Pour la Yamaha n°21, l’heure est à la riposte aux 8 heures de Suzuka 2026. Après avoir manqué la victoire pour 34 secondes seulement en 2025 face à la Honda n°30 du Team HRC, Jack Miller, Andrea Locatelli et Katsuyuki Nakasuga comptent bien inverser la tendance cette année.
Lors de la 46e édition, la Yamaha n°21 s’était effectivement avérée moins efficace que la Honda n°30 dans la gestion de ses relais. Alors que la firme d’Iwata avait pris le dessus sur ses rivaux du HRC dans la dernière heure de course à la faveur d’une deuxième voiture de sécurité, un passage par les stands était venu ruiner les chances de l’équipage, Jack Miller reprenant la piste avec 40 secondes de retard sur Johann Zarco. Mais si l’équipe parvient à tout mettre bout à bout cette année, la victoire pourrait cette fois lui revenir.
« Malheureusement, nous avons échoué à la deuxième place l’année passée. C’est un regret que je traîne depuis un an. Nous sommes de retour pour prendre notre revanche, assure Katsuyuki Nakasuga en conférence de presse à Suzuka. Notre préparation est excellente ; nous allons donner le maximum heure après heure. Chaque pilote fera de son mieux, qu’il s’agisse des relais, des arrêts aux stands, des changements de pilote ou de la performance pure, afin de boucler ces huit heures en première position. »
Un point de vue confirmé par son équipier australien, Jack Miller : « Nous avons l’opportunité de jouer à nouveau la victoire cette année. »
Une concurrence encore plus affûtée chez Honda
Il faudra toutefois composer avec un argument de taille du côté de l’armada adverse. En 2025, le Honda HRC avait remporté la mise avec seulement deux pilotes derrière le guidon. Avec des forces désormais complètes pour la 47e édition, l’équipage de la firme de Tokyo s’annonce encore plus redoutable. « Nous allons devoir donner notre maximum », affirme Jack Miller, qui enchaîne pour sa part quatre week-ends de compétition consécutifs.
Pour espérer l’emporter, il faudra se surpasser face à un trio aiguisé. Le Team HRC aligne en effet Takumi Takahashi, le recordman absolu de l’épreuve avec sept victoires, associé à Jonathan Rea. Déjà vainqueur de l’épreuve en 2012 avec le F.C.C TSR puis en 2019 avec Kawasaki Racing Team Suzuka 8H, le sextuple champion du monde de Superbike renoue désormais avec Suzuka après trois saisons d’absence.
Pour compléter l’équipage, le titulaire Honda en WorldSBK, Somkiat Chantra, a été appelé en renfort. Pour sa première participation à Suzuka, l’ancien de chez Honda LCR pourra s’appuyer sur son expérience en MotoGP pour pallier l’absence de son ex-équipier, Johann Zarco. Ce dernier est en effet sur la touche en raison d’une blessure contractée mi-mai lors du Grand Prix de Catalogne.
Honda HRC a donc mis à profit les essais privés pour permettre au Thaïlandais de dompter la CBR1000RR-R SP et mémoriser les pièges du circuit nippon. Une préparation cruciale pour aborder le tracé et notamment sa dernière chicane, là même où son rival du MotoGP, Jack Miller, s’était fait piéger lors du Top 10 Trial l’an dernier.
Si la BMW n°37 du Motorrad World Endurance Team a signé la meilleure référence des deux journées d’essais en 2:04.680, les premiers indicateurs sont tout de même au vert pour la Yamaha n°21. Aux côtés de la BMW de l’équipe belge, du Honda HRC (2:04.773), du Yoshimura SERT Motul (2:04.856) et du FCC TSR Honda France (2:04.969), les Bleus d’Iwata font en effet partie des cinq seules équipes à avoir atteint les 2:04 cette saison – que ce soit lors des tests de la mi-mai ou de cette session de début juillet.
Durant les tests privés précédant le grand rendez-vous, l’équipage Miller-Locatelli-Nakasuga a effectivement frappé un grand coup sur le sec en s’offrant le meilleur temps de la première journée, reléguant la Honda n°30 à 0,577 seconde. Face à des conditions météorologiques mitigées le lendemain, les chronos ont chuté, mais la firme de Tokyo s’est montrée plus agile que sa rivale en arrachant le quatrième temps, devant la Yamaha n°21 au sixième rang. Moins de trois centièmes séparent ainsi les deux équipes concurrentes dans ces conditions piégeuses, promesse d’une explication en piste particulièrement serrée.
Départ anticipé à Suzuka pour Yamaha
Au-delà de la concurrence, c’est aussi le calendrier qui est venu bousculer les plans de la formation Yamaha. Avancée d’un mois par rapport à l’édition précédente, l’épreuve 2026 a privé les équipes de précieux temps de préparation. « Cette édition a été un peu plus chaotique en raison de l’absence d’essais, mais heureusement, la moto reste très proche de celle de l’an dernier », rassure le pilote de MotoGP australien. De quoi aborder l’épreuve plus sereinement, puisque cette même monture avait permis à Andrea Locatelli de signer la référence en course l’an passé avec un temps de 2:06.604.
Pour corser le tout, le ciel de Suzuka pourrait lui aussi jouer les trouble-fêtes. « Les prévisions météo sont mauvaises, rappelle Miller. Rouler huit heures sous la pluie va assurément rendre la course très longue. »
Des conditions également redoutées par la star locale de l’équipe rivale, Takumi Takahashi, davantage habituée au sec et aux températures plus élevées du mois d’août. « Personnellement, j’aimerais qu’il fasse au moins dix degrés de plus. […] Chantra vient d’un pays chaud, donc de ce point de vue, j’aurais préféré qu’il fasse plus chaud, explique le Japonais du HRC. Mais la course a lieu un mois plus tôt cette année et la saison des pluies n’est pas encore terminée, alors on fait avec. Même sous la pluie, tout le monde a été rapide et je pense que nous pouvons être optimistes. Franchement, j’étais sans doute le plus inquiet. Concernant la pluie, je n’avais pas vraiment roulé sous la pluie depuis plusieurs années, même si c’est le cas pour beaucoup de pilotes. »
Heureusement pour les Bleus revanchards, les pilotes sont prêts à affronter toutes les conditions. « Personne n’est lent ici, le niveau est extrêmement élevé, ce qui corse le défi. Au sein de notre équipage, nous sommes tous performants, que ce soit sur le sec ou sur le mouillé », promet Andrea Locatelli.
Quoi qu’il en soit, les deux équipages rivaux s’accordent sur un point : la bataille sera aussi rude que belle.
Photos : FIM EWC





























