F1 Moto GP
Publié le 6 août 2026 • 21:30 par André Lecondé

MotoGP – BREAKING NEWS, Liberty Media encaisse un choc : les annulations de Grands Prix font plonger les revenus de la Formule 1 de 38 %

La F1 et le MotoGP sont populaires, mais l’instabilité géopolitique rappelle que le modèle économique reste fragile. Liberty Media prend cher.

MotoGP

La croissance spectaculaire de la Formule 1 depuis le rachat par Liberty Media semblait jusqu’ici presque irrésistible. Mais la saison 2026 rappelle qu’un championnat mondial reste directement exposé aux crises géopolitiques. L’annulation des Grands Prix d’Arabie saoudite et de Bahreïn, conséquence des tensions persistantes au Moyen-Orient, a lourdement frappé les comptes du promoteur américain.

Les résultats financiers publiés par Liberty Media font apparaître une baisse de 38 % des revenus sur le premier semestre, illustrant la dépendance économique de la Formule 1 envers son calendrier international.

Au deuxième trimestre, les revenus de Formula One Management sont tombés à 764 millions de dollars, contre un niveau nettement supérieur un an auparavant. Plus préoccupant encore, le bénéfice d’exploitation ajusté (OIBDA) s’est effondré de 61 %, pour atteindre seulement 139 millions de dollars.

La raison est simple : trois courses de moins qu’en 2025. L’annulation des Grands Prix d’Arabie saoudite et de Bahreïn a privé Liberty Media de plusieurs de ses principales sources de revenus : les droits d’organisation versés par les promoteurs, les recettes liées aux partenaires commerciaux présents sur les événements, les revenus médias ainsi qu’une partie des activités d’hospitalité.

Le cas de Bahreïn est particulièrement révélateur. Si l’épreuve a finalement été reprogrammée plus tard dans la saison sur le circuit malaisien de Sepang, cette solution n’a pas permis de compenser les pertes enregistrées au premier semestre.

L’impact dépasse d’ailleurs les seuls comptes de Liberty Media. Moins de Grands Prix signifie également moins de revenus redistribués aux écuries, une baisse des recettes de transport et de logistique, ainsi qu’une diminution des activités d’accueil VIP.

Dans le même temps, les coûts continuent de progresser. Liberty Media indique que ses dépenses opérationnelles ont augmenté d’environ 11 millions de dollars sur le trimestre, notamment sous l’effet des investissements informatiques et de la hausse des coûts de personnel.

Miami Liberty Media

Une saison marquée par l’incertitude pour Liberty Media

Et la saison pourrait encore réserver de nouvelles difficultés. Le groupe reconnaît que d’autres modifications du calendrier restent envisageables si la situation géopolitique devait se dégrader. Des scénarios alternatifs seraient déjà étudiés afin de terminer le championnat en Europe si les Grands Prix du Qatar ou d’Abou Dhabi ne pouvaient finalement pas être organisés.

Malgré cette situation, Stefano Domenicali préfère mettre en avant la solidité de la Formule 1. Le président-directeur général rappelle que l’engagement des supporters continue de progresser, avec une hausse de la fréquentation des circuits, des audiences télévisées et des performances numériques.

Le partenariat avec Apple afficherait notamment une progression de 13 % du temps de visionnage, tandis que Liberty Media poursuit sa stratégie de sécurisation à long terme avec plusieurs accords majeurs, comme la prolongation de dix ans du Grand Prix de Las Vegas ou encore le renouvellement de partenariats avec Pirelli et plusieurs diffuseurs internationaux.

Pour Domenicali, ces contrats démontrent que les fondamentaux économiques de la Formule 1 restent solides malgré les perturbations du calendrier.

Cette publication rappelle une réalité souvent oubliée : la Formule 1 est aujourd’hui une entreprise mondiale avant d’être uniquement un championnat sportif. Depuis plusieurs années, Liberty Media a construit son modèle économique autour d’une augmentation continue du nombre de Grands Prix, avec une place grandissante accordée aux pays capables de payer des droits d’organisation très élevés. L’Arabie saoudite, Bahreïn, le Qatar ou Abou Dhabi font précisément partie des événements les plus rentables du calendrier.

Leur disparition temporaire ne représente donc pas seulement deux courses en moins : elle prive Liberty Media d’une part disproportionnée de ses revenus. Cette situation illustre également un risque stratégique plus large. À mesure que la Formule 1 s’internationalise, elle devient mécaniquement plus sensible aux crises géopolitiques. Les conflits régionaux, les tensions diplomatiques ou les problèmes de sécurité peuvent désormais avoir un impact direct sur les résultats financiers du championnat.

Pour autant, il ne faut pas interpréter cette baisse de 38 % comme le signe d’une crise structurelle. Les indicateurs avancés restent favorables : fréquentation en hausse, audiences solides, nouveaux contrats commerciaux et intérêt toujours croissant des diffuseurs. Il s’agit avant tout d’un choc conjoncturel lié à un calendrier amputé de plusieurs épreuves particulièrement lucratives.

En revanche, cet épisode pourrait accélérer une réflexion déjà engagée chez Liberty Media : diversifier davantage les marchés et éviter qu’une trop forte concentration d’événements dans une même région du monde ne fragilise l’économie du championnat en cas de crise internationale.

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