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Alzamora

Dans un entretien accordé à la chaîne YouTube Fast & Curious, Emilio Alzamora, l’homme qui a façonné les débuts de Marc Marquez, offre un éclairage inédit sur la carrière du champion espagnol. Loin de la narration habituelle centrée uniquement sur sa fracture de l’humérus en 2020, l’ancien manager place la diplopie subie en Moto2 comme l’épreuve existentielle la plus périlleuse de son parcours.

Quand on évoque les épreuves traversées par Marc Marquez, un souvenir s’impose immédiatement : la terrible fracture de l’humérus survenue à Jerez en 2020. Une blessure qui a déclenché un interminable calvaire médical et sportif. Pourtant, selon Emilio Alzamora, l’homme qui a accompagné l’ascension du champion espagnol pendant des années, le moment le plus critique de toute sa carrière se situe ailleurs. Bien ailleurs.

Dans un entretien accordé à la chaîne YouTube Fast & Curious, relayé par Motosan, l’ancien manager de Marquez est revenu sur les périodes les plus sombres vécues par son protégé. Et sa réponse est sans ambiguïté.

« Les blessures ont été ce qu’il y a eu de plus difficile. Mais je pense sincèrement que la période la plus compliquée a été celle de la diplopie en Moto2. À ce moment-là, nous avons véritablement traversé une situation extrêmement délicate. »

Pour Alzamora, ce trouble de la vision, apparu après une chute en 2011, représentait une menace bien plus grave qu’une fracture classique. À l’époque, l’avenir même du jeune prodige catalan était remis en question.

Alzamora : « les conséquences de cette fracture ont dépassé largement la blessure elle-même. Certaines décisions et certaines circonstances ont contribué à compliquer considérablement la situation »

Face à l’incertitude, son entourage a multiplié les démarches à travers le monde pour trouver une solution capable de sauver sa carrière. « Nous avons eu la chance d’être aidés par de nombreuses personnes. Nous avons consulté des spécialistes partout dans le monde avant de trouver à Barcelone celui qui allait faire la différence. »

Alzamora ne cache d’ailleurs pas sa reconnaissance envers le Dr Sanchez Dalmau, qu’il considère comme un acteur majeur de la longévité sportive de Marquez. « Le docteur Sanchez Dalmau lui a littéralement permis de poursuivre sa carrière de pilote. Sans son intervention, l’histoire aurait pu être très différente. »

Concernant la fracture de l’humérus de 2020, Alzamora nuance fortement l’analyse souvent retenue par le grand public. Selon lui, la blessure initiale n’explique pas à elle seule les années de souffrance qui ont suivi.

« Malheureusement, les conséquences de cette fracture ont dépassé largement la blessure elle-même. Certaines décisions et certaines circonstances ont contribué à compliquer considérablement la situation. »

Au-delà des blessures, c’est surtout la personnalité de Marquez qui continue de fasciner son ancien manager. Depuis ses débuts, Alzamora affirme avoir été frappé par une maturité exceptionnelle pour un adolescent.

« Ce qui m’a toujours impressionné chez Marc, c’est sa maturité. À seulement douze ans, il discutait déjà avec les techniciens, cherchait des solutions, absorbait chaque information comme une éponge. À cela s’ajoutaient un talent naturel, une capacité de travail énorme, des sacrifices constants et une humilité qu’il a conservée jusqu’à aujourd’hui. »

Une attitude qui, selon lui, distingue les très grands champions du reste du peloton. « Il est extrêmement exigeant envers lui-même. Je l’ai rarement entendu accuser la moto ou chercher des excuses. Cette autodiscipline est ce qui rapproche des sportifs comme Marc de figures telles que Rafael Nadal, Pau Gasol ou Fernando Alonso. »

Alzamora a également évoqué les images récentes d’un Marquez en larmes après sa dernière opération, rappelant combien il est rare de voir l’Espagnol céder au découragement.

« Il a traversé des moments extrêmement difficiles. Il a été terriblement malchanceux avec les blessures. Pourtant, il a toujours continué à avancer sans se plaindre. Le voir abattu reste quelque chose de très rare, car il possède une force intérieure exceptionnelle. »

L’ancien manager espère désormais que les récents problèmes à l’épaule seront définitivement derrière lui. « J’espère sincèrement que cette dernière intervention résoudra le problème qu’il évoquait lui-même et qu’il pourra continuer à prendre du plaisir sur une moto. »

Alzamora a également confirmé un élément souvent évoqué dans les paddocks : Marc Marquez a reçu plusieurs offres majeures alors qu’il dominait encore avec Honda. « Après ses premiers titres MotoGP, Yamaha a énormément insisté pour le recruter. Plus tard, Ducati a également poussé très fort, notamment entre 2016 et 2019. Mais Marc était extrêmement fidèle à Honda. »

Et il conclut sur ce qui résume probablement le mieux toute la carrière du pilote de Cervera : « Les blessures ont été son plus grand adversaire. Mais malgré tout, il a réussi à retrouver le plaisir de piloter, à remonter sur sa moto et à continuer à avancer. »

À l’heure où Marquez tente une nouvelle fois de reconstruire son avenir après ses opérations de 2026, ce témoignage rappelle une réalité souvent oubliée : avant même l’humérus, avant même Honda, avant même Ducati, il avait déjà survécu à ce qui aurait pu mettre un terme définitif à son histoire en Grand Prix.

Ce témoignage d’Emilio Alzamora apporte une nuance fondamentale : le parcours de Marc Marquez n’est pas seulement une succession de victoires, c’est une lutte contre un corps fragilisé par des aléas médicaux très précoces. Si la « force intérieure » du pilote de Cervera a toujours été son moteur, la lucidité de son mentor nous rappelle que la carrière du « 93 » ne tient parfois qu’à un fil, celui du talent pur au-delà de la souffrance physique.

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