Paolo Simoncelli n’a jamais eu sa langue dans sa poche, et le père du regretté Marco, dont les avis très francs se cantonnent généralement sur ses propres pilotes, cette année l’irlandais Casey O’Gorman et l’Autrichien Leo Rammerstorfer, ou la catégorie Moto3, ne manque cependant jamais d’exprimer son opinion sur les évènements concernant les autres catégories du MotoGP.
Et à ce titre, après sa sévère chronique retraçant à la fois Le Mans et Barcelone, il revient maintenant avec le même ton sur quelques faits ayant émaillé le week-end au Balaton Park en Hongrie.
« Après un week-end du Mugello à oublier, marqué par le même problème mécanique apparu cette fois sur la moto de Casey (exactement le même que celui rencontré avec Leo à Jerez), nous sommes arrivés en Hongrie avec une patience déjà bien entamée et encore plus de frustration. La seule chose positive est que nous avons enfin compris ce qui ne fonctionnait pas et réussi à résoudre le problème. Mais je dois admettre qu’à la longue, devoir constamment chercher des solutions au lieu de travailler sur l’amélioration des performances devient épuisant.
Balaton Park avait une dernière occasion de prouver sa valeur. « Trop petit, trop jeune » sont les explications que l’on entend le plus souvent dans le paddock. Un peu comme lorsqu’on ne sait plus comment mettre fin à une relation et que l’on se réfugie derrière des excuses du type « ce n’est pas toi, c’est moi », il semble que la relation entre Dorna et le circuit hongrois se dirige vers le même dénouement. En réalité, les gens ordinaires comme nous ne sont pas censés connaître les véritables raisons, mais ce que nous voyons est très clair : des tribunes à moitié vides, peu de spectateurs, alors que d’autres Grands Prix continuent d’attirer un public impressionnant. J’ai du mal à croire que le sport mécanique ne soit pas populaire en Hongrie ; il est plus facile de penser que l’événement a été mal promu.
Le week-end est devenu encore plus surréaliste après la nouvelle choc concernant le Leopard Racing Team, impliqué dans un scandale technique qui a entraîné la disqualification d’Adrian Fernandez pour les six premiers Grands Prix de la saison 2026. Les inspections techniques ont révélé des traces de manipulation des scellés des moteurs et le pilote espagnol, qui occupait la troisième place du championnat, s’est retrouvé relégué au 20e rang. Nous ne voulons juger personne, mais au-delà des conséquences sportives, une affaire de ce genre laissera inévitablement une mauvaise image.
En piste, avec Casey, nous avons fait notre travail. C’était un circuit compliqué, avec certaines portions où le nouvel asphalte était glissant, presque comme du savon, rendant les dépassements extrêmement risqués. Beaucoup de pilotes ont souffert de cette situation. Malgré les difficultés, Casey a continué à se battre. Il luttait pour la 12e place lorsque, en fin de course, les chutes du groupe de tête, notamment celle de Muñoz, ont rebattu les cartes. Au final, il a réussi à inscrire sept points. Ce n’est pas un résultat qui fait les gros titres, mais dans ces conditions, il faut savoir prendre ce qui se présente.
Concernant Leo, même si le chemin reste compliqué, je suis satisfait. Pas en raison du résultat final, mais à cause de l’attitude qu’il a montrée : une course plus agressive, davantage impliqué dans la bagarre et, surtout, il commence à écouter nos conseils.
Il a également progressé sur le plan des chronos, à son rythme, et je suis convaincu que cela pourrait être le début d’une véritable phase de progression. Avec l’équipe à ses côtés et un peu de chance, j’espère que la route deviendra plus facile pour lui à partir de maintenant.
– PaoloSic58 – »

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