Une semaine après avoir retrouvé le sourire à Brno, Joan Mir a replongé dans ses doutes. Cinquième en République tchèque, son meilleur résultat de la saison, le champion du monde MotoGP 2020 espérait enfin avoir trouvé une base solide avec Honda. Mais le Grand Prix des Pays-Bas a brutalement brisé cet élan : deux chutes, aucun point et, surtout, aucune véritable explication. Joan Mir est passé de l’espoir… au désarroi.
À Brno, Mir avait retrouvé des couleurs. Sa cinquième place laissait penser que Honda commençait enfin à progresser et que l’Espagnol pouvait regarder vers l’avant. À Assen, tout s’est effondré. Le samedi, sa course Sprint s’est arrêtée dès le premier tour. Le dimanche, le scénario s’est répété. Deux abandons en deux courses.
Si Mir accepte sa responsabilité dans sa chute du Sprint, il avoue être totalement démuni face à celle du Grand Prix. « Hier, je savais pourquoi j’étais tombé. Aujourd’hui, je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi. » C’est précisément cette incertitude qui l’inquiète. « Quand vous ne comprenez pas pourquoi vous tombez, il devient très difficile d’éviter que cela se reproduise. »
Une confession qui en dit long sur le climat qui règne actuellement chez Honda. Au fil des saisons, Joan Mir est devenu l’un des pilotes ayant le plus souvent chuté en MotoGP. À Assen, il reconnaît que le défi n’est plus uniquement technique. Il est aussi psychologique.
« Pour ma santé mentale, il est important de ne pas trop y penser. » Le Majorquin explique qu’il préfère désormais rentrer chez lui, couper complètement avec la compétition et tenter de retrouver un peu de sérénité avant le Sachsenring. Car à force d’accumuler des chutes incomprises, la confiance finit inévitablement par s’éroder.

Une Honda capable… mais imprévisible explique Joan Mir
Mir reste néanmoins convaincu que la vitesse est bien présente. « Nous sommes rapides. » Selon lui, sans cette nouvelle chute, il possédait le rythme nécessaire pour se battre avec Alex Marquez, Enea Bastianini, voire Marc Marquez en fin de course. Le véritable problème n’est donc plus la performance pure. C’est l’impossibilité de la reproduire avec régularité. « Ce qui nous manque depuis longtemps, c’est la constance sur les circuits difficiles. »
Depuis son titre mondial en 2020, Joan Mir n’a jamais retrouvé la stabilité qui faisait sa force chez Suzuki. La disparition du constructeur japonais, puis son arrivée chez Honda, l’ont plongé dans une succession de saisons marquées par les blessures, les difficultés techniques et les abandons. Assen en est une nouvelle illustration.
Plus encore que les deux zéros inscrits au championnat, ce sont ses mots qui interpellent. Lorsqu’un pilote explique qu’il tombe « sans savoir pourquoi », ce n’est plus seulement un problème de réglages. C’est un problème de confiance.
Et c’est sans doute le défi le plus difficile à surmonter pour un champion du monde MotoGP qui sait toujours aller vite, mais qui cherche désormais à retrouver une certitude devenue rare : celle de pouvoir terminer un Grand Prix.





























