Longtemps considéré comme le favori pour rejoindre BMW en Championnat du monde Superbike, Manuel Gonzalez aurait finalement été devancé par Brad Binder. Si l’annonce officielle se fait toujours attendre, plusieurs sources convergent désormais vers un accord entre le pilote sud-africain et le constructeur allemand pour 2027.
Selon Sky Sports Italie, ce revirement ne serait pas le fruit du hasard. BMW aurait identifié trois atouts majeurs qui ont finalement fait pencher la balance en faveur de l’actuel pilote KTM. Premier élément, et sans doute le plus évident : l‘expérience. Après sept saisons passées en MotoGP, Brad Binder possède une connaissance de la compétition au plus haut niveau que Manuel Gonzalez ne peut encore revendiquer. Pour BMW, cette expérience représente une valeur sûre au moment d’entamer un nouveau cycle. Le Sud-Africain apportera également une solide capacité de développement, acquise au fil des années passées à faire évoluer la KTM RC16.
Le deuxième critère est technique. À partir de 2027, le Championnat du monde Superbike abandonnera Pirelli pour adopter les pneus Michelin. Or Brad Binder roule avec les gommes françaises depuis son arrivée en MotoGP en 2020 et maîtrise déjà leurs caractéristiques.
À première vue, Manuel Gonzalez semblait pourtant avantagé puisqu’il évolue depuis plusieurs saisons avec les pneus Pirelli utilisés en Moto2. Mais le changement de manufacturier redistribue complètement les cartes et fait de Binder le pilote le plus immédiatement opérationnel.
Le troisième argument concerne le style de pilotage. BMW apprécie particulièrement la capacité de Binder à exploiter des motos au caractère réputé exigeant. Depuis ses débuts en MotoGP, il est resté fidèle à KTM et a régulièrement démontré son aptitude à tirer le meilleur d’une RC16 souvent considérée comme l’une des machines les plus délicates du plateau.

Brad Binder a prouvé sa capacité à dompter des motos « à caractère »
Cette faculté d’adaptation est perçue comme un atout majeur pour accompagner le développement de la M 1000 RR. Ironie de l’histoire, son arrivée chez BMW marquerait également sa première expérience avec un nouveau constructeur depuis 2014, lorsqu’il pilotait une Mahindra en Moto3.
L’avenir de l’Espagnol apparaît désormais beaucoup plus incertain. À défaut d’un guidon chez BMW, Gonzalez aurait renoué le dialogue avec Intact GP afin d’envisager une saison supplémentaire en Moto2. Des contacts auraient également été établis avec l’équipe officielle Ducati en Superbike dans l’espoir de succéder à Nicolo Bulega, attendu en MotoGP l’an prochain.
Si aucune de ces pistes ne se concrétise, Gonzalez pourrait être contraint de disputer une sixième saison consécutive en Moto2, un scénario rarement idéal pour un pilote qui ambitionne encore d’accéder à la catégorie reine.
Le choix de BMW traduit une stratégie pragmatique. Plutôt que de miser sur le potentiel d’un jeune pilote encore à lancer au plus haut niveau, le constructeur allemand semble avoir privilégié un profil immédiatement opérationnel.
Avec son expérience du MotoGP, sa parfaite connaissance des pneumatiques Michelin et sa réputation de pilote capable de dompter des motos complexes, Brad Binder coche les cases recherchées par BMW pour ouvrir un nouveau chapitre de son programme Superbike. Si l’officialisation se confirme, le Sud-Africain formera avec Miguel Oliveira un duo 100 % issu du MotoGP, chargé de ramener la marque allemande au premier plan face à Ducati.










