Pendant des mois, une explication est revenue en boucle dans le paddock. Si Francesco Bagnaia traverse la période la plus difficile de sa carrière chez Ducati, ce serait à cause de Marc Marquez. Sa présence. Son aura. Sa pression psychologique. Son statut de légende vivante. Même Valentino Rossi a laissé entendre que l’arrivée du Catalan dans le box officiel avait pu perturber l’équilibre mental de son ancien protégé. Pedro Acosta, lui, ne semble pas y croire. Et son verdict est sans appel. « Il n’a pas d’excuses ».
Interrogé sur la situation de Bagnaia dans le podcast Gypsy Tales, le futur pilote Ducati n’a pas cherché à ménager le double champion du monde MotoGP. « Difficile à dire quand on n’est pas dans le box », reconnaît d’abord Acosta.
Mais la suite est beaucoup plus directe. « Les gens disent que Pecco commence peut-être à subir la pression de Marc dans le box. » Puis tombe la phrase qui fait déjà beaucoup parler dans le paddock : « Ce n’est pas facile d’être toujours le numéro un et d’être battu par son coéquipier, parce que, comme je le dis, il n’y a pas d’excuses. » Une déclaration qui ressemble à une véritable gifle sportive.
Pendant plusieurs saisons, Francesco Bagnaia était devenu la référence absolue chez Ducati. Champion du monde. Leader naturel. Pilote autour duquel tout semblait s’organiser. Jack Miller est parti. Enea Bastianini n’a jamais réussi à renverser la hiérarchie. Pecco incarnait Ducati. Puis Marc Marquez est arrivé. Et tout a changé.
L’arrivée du nonuple champion du monde a totalement rebattu les cartes. Alors que Bagnaia devait défendre son statut de leader, Marquez s’est rapidement emparé du contrôle sportif de l’équipe. Le résultat est sans appel. Titre mondial décroché avec plusieurs courses d’avance. Multiples victoires. Domination technique. Domination psychologique. Domination médiatique.
Pendant ce temps, Bagnaia s’est retrouvé relégué dans un rôle qu’il n’avait plus connu depuis longtemps. Celui du poursuivant. Pire encore, il a parfois été devancé par des pilotes disposant de matériel théoriquement inférieur.
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Acosta refuse l’excuse Marquez
C’est précisément ce raisonnement que Pedro Acosta balaie. Pour lui, la présence d’un champion dans le box ne constitue pas une justification. Au contraire. Être pilote officiel Ducati implique précisément d’affronter ce type de défi. Et de l’accepter.
Le message est limpide : si l’on veut être considéré comme le meilleur, il faut battre le meilleur. Pas expliquer pourquoi on n’y arrive pas.
La prise de parole d’Acosta est d’autant plus intéressante qu’il rejoindra lui-même Ducati. Et pas n’importe quelle Ducati. La Ducati officielle. Celle qui appartient aujourd’hui à Marc Marquez. Autrement dit, Acosta sait parfaitement ce qui l’attend.
Il sait qu’il devra lui aussi se mesurer à l’un des pilotes les plus redoutables de l’histoire du MotoGP. Et manifestement, cela ne l’effraie pas.
Pour autant, Bagnaia n’a pas disparu. Le week-end hongrois a confirmé une tendance observée depuis plusieurs courses. Trois podiums consécutifs. Une confiance retrouvée. Des performances plus solides.
Même si l’écart avec Marquez demeure important. Le problème est ailleurs. Le sentiment qui domine désormais dans le paddock est que quelque chose s’est cassé entre Bagnaia et Ducati.
Carlo Pernat résumait récemment la situation avec une phrase lourde de sens : « Il ne se sent plus chez lui. »
Au fond, ce qui rend la sortie d’Acosta si marquante, ce n’est pas la critique elle-même. C’est son auteur. Car ce n’est ni un journaliste. Ni un ancien pilote. Ni un observateur extérieur. C’est celui qui est appelé à devenir l’une des figures majeures du MotoGP de demain.
Et son verdict est sans ambiguïté. Marc Marquez n’est pas le problème de Bagnaia. Pour Pedro Acosta, un champion doit simplement accepter une réalité parfois douloureuse : quand son coéquipier est meilleur, il n’y a plus d’excuses.






























