Neuf mois après avoir perdu son baquet chez Red Bull, Yuki Tsunoda attend toujours l’opportunité qui pourrait relancer sa carrière en Formule 1. Cantonné au rôle de pilote de réserve depuis le début de la saison 2026, le Japonais reconnaît lui-même vivre une situation frustrante, même s’il continue de croire à un retour sur la grille. Le problème est simple : les places se font rares, et les portes semblent se refermer les unes après les autres.
Lorsque Red Bull a choisi de promouvoir Isack Hadjar avant la saison 2026, Tsunoda s’est retrouvé sans volant. Contrairement à certains pilotes écartés qui retrouvent rapidement une place ailleurs, le Japonais a dû accepter un poste de pilote de réserve, partagé entre les essais privés, le travail sur simulateur et les obligations commerciales de l’équipe.
Pendant ce temps, Hadjar, Liam Lawson et Arvid Lindblad réalisent tous une saison convaincante, ne laissant pratiquement aucune possibilité à Red Bull de remettre ses choix en question.
Le quotidien d’un pilote de réserve est rarement enviable. Présent sur les circuits, mais privé de compétition, Tsunoda traverse les week-ends de Grand Prix dans un rôle très éloigné de celui qu’il occupait encore l’an dernier. Interrogé par GPBlog dans le paddock du Grand Prix de Hongrie, où il a été aperçu « errant, l’air un peu abattu », le Japonais a résumé sa situation en un seul mot. « Ennuyeux. » Une réponse aussi brève qu’éloquente.

La Formule 1 reste la priorité de Tsunoda
Plusieurs championnats pourraient pourtant lui offrir une seconde carrière. L’IndyCar, notamment, apparaît comme une destination crédible et bénéficie du soutien de Honda, partenaire historique de Tsunoda.
Mais le pilote japonais ne semble pas prêt à tourner la page de la Formule 1. Son objectif reste de retrouver un baquet sur la grille dès que l’occasion se présentera. Le problème est que les opportunités sont extrêmement réduites.
Alpine constitue l’une des rares équipes susceptibles de modifier son duo de pilotes si l’avenir de Franco Colapinto venait à évoluer. Tsunoda espérerait une ouverture, sans toutefois figurer parmi les favoris.
Les rumeurs l’envoyant chez Haas semblent également peu crédibles. Malgré le partenariat entre l’équipe américaine et Toyota, les liens étroits du pilote avec Honda compliquent fortement un tel scénario.
Chez Audi, les deux baquets sont déjà verrouillés. Cadillac privilégierait toujours Colton Herta en cas de vacance, tandis qu’un éventuel volant chez Aston Martin dépendrait essentiellement d’un départ de Fernando Alonso. Là encore, le Japonais ne figure pas parmi les candidats les plus souvent cités. Même Williams, où circulent des spéculations autour de Carlos Sainz, ne semble pas considérer Tsunoda comme une priorité.
Malgré ce contexte peu favorable, Tsunoda refuse de considérer sa carrière en Formule 1 comme terminée. Avec 124 points inscrits en 111 Grands Prix, il possède une expérience qui pourrait encore intéresser certaines équipes.
Surtout, plusieurs pilotes ont récemment démontré qu’un retour restait possible après une période d’absence. Alex Albon, Esteban Ocon, Nico Hülkenberg ou encore les pilotes recrutés par Cadillac ont tous réussi à retrouver une place sur la grille après avoir quitté temporairement la catégorie. Le Japonais espère désormais suivre le même chemin.
Le cas de Yuki Tsunoda illustre la brutalité de la Formule 1 moderne. Son niveau n’est probablement pas en cause : il a démontré, au fil de plusieurs saisons, qu’il pouvait régulièrement marquer des points. Mais il appartient à une génération où les jeunes talents arrivent plus vite que jamais, tandis que les baquets disponibles sont de moins en moins nombreux. En F1, perdre sa place est souvent plus facile que la retrouver.
Son avenir dépendra également de Honda. Tant que le constructeur japonais continuera d’exercer une influence importante dans le paddock, Tsunoda conservera une certaine valeur stratégique. En revanche, si aucune opportunité ne se concrétise en 2027, il devra probablement accepter qu’un championnat comme l’IndyCar ou l’Endurance offre davantage de perspectives qu’une attente prolongée dans un rôle de pilote de réserve.










