sang » et les mouvements tectoniques chez Honda.
Le marché MotoGP 2027 vient peut-être d’entrer dans sa phase la plus brutale. Car derrière le transfert de Fabio Di Giannantonio vers KTM, une autre bataille se joue désormais en coulisses. Une bataille infiniment plus délicate pour Valentino Rossi : choisir entre l’avenir sportif de Nicolo Bulega… et la survie en MotoGP de son propre frère, Luca Marini. Et soudain, ce qui semblait évident ne l’est plus du tout.
Depuis des mois, dans le paddock, beaucoup considéraient le scénario comme écrit d’avance. Bulega domine le Superbike, Ducati le pousse fortement, son contrat de pilote d’essai lui ouvre théoriquement les portes du MotoGP, et le départ annoncé de Di Giannantonio vers KTM devait naturellement libérer une place chez VR46.
Le problème, c’est que la réalité politique du paddock est beaucoup plus complexe. Selon Motorsport, Bulega reste certes « la principale option » pour remplacer Di Giannantonio chez VR46. Mais rien n’est verrouillé. Absolument rien. Et pour une raison simple : Luca Marini pourrait bientôt se retrouver sans guidon.
Le projet Honda pour 2027 prend une tournure radicale autour de Fabio Quartararo et du phénomène David Alonso. Dans le même temps, Johann Zarco et Diogo Moreira semblent déjà solidement installés chez LCR. Quant à l’espoir de voir Honda aligner davantage de motos grâce à Tech3, il s’amenuise à mesure que le rapprochement KTM-Tech3 avance.
Résultat : Marini pourrait se retrouver piégé. Et c’est là que Valentino Rossi entre dans une zone politiquement explosive. Car offrir un refuge à son demi-frère chez VR46 signifierait probablement fermer la porte du MotoGP à Bulega. Un choix qui coûterait cher à plusieurs niveaux.
Sportivement d’abord, parce que Ducati pousse clairement pour voir Bulega accéder à la catégorie reine. Financièrement ensuite, puisque VR46 bénéficierait de conditions avantageuses pour récupérer une GP27 si l’équipe accueille un pilote soutenu directement par Borgo Panigale. À l’inverse, reprendre Marini obligerait VR46 à assumer son salaire sans les mêmes contreparties techniques.
Et symboliquement surtout. Parce que Bulega n’est pas un inconnu dans l’univers VR46. Il en est un ancien enfant.

Valentino Rossi est face à un dilemme : être un patron d’écurie ou un grand frère, une décision entre cœur et portefeuille
Avant son explosion en Superbike, il faisait partie de l’académie Rossi et a roulé sous les couleurs VR46 dans les catégories inférieures jusqu’en 2019. Leur séparation avait alimenté quelques tensions à l’époque, notamment lorsque Bulega avait remis en question le fonctionnement même de la structure VR46, estimant que les pilotes avaient besoin de managers plus indépendants.
Mais avec le temps, les relations se sont apaisées. Bulega lui-même a répété qu’il n’existait « aucune animosité » envers Rossi, allant même jusqu’à remercier publiquement le nonuple champion du monde pour les opportunités qu’il lui avait offertes au début de sa carrière. C’est précisément ce qui rend la situation aussi sensible aujourd’hui.
Parce qu’au fond, Rossi doit désormais choisir entre deux fidélités. La fidélité familiale envers Marini. Et la fidélité sportive envers Ducati… ainsi qu’envers un pilote que beaucoup considèrent comme le futur grand talent italien du MotoGP.
Le timing rend d’ailleurs l’affaire encore plus délicate. À 26 ans, Bulega arrive exactement à ce moment charnière où une carrière peut basculer définitivement. Trop attendre pourrait lui fermer définitivement la porte du MotoGP, malgré son niveau actuel exceptionnel en Superbike.
Et pendant ce temps, Ducati observe. Car du côté de Borgo Panigale, l’idée est claire : ils veulent voir Bulega sur une MotoGP. Pas dans deux ans. Maintenant.
Surtout avec l’arrivée de la réglementation 850cc en 2027, qui redistribuera totalement les cartes techniques et pourrait offrir une fenêtre idéale à un pilote intelligent, fluide et extrêmement précis comme lui.
Reste maintenant à savoir jusqu’où Valentino Rossi est prêt à aller pour protéger Luca Marini. Parce qu’en sauvant son frère, il pourrait sacrifier l’un des pilotes italiens les plus prometteurs de sa génération. Dans le paddock MotoGP, ce genre de décision laisse toujours des traces.
Valentino Rossi est face à son rôle le plus difficile : celui de patron d’écurie contre celui de grand frère. Si Marini ne trouve pas de refuge in extremis, Bulega pourrait voir son rêve MotoGP s’envoler à cause d’une simple question de généalogie.





























