Pedro Acosta a enfin pris la parole. Quelques jours après l’officialisation de son arrivée chez Ducati en 2027 aux côtés de Marc Marquez, le jeune Murcien s’est confié sans filtre sur ce qui sera l’un des duos les plus attendus de l’histoire récente du MotoGP. Interrogé par le site officiel de la catégorie, Acosta n’a pas caché son enthousiasme tout en restant professionnellement concentré sur sa saison actuelle avec KTM.
Il y a des déclarations qui ressemblent à une formule de circonstance. Et puis il y a celles qui permettent de comprendre une stratégie. En quelques mots, Pedro Acosta a probablement résumé mieux que quiconque le projet Ducati. « Il termine sa carrière et je commence la mienne. Ce sera une excellente opportunité pour moi. Je vais essayer de profiter de son expérience pour devenir un meilleur pilote. »
Cette phrase ne traduit ni de la soumission, ni de l’arrogance. Elle révèle au contraire une lucidité remarquable. Acosta ne veut pas remplacer Marquez. Il veut apprendre de lui. Depuis plusieurs mois, beaucoup imaginaient déjà une guerre ouverte entre les deux Espagnols. Acosta, lui, adopte une approche totalement différente.
Il sait parfaitement où il arrive. Marc Marquez possède sept titres MotoGP, une expérience unique, une connaissance exceptionnelle du développement d’une moto et une capacité d’adaptation qui force le respect dans tout le paddock. Pourquoi vouloir brûler les étapes ? À seulement 22 ans, Acosta comprend qu’il peut gagner davantage en partageant un garage avec Marquez qu’en essayant immédiatement de le renverser.
Ducati a organisé une transmission. C’est probablement là que réside le véritable coup de génie de Luigi Dall’Igna. Pendant des mois, Honda espérait récupérer Marquez. D’autres constructeurs rêvaient d’attirer Acosta. Ducati a empêché les deux scénarios. Non seulement Borgo Panigale conserve le meilleur pilote actuel du plateau, mais il lui associe celui qui est unanimement considéré comme son successeur naturel. Autrement dit, Ducati contrôle à la fois le présent et l’avenir.
"It was the target I was looking for in my career" – @37_pedroacosta 🎙️
Pedro will be wearing red in 2027, but in the meantime he's still keen on chasing that first #MotoGP win in 2026 👀🏆#DutchGP 🇳🇱 pic.twitter.com/zZ6ulI56Uh
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) June 25, 2026
Acosta vs Marquez : Une rivalité qui commence… sans hostilité
Acosta ne cache pourtant rien. « Courir contre Marquez est le plus grand défi de ma carrière. » Le duel existe déjà. Mais il ne repose ni sur la provocation ni sur les petites phrases. Il repose sur une idée beaucoup plus intéressante : battre le meilleur avec exactement la même moto.
Depuis ses débuts, Acosta répète qu’il veut mesurer sa valeur dans des conditions parfaitement identiques. C’est précisément ce que Ducati va lui offrir. Acosta pourrait apprendre aux côtés de n’importe quel pilote. Il a choisi Marquez. Parce que personne ne développe mieux une MotoGP. Parce que personne ne lit une course comme lui. Parce que personne ne sait mieux transformer un problème technique en avantage sportif.
Pour un jeune pilote, partager quotidiennement les données, les débriefings et les méthodes de travail de Marquez représente probablement la meilleure école imaginable. Un autre détail mérite d’être relevé. Acosta explique, presque avec humour : « Mon manager ne m’a pas laissé beaucoup de temps pour y réfléchir. »
La formule amuse. Mais elle montre aussi qu’il n’a pratiquement jamais hésité. Dès lors que Marquez restait chez Ducati, son choix était fait. On comprend désormais pourquoi Honda, malgré plusieurs discussions, n’a jamais réellement eu l’avantage. Acosta ne voulait pas seulement une bonne moto. Il voulait partager le garage de celui qu’il considère comme la référence absolue.
Cette déclaration éclaire finalement toute la logique de Ducati. L’objectif n’est pas simplement de gagner les titres 2027 et 2028. L’objectif consiste à préparer la succession sans rupture. Marquez apporte encore aujourd’hui le niveau de performance nécessaire pour conquérir le championnat.
Acosta apporte la garantie que, lorsque le champion espagnol décidera de s’arrêter, Ducati disposera déjà de celui qui aura appris directement à son contact.
En réalité, cette association ressemble moins à une cohabitation qu’à une transition soigneusement organisée. Et si les deux hommes finiront inévitablement par se disputer le pouvoir sur la piste, ils semblent aujourd’hui partager une même conviction : on n’écrit pas une légende contre l’histoire… on commence par apprendre auprès de ceux qui l’ont construite.
































