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MotoGP

Helmut Marko, ancien directeur de la F1, a identifié le problème du MotoGP. « Il y a clairement un manque de véritable star. Seul Marc Marquez se démarque vraiment. » L’Autrichien, qui a vu les affluences chuter au Red Bull Ring (-56 000 spectateurs en un an), pointe aussi la dépendance excessive à l’égard de l’Espagne. « Avec Liberty Media, la situation devrait évoluer. » Le constat, est lucide… Ou inquiétant ?

L’évaluation vient d’un homme qui a participé de l’intérieur à la transformation de la Formule 1 en phénomène mondial. Pour Helmut Marko, l’une des figures les plus influentes du paddock F1 durant près de vingt ans, le MotoGP souffre aujourd’hui d’un problème bien plus profond qu’une simple question de calendrier ou de marketing.

Selon lui, la discipline manque d’une véritable superstar. Et dans son esprit, un seul pilote répond encore aujourd’hui à cette définition : Marc Marquez. Sportivement, rares sont les disciplines capables d’offrir autant d’intensité que le MotoGP. Les dépassements y sont nombreux, les écarts infimes et l’incertitude permanente. Pourtant, la popularité mondiale de la discipline reste très inférieure à celle de la Formule 1.

Helmut Marko avoue lui-même ne pas comprendre totalement cette situation. « Les choses ne s’annoncent pas très bien pour le MotoGP, ce que je ne comprends pas vraiment, car les courses sont extrêmement passionnantes. »

Son constat est d’autant plus intéressant qu’il s’appuie sur l’histoire récente. « Lorsque Red Bull s’est impliqué pour la première fois, le MotoGP attirait en réalité plus de spectateurs que la Formule 1. Cela a changé, notamment grâce aux succès de leur propre écurie. »

Autrement dit, la Formule 1 n’a pas toujours dominé le MotoGP en matière d’attractivité. C’est un renversement relativement récent.

L’analyse de Marko devient plus polémique lorsqu’il cherche les causes de cette évolution. Pour lui, le MotoGP dépend encore beaucoup trop de l’Espagne. « L’un des problèmes réside assurément dans la dépendance excessive à l’égard de l’Espagne. » Mais surtout, il estime que la discipline manque aujourd’hui d’une figure capable de dépasser le cercle des passionnés. « Il y a clairement un manque de véritable star ; seul Marc Marquez se démarque vraiment. »

Cette phrase ne remet évidemment pas en cause le talent de pilotes comme Jorge Martin, Marco Bezzecchi, Pedro Acosta, Pecco Bagnaia ou Fabio Quartararo. Elle souligne une autre réalité : être un immense champion ne signifie pas forcément devenir une icône mondiale.

Marquez possède cette capacité rare à dépasser le simple cadre sportif. Son histoire, ses blessures, son retour au premier plan et sa personnalité en font un personnage immédiatement identifiable, même auprès d’un public qui ne suit pas le MotoGP chaque semaine.

Marko

Avec le MotoGP, Liberty Media est face au même défi que la Formule 1

Cette réflexion intervient à un moment particulier. Depuis le rachat de Dorna par Liberty Media, le MotoGP est entré dans une nouvelle phase de son développement. Le groupe américain entend appliquer une partie de la recette qui a transformé la Formule 1 : storytelling, visibilité des équipes, proximité avec les pilotes et développement international.

Les premières décisions en témoignent déjà, notamment la réorganisation du calendrier avec le futur Grand Prix d’Australie transféré de Phillip Island vers un circuit semi-urbain à Adélaïde, dans une logique de rapprochement avec les grands centres urbains.

Pour Marko, cette nouvelle gouvernance pourrait justement permettre au MotoGP de franchir un cap. « Avec le rachat par Liberty, la situation devrait évoluer. » La réflexion de Marko ouvre finalement un débat plus large. Le MotoGP manque-t-il réellement de champions ? Probablement pas. Il manque peut-être davantage de personnages capables de raconter une histoire au-delà de la piste.

La Formule 1 a compris depuis plusieurs années qu’un championnat ne se vend plus uniquement grâce aux résultats. Il se construit aussi autour de rivalités, de personnalités, de récits et d’émotions.

Or, le MotoGP possède aujourd’hui plusieurs profils capables d’incarner cette nouvelle génération : le retour spectaculaire de Marc Marquez, l’ascension fulgurante de Pedro Acosta, l’élégance de Pecco Bagnaia, la fougue de Marco Bezzecchi ou encore le parcours atypique d’Ai Ogura.

Le défi de Liberty Media ne sera donc peut-être pas de trouver une nouvelle star. Il sera de transformer ces champions en personnages que le grand public aura envie de suivre, même lorsqu’ils ne portent pas un casque. C’est précisément ce que la Formule 1 a réussi. Et c’est désormais le véritable chantier du MotoGP.

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