F1
Publié le 13 septembre 2026 • 01:00 par Oléna Champlain

F1 – Lambiase, le faux départ de chez Red Bull qui sent le vrai : Sherlock Holmes et Hercule Poirot mènent l’enquête

McLaren pousse pour récupérer Lambiase avant 2028, tandis que Red Bull teste déjà Tom Hart aux côtés de Verstappen. Le calendrier intrigue.

Il devait rester chez Red Bull jusqu’à la fin de son contrat, puis tranquillement prendre la direction de Woking en 2028. C’était écrit, signé, annoncé. Seulement voilà : en Formule 1, quand tout le monde commence à préparer l’après avant même d’avoir terminé le présent, Sherlock Holmes et Hercule Poirot auraient probablement déjà sorti leur loupe. Car autour de Gianpiero Lambiase, les indices commencent sérieusement à s’empiler. Selon les informations attribuées à Erik van Haren de De Telegraaf, McLaren et Red Bull discuteraient désormais d’un départ anticipé de l’homme qui accompagne Max Verstappen à la radio depuis 2016. Rien n’est officiellement conclu, mais une chose est certaine : Red Bull organise déjà méthodiquement la succession Et quand une équipe commence à installer le remplaçant dans le fauteuil alors que son titulaire est toujours dans la pièce, inutile d’être Hercule Poirot pour comprendre que quelque chose se prépare.

Red Bull prépare déjà l’après-GP

Tom Hart passe du banc d’essai à la répétition générale

Le détail le plus révélateur concerne Tom Hart, choisi pour devenir le futur ingénieur de course de Verstappen.

Hart a déjà commencé son apprentissage en conditions réelles. Il a travaillé avec le Néerlandais lors des essais du vendredi à Monza et doit poursuivre cette transition. Mais surtout, il est prévu qu’il prenne totalement la main pendant trois week-ends complets cette saison : Austin, São Paulo et Las Vegas. Lambiase restera présent sur les circuits, notamment parce qu’il occupe également la fonction de Head of Racing, mais Hart sera alors l’homme directement connecté à Verstappen par radio.

Trois Grands Prix complets, ce n’est plus une simple séance d’entraînement. C’est une répétition générale.

Et le choix n’a rien d’anodin : Red Bull peut observer comment fonctionne le duo Hart-Verstappen lorsque la pression monte réellement, du vendredi matin jusqu’au drapeau à damier. Gestion des pneus, stratégie, réglages, messages radio, nervosité du pilote… tout y passe. Bref, le stage d’observation commence furieusement à ressembler à une prise de poste.

McLaren avait déjà laissé la porte grande ouverte

Officiellement, le scénario reste pourtant limpide. Red Bull avait annoncé en avril que Lambiase partirait en 2028, tandis que McLaren confirmait son recrutement comme Chief Racing Officer, sous la responsabilité d’Andrea Stella.

Mais Zak Brown avait déjà glissé un petit caillou dans la chaussure de Red Bull quelques semaines plus tard.

Interrogé sur une éventuelle arrivée anticipée de Lambiase, le patron de McLaren avait répondu : « S’il y a quelque chose à faire plus tôt, bien sûr que cela nous intéresserait. »

À l’époque, cela ressemblait à une formule diplomatique. Aujourd’hui, beaucoup moins.

Les informations venues des Pays-Bas indiquent que Brown aurait discuté directement avec Laurent Mekies d’une solution permettant à Lambiase de rejoindre McLaren plus tôt et, surtout, d’éviter une longue période de gardening leave.

McLaren voudrait évidemment récupérer son nouveau cadre sans devoir le regarder jardiner pendant douze mois. Red Bull, de son côté, n’a aucun intérêt à donner accès jusqu’au dernier jour à ses informations les plus sensibles à un homme déjà engagé chez l’un de ses principaux adversaires. Le divorce est donc annoncé depuis longtemps. Reste seulement à déterminer quand chacun rend les clés.

Un autre Tom arrive déjà pour récupérer l’autre moitié du boulot

Parce que Lambiase n’est pas seulement la voix dans les oreilles de Verstappen.

Il est également Head of Racing de Red Bull. Or cette fonction aussi possède déjà son successeur : Tom McCullough, recruté chez Aston Martin, rejoindra Milton Keynes début 2027 pour prendre la tête des opérations de course. Red Bull a officialisé son arrivée début septembre.

Résumons donc les pièces à conviction.

Tom Hart est prêt à récupérer Verstappen. Tom McCullough arrive pour récupérer les responsabilités de Head of Racing. McLaren aimerait récupérer Lambiase plus tôt. Et les deux équipes discuteraient déjà du calendrier.

À ce stade, ce n’est plus une enquête policière. C’est presque le coupable qui laisse sa carte de visite sur la table.

Reste toutefois une nuance importante : un départ de Lambiase dès la fin de 2026 n’est pas encore officiellement acté. Les informations disponibles indiquent qu’il terminera au minimum cette saison avec Red Bull et que les négociations portent sur ce qui suivra.

Verstappen reste, son binôme historique se défait

L’affaire prend encore davantage de relief puisque Max Verstappen, lui, vient de prolonger son engagement avec Red Bull jusqu’à fin 2030. Le pilote reste donc au centre du projet, tandis que l’un des personnages les plus importants de son entourage sportif s’apprête à partir.

Depuis 2016, Verstappen et Lambiase ont développé l’une des relations pilote-ingénieur les plus reconnaissables de la grille : directe, parfois électrique, souvent savoureuse à la radio, mais surtout extrêmement efficace.

Red Bull doit donc remplacer beaucoup plus qu’un technicien. Elle doit recréer une confiance bâtie pendant dix saisons.

Tom Hart aura Austin, São Paulo et Las Vegas pour commencer à prouver qu’il peut relever le défi. Pendant ce temps, McLaren attend Lambiase en regardant sa montre.

Sherlock Holmes peut ranger sa pipe, Hercule Poirot lisser sa moustache : le mystère n’est peut-être plus de savoir si Lambiase partira plus tôt, mais simplement de connaître la date inscrite sur son billet pour Woking.