La capitale indienne Delhi vient de franchir une étape majeure dans la transition vers la mobilité électrique. À compter du 1er avril 2028, aucune nouvelle moto ni aucun nouveau scooter à essence ne pourra être immatriculé à Delhi.
La capitale indienne franchit un cap historique. À partir du 1er avril 2028, Delhi n’autorisera plus l’immatriculation de nouvelles motos et scooters à moteur thermique, dans le cadre d’un vaste plan d’électrification des transports. Cette décision ne concerne toutefois ni le reste de l’Inde, ni les motos déjà en circulation. Les propriétaires pourront continuer à utiliser leurs deux-roues essence normalement.
Avec plusieurs millions de deux-roues en circulation, Delhi figure parmi les villes les plus densément motorisées au monde. La pollution atmosphérique y atteint régulièrement des niveaux parmi les plus élevés de la planète. Les autorités estiment que les motos et les tricycles représentent près de la moitié des émissions liées au trafic urbain. L’objectif est donc autant sanitaire qu’environnemental.
Pour accompagner cette transition, la ville prévoit notamment des aides à l’achat pouvant atteindre 30 000 roupies (environ 300 €) pour une moto électrique ; des primes à la casse ; le déploiement de plus de 30 000 bornes de recharge publiques ; un investissement global annoncé d’environ 1,5 milliard d’euros jusqu’en 2030.

Delhi demain, l’Europe bientôt ?
De son côté, l’Union européenne renforce progressivement les normes d’émissions (Euro 5+, puis Euro 6 à venir). Aucune date officielle d’interdiction des motos thermiques neuves n’a été adoptée, contrairement au secteur automobile où le débat autour de 2035 est beaucoup plus avancé. Plusieurs États membres considèrent toujours les deux-roues comme une solution de mobilité pertinente en milieu urbain. Autrement dit, Delhi constitue davantage un laboratoire qu’un modèle directement transposable à l’Europe. Mais cette décision sera malgré tout observée de près
L’Inde est aujourd’hui le premier marché mondial de la moto, avec près de 20 millions de deux-roues vendus chaque année. Les grands constructeurs — Honda, Hero, TVS, Bajaj, Yamaha, Suzuki, KTM, Royal Enfield ou encore BMW — y réalisent une part essentielle de leurs volumes.
Si une métropole de plus de 30 millions d’habitants comme Delhi bascule progressivement vers le tout électrique, les industriels devront adapter leurs gammes. Les technologies développées pour ce marché pourraient ensuite être déployées ailleurs.
En revanche, la transition européenne suivra probablement un calendrier différent, davantage guidé par les normes d’émissions, l’évolution des batteries et les choix des consommateurs que par une interdiction brutale des motos à essence.
Delhi interdira l’immatriculation des nouvelles motos thermiques à partir de 2028, sans remettre en cause les motos déjà en circulation. C’est une évolution majeure pour le premier marché mondial du deux-roues, mais elle ne signifie pas que l’Europe s’engage aujourd’hui sur la même voie.
Cependant, cette décision de Delhi agit comme un signal de départ. Si une ville aussi dense et dépendante du deux-roues peut acter la fin du thermique pour les nouveaux véhicules d’ici deux ans, les constructeurs mondiaux n’ont plus d’excuses pour temporiser ailleurs.
L’industrie de la moto entre dans une phase où le développement technique ne sera plus dicté par le plaisir du moteur, mais par l’efficacité énergétique, l’autonomie urbaine et la capacité de recharge rapide. La transition ne fait que commencer.





























