Alors qu’une grande partie du paddock espagnol a depuis longtemps choisi de s’installer en Andorre pour profiter d’une fiscalité particulièrement avantageuse, Marc Marquez a toujours fait un choix radicalement différent : rester en Espagne. Un choix qui n’est ni politique, ni idéologique, ni même patriotique. Il est, tout simplement, profondément… Marc Marquez. Car pour le pilote Ducati, il n’existe qu’un seul critère réellement important : la performance.
Interrogé sur son refus de rejoindre ses compatriotes en Andorre, le sextuple champion du monde MotoGP a répondu avec une franchise désarmante : « Je comprends ceux qui veulent partir, ils sont libres de le faire. Mais personnellement, je me sens libre si je vis là où je veux. »
L’Espagnol ne porte d’ailleurs aucun jugement sur les pilotes qui ont fait un autre choix de vie. Andorre offre des infrastructures sportives de premier ordre, un environnement idéal pour l’entraînement en altitude et surtout une fiscalité particulièrement attractive.
Un cocktail qui a convaincu une grande partie des pilotes espagnols et même certains athlètes internationaux. Marc Marquez, lui, regarde ailleurs. Le pilote Ducati reconnaît sans détour que sa situation financière lui permet aujourd’hui de relativiser largement la question fiscale. « Je gagne beaucoup d’argent et même après avoir payé mes impôts, il m’en reste encore beaucoup. »
Mais la raison essentielle de son choix est ailleurs : il estime tout simplement que vivre en Espagne lui permet d’être un meilleur pilote MotoGP.
Depuis sa terrible blessure au bras droit et ses multiples opérations, sa vie quotidienne s’est complètement réorganisée autour de sa carrière sportive. « Je veux vivre là où je sens que je peux optimiser mes performances sur la piste. »

Marc Marquez : « Depuis ma blessure, j’ai besoin de machines spéciales, de kinésithérapeutes et d’un entraînement différent »
Longtemps installé dans sa ville natale de Cervera, Marc Marquez a finalement déménagé à Madrid pour une raison extrêmement pragmatique. Son corps exige désormais une prise en charge permanente de très haut niveau. « Maintenant, depuis ma blessure, j’ai besoin de machines spéciales, de kinésithérapeutes et d’un entraînement différent. J’ai trouvé à Madrid une excellente équipe médicale et un très bon centre. »
Cette déclaration sur crash.net éclaire parfaitement la personnalité du champion espagnol. Là où beaucoup de sportifs de haut niveau organisent leur vie autour de considérations fiscales ou patrimoniales, Marquez continue de prendre chacune de ses décisions comme un pilote de MotoGP. La seule question qui l’intéresse semble être : est-ce que cela me permet de gagner plus de courses ?
Marc Marquez a pourtant bel et bien tenté l’aventure andorrane. Dans une interview accordée en début d’année à la télévision espagnole, il révèle avoir acheté une maison en Andorre dès l’âge de 22 ans et avoir sérieusement envisagé de s’y installer. « Je ne vais pas mentir, j’ai essayé. »
La proximité géographique avec la Catalogne expliquait déjà ses nombreux séjours dans la principauté. Comme beaucoup de jeunes pilotes espagnols, il s’y entraînait régulièrement et connaissait parfaitement les avantages qu’elle pouvait offrir.
Mais l’expérience tournera court. « J’ai tenu deux mois et j’ai dit : moi, c’est l’Espagne et la maison. »
Ce qui frappe surtout dans les propos du pilote Ducati, c’est leur parfaite cohérence avec tout ce que Marc Marquez raconte depuis plusieurs années. Qu’il s’agisse de limiter drastiquement ses journées de sponsoring, de s’éloigner des réseaux sociaux durant les Grands Prix ou encore d’organiser son quotidien autour de sa récupération physique, tout converge vers le même objectif : maximiser ses performances sportives. Même son lieu de résidence obéit finalement à cette logique.
À une époque où les sportifs de très haut niveau sont régulièrement interrogés sur leurs choix fiscaux, Marc Marquez livre finalement une réponse où il ne cherche ni à donner une leçon morale ni à critiquer ceux qui ont fait un autre choix. « Je ne le fais pas pour faire passer un message. Je le fais parce que c’est ce que je ressens. »
Le pilote le plus obsédé par la performance du paddock a finalement choisi le pays qui lui coûte le plus cher fiscalement… simplement parce qu’il considère que c’est celui qui lui donne les meilleures chances de continuer à gagner.
Une décision qui ressemble finalement assez bien au Marc Marquez que l’on voit depuis plus de quinze ans sur les circuits : prêt à sacrifier beaucoup de choses, mais rarement ce qui peut lui faire gagner quelques dixièmes de seconde.
DRAMA on Saturday 😞@marcmarquez93 suffered this crash and would miss the race and the #CatalanGP 💥#FrenchGP 🇫🇷 #SeasonSoFar pic.twitter.com/zNNWtt15Vw
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) July 24, 2026









