On se retrouve, aujourd’hui encore, pour évoquer ce mercato fou. Raul Fernandez prolongera avec Trackhouse Racing pour les deux prochaines années en MotoGP, et ça ne semble surprendre personne. Qu’en penser ? Peut-on l’attendre encore plus haut ? Analyse.
Bien sûr, Raul Fernandez méritait le MotoGP
Avant le début de saison, la place de Raul Fernandez n’était absolument pas assurée en vue de 2027. C’était relativement peu compréhensible, puisqu’il avait fini 2025 en trombe, avec, entre autres, une victoire en GP en Australie. C’est comme si ce pilote n’avait pas la pleine confiance des équipes pour le moment. Avec un tel bilan, n’importe quel autre élément aurait été prolongé avant le début d’année, un peu comme Marco Bezzecchi au sein de l’équipe d’usine.

Peut-être est-ce en raison de sa réputation dans le paddock, qui n’est pas des plus joyeuses. Raul Fernandez s’était fait remarquer à son arrivée en MotoGP en s’embrouillant directement avec KTM, lui qui désirait une Yamaha. De plus, il semble entretenir une rivalité féroce avec Jorge Martin, sans que personne ne sache réellement pourquoi. Il l’a d’ailleurs éliminé en piste lors du GP de Catalogne, compromettant les chances d’un collègue au championnat.
Je ne sais pas exactement pourquoi, mais jusqu’à très récemment, sa place n’était pas garantie alors que du point de vue des résultats, c’est évident : il mérite d’y rester. Je suis loin d’être un grand fan du personnage et du pilote, trop imprécis au guidon à mon goût, notamment sur les phases de dépassements où il réalise l’exploit, cette année, de faire pire qu’Alex Marquez. Cependant, les résultats parlent d’eux-mêmes et il serait débile de les ignorer.
Depuis le début de cette saison, Raul Fernandez est un prétendant régulier au podium, voire à la victoire depuis que la formation Trackhouse Racing est réellement compétitive. Il s’est d’ailleurs imposé en Sprint à deux reprises, en Italie comme aux Pays-Bas, et a réalisé trois podiums. Certes, plusieurs courses manquées et un peu de malchance l’ont plombé au championnat ; il y a le top 5 en 24 points, et lui, le « meilleur des autres », à 25 pions derrière « Diggia », cinquième. Cependant, sur la piste, il égale et parfois surclasse Ai Ogura que tout le monde vend comme le nouveau prodige du sport.
Peut-être est-ce dû à la différence de nationalité, mais je trouve que l’écart d’appréciation entre Ogura et Fernandez ne reflète absolument pas l’écart réel entre les deux pilotes. Oui, Fernandez a plus d’expérience, mais les deux ont le même âge, premièrement, et, deuxièmement, Raul, de ses propres dires, ne s’est réellement révélé qu’aux tests de Jerez l’année dernière en MotoGP. C’est à ce moment là qu’il a entamé sa renaissance. Avant, c’était quand même assez peu représentatif du talent avéré qu’on attendait depuis si longtemps. Tout ça pour dire qu’à l’instant T, à motos égales, je ne vois pas une si grosse différence dans le pilotage. Bien sûr, c’est avantage Ogura, mais Fernandez pourrait bien en choquer plus d’un sur la deuxième partie de saison, car il a déjà totalement surclassé son coéquipier.

Un pilote qui dépend de trop de la moto ?
Maintenant, que penser de cette prolongation de contrat. Pour tout ce que j’ai dit avant, ça ne pouvait pas être une mauvaise idée. Cette écurie satellite Aprilia (RNF et Wilco Zeelenberg avant, Brivio maintenant) a toujours cru en son potentiel, et la continuité ne peut que lui profiter. C’est un bon choix pour Trackhouse, et, je suppose, un bon choix pour Fernandez, car je pense que l’Aprilia sera plutôt performante l’année prochaine – ce n’est là qu’un pronostic. J’ai longuement parlé de la future RS-GP dans l’article dédié à Pecco Bagnaia, cliquez ici pour le lire.
J’émets quand même une petite réserve quant à Raul Fernandez. Voyez-vous, dans sa carrière, il n’a jamais fait mieux que ce que pouvait réaliser sa moto. Plus simplement, il n’a jamais transcendé son matériel. Ça a commencé en Moto3, où il ne s’est révélé que chez Aki Ajo, la référence. Même principe en Moto2, où il jouait le titre dès son arrivée, d’accord, mais sur une machine préparée aux petits oignons et d’ailleurs victorieuse aux mains de Remy Gardner, un pilote qui a sombré depuis. Lorsqu’il est arrivé en MotoGP chez KTM Tech3, le matériel était correct, mais l’année fut très difficile, et ainsi de suite.
Puis, il a commencé à gagner en vitesse quand Aprilia, justement, a progressé en 2025. Le tout jusqu’à cette victoire à Phillip Island. J’ai l’impression qu’il dépend beaucoup de son matériel, qu’il aurait du mal à se démarquer sur une machine inférieure. Si l’Aprilia 850cc est dans le coup, je ne vois pas pourquoi il n’y serait pas non plus. En revanche, si Noale rate sa copie, ça m’étonnerait beaucoup de le revoir jouer les avant-postes sur une moto décrochée un peu comme Marc Marquez, Pedro Acosta ou Fabio Quartararo ont pu le faire ces dernières années.
Que pensez-vous du profil de Raul Fernandez, et que prédisez-vous pour son avenir ? Dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Photo de couverture : Michelin Motorsport









