Max Verstappen n’a visiblement pas le même dictionnaire technique que Red Bull. À Monza, le Néerlandais avait été catégorique à plusieurs reprises : l’arrière de sa RB22 était « cassé ». Quelques jours plus tard, Laurent Mekies apporte une précision presque rassurante… ou peut-être encore plus inquiétante : non, aucune pièce ne serait réellement brisée. La voiture se contenterait de perdre progressivement ses qualités de fonctionnement. Voilà qui change tout. Ou presque rien. Car qu’on appelle cela une casse, une dégradation ou une perte de maniabilité, le résultat pour Verstappen reste identique : une monoplace qui se transforme au fil des tours et l’empêche d’exploiter son potentiel.

La Red Bull se dégrade, Max Verstappen s’agace
Max disait “cassé”, Red Bull préfère “dégradé”
Le problème avait déjà éclaté au grand jour pendant les qualifications italiennes. Verstappen avait expliqué avoir ressenti une anomalie à l’arrière dès son premier tour lancé. Après la séance, il avait même lâché cette formule assassine devenue virale : la Red Bull serait « faite en papier ».
Et ce n’était pas seulement une envolée de mauvaise humeur.
Le quadruple champion du monde a expliqué que certains composants de la RB22 pouvaient se détériorer ou se bloquer pendant une séance, au point de modifier radicalement le comportement de la voiture sur les bosses et les vibreurs. Plus embarrassant encore pour Red Bull : Verstappen affirme subir ce phénomène depuis longtemps et dit avoir déjà alerté l’équipe à de nombreuses reprises.
« Nous avons parfois des pièces sur la voiture qui cassent ou qui se bloquent. »
Voilà pour la version du pilote.
Laurent Mekies emploie désormais un vocabulaire un peu moins spectaculaire. Le patron de Red Bull explique que certaines caractéristiques de la voiture n’évoluent pas comme prévu durant une séance ou une course, entraînant une perte de maniabilité et donc de performance. Autrement dit : l’essieu n’est pas nécessairement cassé au sens mécanique du terme, mais la RB22 finit par ne plus se comporter comme lorsqu’elle quitte le garage.
Une nuance techniquement importante. Sportivement, beaucoup moins.
Une voiture qui s’use… sans forcément casser
C’est d’ailleurs ce que Verstappen qualifie lui-même de « car degradation », une dégradation de la voiture différente de la classique usure des pneumatiques.
À Monza, le problème est resté présent le dimanche. Malgré cela, Verstappen a réussi à prendre la tête momentanément et à rester longtemps au contact des Mercedes avant de terminer troisième derrière Kimi Antonelli et George Russell. Pendant la course, son message radio ne laissait pourtant aucune place au doute :
« La voiture est complètement cassée au niveau de l’essieu arrière. »
Après l’arrivée, il a confirmé que rien n’avait véritablement changé : la RB22 continuait de souffrir sur les bosses, les vibreurs et dans les virages lents.
Et c’est peut-être là que l’explication de Mekies devient plus préoccupante qu’une simple pièce cassée. Une pièce cassée, on la trouve et on la remplace. Une monoplace dont certaines caractéristiques se détériorent sans que l’équipe puisse encore définitivement en identifier ou en supprimer la cause, c’est une autre histoire. Le problème traîne depuis des mois
Surtout, Monza n’est pas un incident isolé.
Verstappen avait déjà évoqué cette étrange « dégradation de la voiture » après Budapest. Red Bull reconnaissait alors travailler sur un phénomène qui peut faire perdre de la performance au cours d’un week-end, voire entre le début et la fin d’une même course.
Le souci s’ajoute à une liste déjà bien fournie sur la RB22 : instabilité de l’arrière, difficultés sur les bosses et les vibreurs, sensibilité très importante à sa fenêtre de fonctionnement et incidents liés à l’aérodynamique active au cours de la saison. Mekies a lui-même reconnu que la monoplace pouvait être particulièrement sensible à de petits changements de conditions ou de réglages. (
Même lorsque Red Bull retrouve de la performance, Verstappen doit donc composer avec une voiture dont le comportement peut changer sous ses pieds. Pour un pilote réputé pour sentir le moindre mouvement de son train arrière, difficile de trouver situation plus agaçante.
Et pourtant, Verstappen sauve encore les meubles
C’est presque le plus cruel pour Red Bull. Avec cette RB22 récalcitrante, Verstappen a tout de même décroché la troisième place à Monza, à seulement 14,718 secondes d’Antonelli. Il avait même dépassé Russell pour prendre momentanément la tête avant que les Mercedes ne reprennent l’avantage. Sur la radio du tour de décélération, Mekies saluait d’ailleurs un « gros pas en avant » dans le rythme de course. Verstappen, lui, préférait rappeler que les faiblesses de la voiture étaient toujours très visibles.
Deux lectures d’un même podium : Red Bull voit le progrès, Max voit surtout tout ce qui reste à réparer.
Madrid n’efface pas encore les doutes
Et la première séance du nouveau Grand Prix d’Espagne n’a pas immédiatement renversé la tendance. Ce vendredi au Madring, Verstappen a terminé cinquième des EL1, derrière les deux Mercedes de Russell et Antonelli ainsi que les deux Ferrari de Leclerc et Hamilton. Russell lui a collé 0’’626.
Évidemment, une première séance sur un circuit totalement nouveau ne permet aucune conclusion définitive. Mais Red Bull arrive à Madrid avec un chantier qui, lui, est parfaitement identifié. Ou plutôt presque identifié.
Car le paradoxe demeure piquant : Verstappen sait que sa voiture se dégrade, Red Bull sait qu’elle se dégrade, Mekies promet une solution définitive… mais personne n’a encore réussi à empêcher la RB22 de le faire.
Alors, cassée ou pas cassée ?
Pour Max, la différence doit commencer à devenir franchement théorique.
Martin Brundle: Something we heard from Max a couple of times last weekend in Monza. My rear axle is broken and broken again. What what was that? Did you ever find anything?
Laurent Mekies: "We know there are a few parameters on this car that we aren't happy with, particularly… pic.twitter.com/2sGkRDcQ4e
— RBR Hub (@RBRHub) September 11, 2026
























